Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

A sa façon et dans la veine de Effacer l'historique et Adieu les cons, Bruno dénonce avec humour et finesse notre société ultralibérale, ultra connectée, jargonnante : en un mot la start-up nation appelée de ses vœux par notre "jeune" Président !

Alexandre (Denis Podalydès prodigieux) est un chômeur déclassé qui a deux mois pour prouver à sa femme partie en mission dans un sous marin qu'il est capable de s'occuper de ses deux jeunes enfants et de devenir autonome financièrement...

A son grand étonnement, il décroche un entretien d'embauche pour un poste de "reacting process" (job dont il ignore tout et même sa définition) chez The Box... l'entretien est hilarant... et se fait recruter, après avoir juré ses grands dieux qu'il n'avait pas d'enfant ("No child" fait partie des injections de The Box... pour ses "contacts" dans sa ville de banlieue natale...  

Alexandre hérite d'une patronne autoritaire et cassante : Séverine alias Sandrine Kiberlain qui, comme à son habitude, crève l'écran dans un rôle à double face, super woman qui ne quitte pas sa voiture autonome (qui refuse de lui obéir la plupart du temps), et quinqua au bord de la crise de nerfs...

Troisième personnage et non des moindres en la personne de Bruno Podalydès qui pour une fois, partage l'affiche avec son frère : il interprète Arcimboldo surnommé ainsi "because le nez en aubergine", auto-entrepreneur de lui-même et "slasher" en multipliant les petits boulots sur applis...

Pour faire face à son mensonge, Alexandre demande à  Arcimboldo qu'il a rencontré à la crèche de s'occuper de ses enfants et se rend chez The box où les employés tous plus jeunes les uns que les autres, naviguent entre la table de ping pong, le trampoline, les transats et le potager ; mais ne vous y trompez pas le patron Aymeric qui partage son temps entre Londres et Paris exige une disponibilité H24 et les convoque pour fêter chaque succès commercial à une galette des kings à 21 heures !

Le réalisateur se régale pour nous démontrer l'absurde du monde d'aujourd'hui et de demain entre la montre connectée qui ne donne plus l'heure car elle ne reconnait plus le visage de son propriétaire, la voiture autonome qui décide d'aller toute seule à la station de lavage au lieu d'aller au rendez vous de prospection, les drones qui ont remplacé les trottinettes et qui tels des soucoupes s'écrasent sur les trottoirs dès qu'ils ne sont plus en charge, le "Weboot" ou robot baladeur du patron qui, par le truchement d'un écran sur pied, lui permet d'être présent et de déambuler virtuellement dans les bureaux... et le cycliste corseté dans sa combinaison moulante qui chancelle après une énième course...

Il y a longtemps que je n'avais pas autant ri devant un écran de cinéma et je souris encore en pensant aux deux peluches (les Alfred) restées malicieusement dans une mallette de travail , aux métiers loufoques exercés par Arcimboldo qui, par exemple, touche 15 euros de l'heure pour défiler à des manifs à la place de ses clients, arborant des tee shirts décorés de slogans qui font de lui un homme sandwich des temps modernes !

Je ne vous raconterai pas la fin car il faut absolument voir ce film qui à travers sa petite musique à lui, nous fait comprendre que les individus même quinquas ! sont plus malins que les machines !

 

 

Commenter cet article