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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes !

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Les huit salopards" : un film somptueusement filmé mais bavard et vide...

J'avais adoré "Django Unchained"... le 7ème film de Quentin Tarantino !

"Les huit salopards" raconte l'histoire d'un chasseur de primes John Ruth qui emmène sa prisonnière Daisy Domergue à Red Rock où elle doit être pendue...

Le blizzard oblige la diligence à faire étape dans une auberge après avoir avoir ramassé au passage deux personnages égarés dans l'immensité neigeuse du Wyoming : le Major Marquis Warren (un autre chasseur de primes) et Chris Mannix, le futur shérif de Red Rock...

Quand les protagonistes débarquent frigorifiés chez la tenancière de l'auberge (qui s'est mystérieusement absentée), ils sont accueillis par quatre individus aussi patibulaires qu'hauts en couleurs...

Tout ce petit monde fait connaissance, discute, boit du café, discute, mange du ragoût, discute, cloue la porte de l'auberge qui ne ferme plus, joue du piano, discute, joue de la guitare, discute, reboit du café, discute...

Le scénario minimaliste s'étire à l'infini dans ce huis clos - au point que le spectateur est presque soulagé quand le carnage commence... car on se doute dès le début que personne n'en sortira vivant...

Les acteurs (dans :l'ordre de citation) sont tous formidables : Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Samuel L Jackson, Walton Goggins.. mais Tarantino s'est fait plaisir en réalisant un film qui reprend ad nauseam certains de ses thèmes favoris mais sans la force de la trame historique ou du grand sujet dans lequel il a su exceller !

Hélas !

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Adeline 25/01/2016 14:47

Bravo Régis pour ton commentaire riche, documenté et pertinent.
Tu m'épates,tu m'épates

Régis 11/01/2016 18:22

« Ennio Morricone nous saisit à froid et nous ramène 150 ans en arrière dans ce paysage glacé où la première prise, le visage du Christ, semble nous crier « pourquoi m’avez-vous abandonné ?! ». La rudesse du climat génère la rudesse des hommes qui l’habitent. Voilà une fondation de l’Amérique qui glace le sang ; et le réalisateur nous crie qu’elle n’a pas su changer et qu’elle est restée tristement primaire dans ses réflexes : mensonges ; trahisons ; argent sale : on ne peut faire confiance en personne et le maître mot est : survivre. C’est un des visages de la société américaine d’aujourd’hui et Quentin réussit presque à nous y enfermer. Mais qui a donc traîné ces 7 salopards dans ce sanglant huis clos : un 8ème personnage, une femme bien sûr, qui sera l’alibi d’un huitième carnage Tarantiniesque. Le Chevalier Blanc est noir bien sûr, personnifié par le grand Samuel L.Jackson ; peut-il sauver l’Amérique ? Ou conclurez-vous qu’il est finalement le pire de tous ? Lincoln semble nous parler du tréfonds de l’histoire, en appelant à la mixité et au respect de la Constitution, quand Daech veut détruire les zones grises en suivant les traces de Bush Jr : « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous» : qui dit mieux ?! Le prix Nobel de la Paix?
Martin L-King nous disait bien que seul l’amour peut venir à bout de la haine ; et Quentin nous prouve une fois encore qu’il avait raison. Savoir faire du génial avec un Western engagé et usé jusqu’à la corde, voilà ce que nous livre ce génie du 7ème art. Il semble en avoir fini car 4 et 4 font huit ; alors, quand giclera donc le sang de sa neuvième symphonie ?!»