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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Réalisateur de Asako I et II (voir ma critique sur le blog en janvier 2019), l'auteur japonais Ryusuke Hamaguchi a remporté le prix du scénario du festival de Cannes 2021 avec son dernier opus Drive my car, adapté d'une nouvelle de Haruki Murakami dans le recueil Des hommes sans femmes...

Long de trois heures, le film nous fait voyager au volant de la vieille Saab rouge de Yusuku Kafuku (Hidetoshi Nishijima), acteur et metteur en scène de théâtre... 

Assis dans la voiture, nous faisons les trajets domicile, lieux de travail  de cet artiste quadragénaire très amoureux de sa femme Oto (Reika Kirishima), elle-même scénariste de talent qui travaille pour la télévision...

Le film commence sur une scène d'amour filmée au plus près des visages durant laquelle le spectateur est appelé à faire partie de l'intimité de ce couple qui semble très lié : elle parle, lui écoute, elle lui raconte une histoire teintée d'érotisme, lui sourit et approuve...

Et pourtant Yusuku va bientôt surprendre sa femme dans les bras de Koji (Masaki Okada), un jeune et bel acteur qu'elle lui a présenté... Abasourdi, il ne dit rien et n'écoute plus sa femme tant il redoute d'entendre ce qu'elle souhaite lui confier...

Le déni va se doubler d'un drame qui se conjugue à l'impossible deuil d'un enfant qui paradoxalement cimente encore plus le couple...

Quand Yusuku accepte de monter Oncle Vania dans le cadre d'un festival à Hiroshima, nous le suivons au volant de sa Saab puis sur place conduit par une chauffeure imposée par les organisateurs...

Tout oppose Yusuku à la maussade Misaki (Toko Muira) qui le conduit d'Hiroshima à la résidence où il loge face à un paysage magnifique...

Pourtant au fil des jours, de répétition en répétition, de trajet en trajet, un fil va se tisser entre ces deux êtres marqués par un drame intime, leur permettant de briser le silence, de se confier, de réparer leurs blessures du passé pour s'ouvrir à nouveau au présent...

Le film est beau, le film est lent, le film est cérébral comme le cheminement des personnages...

La troisième heure permet de ramasser tous les petits cailloux semés par le réalisateur pour entrer pleinement dans l'histoire  et partager l'intimité de ce nouveau "couple" !

A voir assurément !

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A
Je ne peux qu’aller dans ton sens Hélène, j’y suis allée un peu par hasard parce qu’on le jouait là où je me trouvais. Je n’avais pas trop suivi le festival de Cannes mais j’ai lu le livre de Haruki Murakami « Des Hommes sans femmes » et j’étais curieuse de voir comment on pouvait faire un film de 3 heures à partir d’une nouvelle de 47 pages. C’est un des plus beaux et profonds films que j’ai vu. Je n’ai absolument pas vu passer les 3 heures . J’ai été transportée par cette adaptation qui donne du temps au temps .
On aurait du attribuer le prix du meilleur second rôle à la Saab qui est jaune dans la nouvelle.
Le rouge lui va tellement mieux !
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