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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le géant égoïste" ou le destin fracassé de deux gamins descendants des héros de Dickens

Le film de Clio Bernard nous emmène à Bradford au nord de l'Angleterre où les prairies mouillées regagnent du terrain sur les friches industrielles...

Les familles au chômage survivent misérablement grâce aux mères Courage qui ont beaucoup de mal à "tenir" leurs sauvageons de fils...

Le tableau économique et social fait froid dans le dos : nous sommes pourtant en Europe, au XXIe siècle comme l'attestent les portables !!!

"Le géant égoïste" au titre inspiré d'un ouvrage d'Oscar Wilde, c'est l'histoire de deux adolescents de 13 ans : le héros Arbor (Conner Chapman), gueule d'ange et tête malade... et le doux Swifty (Shaun Thomas), son fidèle complice et souffre douleur

Déscolarisés, les deux garçons traînent leur désœuvrement autour d'une centrale électrique désaffectée aux pylônes gigantesques qui se découpent dans le ciel noir étoilé, à la recherche de chutes de métaux qu'ils pourraient récupérer et vendre au ferrailleur du coin : Kitten (Sean Gilder) pour quelques livres...

Très débrouillard, Arbor est le cerveau du duo même si les crises dont il est victime lui font à chaque occasion commettre le geste qu'il ne faut pas, le privant ipso facto de l'affection qu'il quête maladroitement...

Séduit et lucide à la fois, Swifty accompagne Arbor dans sa quête d'affirmation tout en veillant fraternellement sur lui...

Swifty apprend à Arbor la douceur des chevaux... mais n'arrive pas à faire face à la folie d'Arbor dont chaque coup de tête le prend totalement au dépourvu...

Dans ce panorama de misère émergent toutefois de très belles images et quelques scènes poignantes ou saisissantes : Arbor réconforte et câline sa mère qui se lamente sur l'emprisonnement de son fils aîné junkie qui va jusqu'à voler les médicaments de son petit frère, une course de chevaux attelés sur l'autoroute à l'aube avant que les automobilistes ne l'empruntent...

Je ne vous dirai pas que le film est optimiste même si la fin laisse entrevoir, dans sa noirceur, un début de rédemption mais il vaut par son témoignage de notre époque qui ne cesse d'exclure la différence !

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A
A te lire, cela me fait penser à certains films de Ken Loach.<br /> A voir plus tard quand j'aurai l'esprit libre
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