Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes !

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Allez voir "Les garçons et Guillaume à table !"  4 Césars !!!

Le premier film de Guillaume Gallienne, acteur de la comédie française, est un spectacle drôle et intelligent, très construit et émouvant... une réussite !

Le film est mieux que la bande annonce un peu racoleuse qui met en avant des moments grand guignolesques directement inspirés de la saga de sa vie...

Car Guillaume Gallienne nous parle de lui et de sa famille et surtout de sa mère qu'il adore et vénère au point d'endosser dans son enfance le rôle de la fille qu'elle aurait bien aimé avoir !

Guillaume qui aime les femmes, est conscient de sa différence avec ses frères et son père qui ont tous les attributs de la virilité ; il s'autorise donc à exprimer sa féminité en adoptant les comportements des femmes qui l'entourent !

Dans le film, Guillaume Gallienne interprète son propre rôle et celui de sa mère, passant subtilement du maniérisme du fils à la virilité maternelle au point que l'on oublie la performance du jeu au profit du troublant tête à tête de ces deux personnages qui inconsciemment incarnent le fantasme de l'autre ...

Le spectateur, invité à la première du one man show de Guillaume Gallienne où il a fait son coming out d'hétéro, le suit dans le grand appartement parisien et bourgeois où fille manquée, Guillaume nous entraîne dans des délires difficiles à raconter tellement ils sont visuels !

Une autobiographie courageuse et optimiste d'un grand acteur qui a su se mettre à la portée d'un public populaire tout en régalant les amateurs de récits d'apprentissage !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le médecin de famille" : un film fascinant

La caméra de Lucia Puenzo cadre en gros plan le visage d'un homme qui se fait appeler Helmut Gregor (inquiétant Alex Brendemühl) et d'une adolescente : Lilith (délicieuse Florencia Bado)

Il la regarde, elle le remarque... et ils semblent immédiatement fascinés l'un par l'autre...

Il lui demande quel âge elle a... Mutine, elle lui fait deviner et devant son erreur, elle lui explique avec sérieux que tout le monde pense qu'elle a 9/10 ans alors qu'elle en a 12 !

Nous sommes en 1960 dans le Sud de l'Argentine, en Patagonie...

La famille de Lilith se rend à Bariloche au bord du lac Nahuel Huapi (somptueux paysage) pour réouvrir un hôtel qui appartient aux parents de la mère : Eva (lumineuse Natalia Oreiro...

Helmut Gregor qui doit s'y rendre également demande au père : Enzo (méfiant Diego Peretti) l'autorisation de les suivre car la route est longue et dangereuse...

Enzo accepte du bout des lèvres et surveille dans son rétroviseur la voiture bleue de cet homme sorti de nulle part... qui parle allemand avec son épouse (langue qu'il se refuse à apprendre)... Il cède de nouveau quand l'homme qui leur détaille ses recherches de "vétérinaire", lui demande d'être leur premier hôte...

Nous découvrons que ce médecin inquiétant est très attendu dans cette ville du bout du monde, régentée par une communauté allemande rigide qui promeut les valeurs des Sonnenmenschen... école, dont Lilith fait bientôt les frais car tous les élèves se moquent de son nanisme...

L'adolescente subjuguée par le charisme d'Helmut, le suit dans son laboratoire et lui permet de la mesurer, de la radiographier... Elle voudrait prendre les hormones de croissance dont il lui parle avec enthousiasme... Traitement auquel sa mère finit par dire oui car elle voit bien que sa fille souffre d'être rejetée...

Doucereux et envahissant, le médecin s'intéresse peu à peu à toute la famille qu'il dessine dans ses petits carnets anxiogènes : il propose à la mère de suivre sa grossesse, il permet au père de développer son atelier artisanal de poupées... en en profitant pour viser la perfection des traits de ces baigneurs aux cheveux blonds et aux yeux bleus...

Le docteur Josef Mengele répète ce qu'il sait faire !!!

Bientôt tout se dérègle : Lilith ne supporte pas son traitement, Eva accouche de jumeaux souffreteux, le père se débat entre sa loyauté pour sa famille et son aversion pour cet homme qui leur vole leur vie... et surtout le Mossad veille !

Lucia Penzo dénonce dans ce film la collusion entre le gouvernement argentin qui a accueilli ces réfugiés si particuliers, coachés par la Croix Rouge et le Vatican !!! Il est temps qu'en en parle !!!

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"La Vénus à la fourrure" : une déclaration d'amour

Roman Polanski aime les femmes... et plus particulièrement la sienne Emmanuelle Seigner !

Somptueuse mise en lumière pour ce huis clos théâtral qui oppose Thomas, un metteur en scène fat et misogyne (troublant Mathieu Amalric) à Vanda, une créature surgie du brouillard parisien !!!

Thomas est furieux, il a auditionné toute la journée des actrices pour l'interprétation du roman de Sacher Masoch qu'il vient d'adapter pour le théâtre... Elles sont toutes plus nulles les unes que les autres et Thomas s'apprête à rentrer chez lui pour manger des sushis avec sa compagne quand la porte du théâtre s'ouvre...

Sa première réaction est de repousser la retardataire qui s'impose... fardée jusqu'à la vulgarité, munie d'un grand sac à la Mary Poppins... dont elle extrait une robe d'époque qu'elle enfile sur des sous-vêtements de cuir noir... et peu après une superbe veste d'intérieur matelassée bleue à laquelle il ne peut résister !

La répétition va démarrer sans même que Thomas ne s'en rende compte et Vanda se transforme sous ses yeux et pour notre plus grand plaisir en prenant la direction de la mise en scène : la créature vulgaire se métamorphose en héroïne lettrée, en femme mystérieuse et racée, en créature machiavélique à la séduction de laquelle il va succomber !!!

Thomas se dépouille de sa supériorité intellectuelle et masculine pour devenir l'esclave consentant de cette femme aux multiples visages qui sait tout de lui... et Mathieu Amalric devient le double troublant de Roman Polanski dans cette mise en abîme délicieusement cérébrale et érotique !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"En solitaire" : je ne suis pas d'accord avec Télérama

Le film raconte le tour du monde d'un skippeur Yann Kermadec (François Cluzet) qui doit remplacer au pied levé un navigateur plus chevronné qui s'est cassé la cheville (Guillaume Canet)

Le scénario alterne des scènes à terre plutôt plates : coups de téléphone avec sa compagne et sa fille, mésentente cordiale avec le malheureux estropié... avec des scènes en mer résolument convenues : alternance de gros temps et de petite houle, rencontre avec une baleine, passage au large d'un iceberg, couchers de soleil magnifiques qu'il photographie avec son IPad...

Christophe Offenstein, réalisateur débutant a tricoté une intrigue autour de l'irruption sur le bateau d'un jeune réfugié mauritanien (Samy Seghir) qui a profité d'une escale technique forcée....

Pour gagner le Vendée Globe, Yann Kermadec doit être seul à bord car il s'est mis dans la tête d'étonner tout le monde en finissant premier... et il y arrive malgré les avaries de son bateau ?!

Le film se joue surtout autour de l'évolution de la relation entre ce marin pas commode... mais au grand cœur et cet adolescent aux yeux de biche qui découvre la vie à bord d'un voilier de haute technologie relié électroniquement au monde extérieur !

De belles images, quelques jolis dialogues mais des acteurs très mauvais dans un jeu caricaturé de baroudeur pour François Cluzet et de boudeur patenté pour Guillaume

Canet

A voir si vous aimez la voile !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Quai d'Orsay" : un film aussi jubilatoire que la BD

Bertrand Tavernier s'essaye à la comédie à 72 ans et réussit son examen de passage haut la main !

Thierry Lhermitte nous séduit immédiatement dans son interprétation vibrionnante de Villepin croqué dans la BD éponyme !

Nous plongeons dans l'atmosphère stressée du ministère des affaires étrangères où les conseillers travaillent jour et nuit pour préserver l'équilibre de nos relations diplomatiques avec les pays les plus improbables et à travers des crises aussi atypiques que la guerre du hareng !

Raphaêl Personnaz partage la vedette du film avec Thierry Lhermitte : délicieux ingénu, il est la jeune plume engagée par le ministre pour rédiger ses discours qu'il lui fait refaire au gré de son humeur et de l'avancée de sa lecture des mémoires d'Héraclite dont il demande que l'on reprenne des extraits dans ses interventions !

Niels Arestrup, à contre emploi par rapport aux personnages qu'il interprète d'ordinaire, est formidable dans son rôle du directeur de cabinet flegmatique et insubmersible d'un ministre qu'il connait par cœur !

On ne se lasse pas des feuilles qui s'envolent chaque fois que Villepin alias Alexandre Taillard de Worms dans le film, pénètre dans le bureau de ses collaborateurs !

Allez voir ce film intelligent et amusant (mais si cela existe !) qui se termine sur le magnifique discours de Villepin à l'ONU, qui a permis à la France de briller sur la scène politique internationale !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Violette" un film à la hauteur du talent injustement oublié de Violette Leduc

Après Séraphine de Senlis, peintre méconnue, Martin Provost s'attache à réhabiliter la mémoire de Violette Leduc !

Martin Provost, de toute évidence, aime les laides, les écorchées, les mal aimées, les génies que l'on enferme en asile ou sous camisole chimique pour étouffer leur talent qui dérange la bonne société !

Violette Leduc, née bâtarde en 1907 trouvera sa liberté par l'écriture grâce à l'amitié indéfectible de Simone de Beauvoir qui a la certitude d'avoir entre les mains la destinée d'un écrivain hors norme

Rien ne rapproche a priori les deux femmes à part l'écriture et pourtant leurs destins seront liés dans le Saint-Germain de l'après guerre

Sandrine Kiberlain est Simone de Beauvoir, époustouflante de cérébralité et de solitude malgré la gloire et les prix qui reconnaissent très vite son oeuvre...

Emmanuelle Devos est Violette Leduc, cette femme lourde qui ne s'aime pas et vit dans une chambre sinistre qu'elle partage de temps en temps avec Berthe, sa mère haïe et adorée (magistrale Catherine Hiégel)

En 1944, Violette découvre "L'invitée" de Simone de Beauvoir et, immédiatement subjuguée, décide de lui présenter son premier manuscrit : "Asphyxie"

Séduite par le ton "vrai" de l'ouvrage, Simone de Beauvoir va le promouvoir auprès de Gaston Gallimard et d'Albert Camus qui vient de lancer une nouvelle collection au sein de la prestigieuse maison !

Le livre sera publié mais n'aura aucun succès ; par contre il lui permettra de gagner l'estime des grandes plumes de l'époque : Jean Genet (Jacques Bonaffé), Jean Cocteau, Jean-Paul Sartre...

Découragée par cet échec et par l'attitude de Simone de Beauvoir qui lui offre son amitié mais refuse son amour, Violette manque très vite tragiquement d'argent (elle a en effet cessé son trafic de marché noir pour se consacrer à l'écriture...)

Simone de Beauvoir l'encourage à parler de ses expériences personnelles : sa passion charnelle pour Isabelle une amie de collège, son premier mariage, son avortement, sa relation avec l'homosexuel Maurice Sachs en lui faisant comprendre qu'elle sera la première à parler de "ces choses là", qu'elle va déranger mais qu'elle fera la "différence" dans un milieu germanopratin issu de la bourgeoisie intellectuelle

En 1947, Violette va rencontrer, grâce à Jean Genet, Jacques Guérin (Olivier Gourmet), grand industriel et mécène des artistes qui va la soutenir en lui offrant son amitié durant 17 ans... Son amitié car lui aussi est homosexuel et ne peut pas plus que Simone répondre au désir de Violette qui sombre peu à peu dans la dépression...

Simone de Beauvoir, par le truchement de Gallimard lui fera verser une pension jusqu'à son succès littéraire en 1964 avec "La Bâtarde"...

Car au fil des années, Violette, femme de chair, va se "trouver" en découvrant la lumière du Lubéron qui va lui permettre de s'ouvrir à sa sensibilité propre et de s'accepter dans sa laideur et son infamie de bâtarde...

Un très grand film servi par des interprètes au sommet de leur jeu !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Inside Llewin Davis" : les frères Coen aiment la folk music et nous aussi

Joel et Ethan Coen ont écrit ce film en s'inspirant de la vie du chanteur de folk music Dave van Ronk, incarnation des "puristes" des années 1950

Nous sommes en 1961 à New York Greenwich Village et c'est Oscar Isaac qui interprète le rôle et chante les morceaux en son direct...

Llewin Davis, gallois par sa mère, traîne sa guitare d'une crèche à une autre et tente de vivre de sa musique...

La neige accompagne toutes ses déambulations dans les rues et le métro de New York et nous avons froid avec lui car Llewin Davis n'a même pas de quoi acheter un manteau...

Nous le découvrons dans une cave, le Gaslight Cafe où la magique interprétation de sa cafardeuse chanson "Hang me, o hang me" laisse les spectateurs de glace... appelé au dehors par un inconnu qui souhaite lui parler, il se fait casser la gueule sans comprendre ce qui lui arrive...

Résigné, Il reprend sa guitare et se réfugie dans un bel appartement que lui prête un de ses copains... au petit matin il s'engouffre dans le métro pour aller voir son agent mais laisse malheureusement échapper le chat de la maison... qu'il va d'abord miraculeusement récupérer.. puis qu'il va reperdre car le chat est malicieux...

Nous apprendrons plus tard que ce chat s'appelle Ulysse... LLewin et le chat partagent le destin d'errance du héros de la mythologie grecque à la différence qu'Ulysse finit par revenir à Ithaque où l'attend Pénélope !

Mais personne n'attend Llewyn qui se fait repousser par son ancienne petite amie Jean (Carey Mulligan), qui lui reproche de lui avoir fait un enfant ; Jean a décidé de vivre avec Jim (Justin Timberlake) et demande à Llewin de lui payer l'avortement... Il apprendra par la suite qu'il y a peu de chance que l'enfant soit de lui car le directeur de la cave lui expliquera que le public vient écouter chanter Jean dans l'espoir de pouvoir la sauter et que lui même d'ailleurs ne s'en est pas privé...

Dindon de toutes les farces, Llewin n'en continue pas moins à courir le cachet, se faisant rabrouer par sa soeur qui a honte de lui et dédaigner par son père devenu aphasique... Llewin ira même jusqu'à Chicago pour tenter de séduire un gros ponte qui écoute sa chanson "La reine Jeanne" avec pitié en concluant que ce n'est pas avec cela qu'il va faire du fric...

Llewin ne se défend pas et retourne à New York où un petit nouveau à la voix nasillarde mais aux textes plus "commerciaux" va lui ravir la vedette : j'ai nommé Bob Dylan !

Le film est une ballade de "juif errant", un hymne à l'authenticité face à la facilité incarnée par son rival Jim, qui interprète avec succès un tube ridicule "Please Mr Kennedy"

Un film d'hiver en ces temps d'automne pour se laisser bercer par la sublime et poignante musique de l'échec assumé !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Blood ties" : je suis d'accord avec Télérama :(

Guillaume Canet a tourné son premier film "américain" avec ce remake des "Liens du sang", qu'il avait interprété en 2008 avec François Cluzet.

Le scénario de James Gray est un melting pot de tous les clichés supposés de l'american urban way of life !...

Soit un délinquant cinquantenaire : Chrys (Clive Owen un peu à contre emploi), relâché pour bonne conduite et recueilli par Franck (Billy Crudup totalement coincé), son petit frère, flic à la carrière prometteuse !

Frank est secrètement jaloux de son frère, beau gosse qui fait tomber toutes les femmes... dans la prostitution... et qui surtout est le préféré de leur père Léon (James Caan)

Le film se passe en 1974 à Brooklyn, dans un New York dont les rues sont livrées aux filles et à leurs souteneurs... et aux ordures ! Les flics patrouillent mais les voyous font la loi !

Le spectateur suit les différents protagonistes de cette histoire sans surprise : Chrys va retomber dans la délinquance et Franck va lui tourner le dos... et cela dure 2h24 !!!

Chaque personnage est campé dès le début du film et aucun d'eux n'évolue ni dans un sens ni dans un autre... il n'y a pas de rédemption possible dans cet univers où les cartes sont distribuées dès la naissance (leur père a chassé leur mère qui bien sûr était une "bitch" !)

Même Marion Cotillard, seule actrice française, qui interprète Monica l'ex femme de Chrys, retombe dans la prostitution et la drogue... Il faut dire qu'elle traverse le film complètement shootée comme si elle se demandait ce qu'elle faisait là !

"Blood ties" à ne voir que s'il pleut beaucoup... ou que vous avez un bon souvenir de "Ne le dis à personne" et que voulez encourager Guillaume Canet ?! à tourner à nouveau dans le milieu hippique !

Voir les commentaires