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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Le souper" : une reprise toute en finesse !

Au théâtre de la Madeleine, Daniel Benoin s'attaque à un texte rendu mythique par l'interprétation géniale de Claude Brasseur et Claude Rich dans "Le Souper" de Jean Claude Brisville en 1990 !

Niels Arestrup (Talleyrand) et Patrick Chesnais (Fouché) interprètent les deux célèbres protagonistes de ce souper qui, le soir du 6 juillet 1815, décidèrent du sort de la France et des français !

Après la défaite de Waterloo et l'exil de Napoléon, Wellington et ses troupes sont dans Paris !

La révolte gronde dans les rues de Paris et jusque sous les fenêtres du diable boiteux !

Les deux adversaires négocient à fleurets mouchetés l'avenir de la France et nous font entendre une superbe langue : le français !

Fouché avec ses amis jacobins souhaite une république, Talleyrand veut le retour des Bourbons avec le gros Louis XVIII, frère de Louis XVI !

Les deux personnages se distinguent par leur origine sociale mais se ressemblent dans leur soif du pouvoir et d'honneurs !

Ils apprécient la douceur de vivre à la française et plus particulièrement la bonne chère mais leur ascension est jalonnée de meurtres !

Aucun des deux ne peut agir sans l'autre et ce souper est l'occasion de trouver, malgré tout ce qui les oppose, une position commune !

Passant de la vacherie à la confidence sur leurs enfances malheureuses, savourant tous deux le saumon et la bombe glacée à la fraise, ils ne se mettront pas d'accord sur la meilleure façon de boire le cognac mais trouveront un arrangement à la hauteur de leurs ambitions !

Le texte, 200 ans après les faits, raisonne étrangement dans notre actualité ! La France vaincue avait en son sein des génies politiques qui l'ont sortie du chaos !

Difficile pour le spectateur de ne pas comparer les deux acteurs à leurs brillants prédécesseurs !

Niels Arestrup et Patrick Chesnais sont moins puissants mais plus doucereux et l'alchimie se met en place implacablement jusqu'au final réjouissant : le vice appuyé sur le bras du crime !

"Tout à coup, une porte s'ouvre: entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, Monsieur de Talleyrand soutenu par Monsieur Fouché."

A voir donc sans tarder sachant que la pièce se joue pratiquement à guichets fermés !

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