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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film du réalisateur allemand Marco Kreuzpaintner est adapté du roman éponyme de Ferdinand von Schirach publié en 2011.

L'auteur du livre, lui-même avocat, est le petit-fils de Baldur von Schirach, dirigeant nazi condamné au tribunal de Nuremberg.

Le film démarre sur l'assassinat à Berlin en 2001 de Jean-Baptiste Meyer, un grand industriel allemand, par un homme massif et taiseux dont on découvre très vite l'identité : Fabrizio Collini (Franco Nero)...

Commis d'office pour sa défense, le jeune avocat Caspar Leinen (excellent Elyas M'Barek) découvre avec stupeur que la victime est en réalité Hans Meyer, le père de substitution qui l'a accueilli et qui lui a permis de faire ses études de droit...

Écueil supplémentaire, le présumé coupable qui ne s'est pas défendu du crime, refuse obstinément de parler...

Caspar Leinen est stupéfait d’apprendre au cours du procès que l’arme du crime est un modèle rare utilisé par la Whermacht durant la guerre : le même qu’il se rappelle avoir vu caché chez Hans Meyer lorsqu’il était enfant. Il sollicite une suspension du procès, au cours de laquelle il demande à son père biologique de dépouiller les archives militaires sur Hans Meyer pendant que lui-même va enquêter à Montecatini, le village de Collini, dans la province de Pise... où il va trouver la raison qui a poussé le vieil italien à commettre le meurtre...

De rebondissements historiques en éclaircissements législatifs, le procès est passionnant tant sur le plan psychologique que dans l'analyse des rapports de force entre les différents personnages : Caspar Leinen, Richard Mattinger (Heiner Lauterbach), avocat de la partie civile et ténor du barreau, la présidente de la cour d'assises, la petite-fille de Hans Meyer (le premier amour de Caspar) et les témoins de dernière minute...

Le scénario mêle habilement trois temporalités : Berlin 2001, lors du procès, Montecatini 1944, village martyrisé par les Waffen SS et les années 80 qui ont vu grandir Caspar dans la belle maison des Meyer... et dénonce le cynisme de l'establishment allemand de la fin de la guerre aux années 2000...

Réalisé dans la même veine de repentance mémorielle que le Labyrinthe du silence réalisé en 2014 par Giulio Ricciarelli, le film s'inscrit dans l'actualité brûlante de la guerre contre l'Ukraine !

 

 

 

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A
Je l’ai tête au cinéma de Neuilly mais je trouverai bien une salle parisienne qui le joue encore.<br /> C’est tentant
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