Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #livres

Note en dernière page du dernier ouvrage d'Eric Vuillard

"Du côté de la France et des Etats-Unis, il y eut en tout quatre cent mille morts, si l'on compte les tirailleurs, les supplétifs indochinois, troupes coloniales qui formaient l'essentiel de notre armée. Du côté vietnamien, la guerre fit au moins trois millions six cent mille morts. Dix fois plus. Cela fait autant que de Français et d'Allemands pendant la Première Guerre mondiale"

Quatre millions de morts en trente années de guerre, est-ce une sortie honorable ?

L'auteur nous fait revivre la séance du 19 octobre 1950 à l'Assemblée, au lendemain du désastre de Cao Bang,  où Pierre Mendès-France osa, à la stupeur de ses chenus collègues en pleine digestion, évoquer la possibilité de recherche d'"un accord politique, un accord, évidemment, avec ceux qui nous combattent"...

Nous invite à partager les dernières heures de la bataille de Dien Bien Phu (), où les combats sous le commandement du Général Christian de la Croix de Castries (photo de couverture), continuent au gré des revirements stratégiques du Général Henri Navarre commandant en chef des forces françaises en Indochine...

Nous fait pénétrer dans l'état d'esprit des protagonistes de l'époque, qu'il croque avec férocité, pour dénoncer avec brio les dessous nauséabonds de l'Histoire et plus particulièrement l'alliance délétère des pouvoirs économiques et politiques durant la guerre du Vietnam en France et aux Etats-Unis...

Sait-on par exemple que la guerre du Vietnam a considérablement enrichi la Banque d'Indochine qui s'était discrètement retirée du Vietnam dès 1949, bien avant la défaite de la France - et surtout ses puissants et consanguins actionnaires ?

Le texte entre en résonance avec l'extrême financiarisation actuelle du monde occidental et nous fait nous interroger sur le possible contre pouvoir des mots dans la littérature et dans la presse écrite, à une époque où les réseaux sociaux et leur déversement verbal en continu tiennent lieu d'informations et de vérités pour de nombreux citoyens ?

L'écrivain apporte sa pierre au débat qui fait rage sur le récit national du colonialisme et sa plume alerte et théâtrale nous séduit pour son engagement sans concession !

Commenter cet article