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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"The immigrant" : plein de tracas, plein de blablas

Désolée de ne pas être dans le ton, de ne pas être une inconditionnelle de James Gray mais son dernier opus, encensé par certains critiques, m'a laissée totalement insensible ! Le film raconte l'histoire de deux sœurs polonaises qui débarquent dans le début des années 20 à Ellis Island, fuyant les pogroms du conflit russo-polonais..

La première image un peu floutée donne le ton du film : la caméra filme la statue de la liberté de dos et dans la brume... le spectateur sait déjà que cela ne va pas être facile pour elles deux et que l'Amérique n'est sans doute pas la Terre promise aux émigrants !

En effet Magda la cadette est immédiatement mise en quarantaine car soupçonnée d'être tuberculeuse !

Sa sœur Ewa (Marion Cotillard), repêchée in extremis par Bruno Weiss (ténébreux Joaquin Phoenix), n'aura de cesse de la faire sortir !

Accueillie par cet homme sorti de nulle part qui va l'exhiber dans son "théâtre" boui-boui avant de la prostituer, Ewa va petit à petit tout accepter de lui - tout en s'en défiant, sans se départir de son air de martyr angélique !

Ewa ne va s'animer que sous le regard du cousin de Bruno, saltimbanque charmeur, alcoolique et joueur (Jeremy Renner) : le triangle amoureux classique va rebattre les cartes mais le sentiment de "faute" va précipiter les destins !

En résumé un film académique et poisseux, crépusculaire dans son classicisme, enlisé dans le sacrement de pardon et de rédemption...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Chapitres de la chute" : une vraie réussite théâtrale

Je vous parle de cette pièce qui raconte la saga des Lehman Brothers, car même si elle a quitté l'affiche du théâtre du Rond Point, elle n'en reste pas moins un grand moment... et sera certainement rejouée pour des publics exigeants !

Quatre heures et demi pour nous raconter la chute en 2008 de la banque Lehman !

Cela pourrait paraître très long mais la mise en scène inventive de Stefano Massini, l'excellent jeu des acteurs nous entraînent à notre insu dans l'histoire de ces frères, juifs allemands, arrivés en 1844 avec trois sous en poche dans le port de New York...

La pièce se regarde comme on lit un roman dont on ne peut plus quitter les personnages !

Il était une fois trois frères Henry dit "la tête", Emmanuel dit"le bras" et Mayer dit "la patate" qui ouvrent un magasin de tissus dans le sud des Etats Unis, au milieu des champs de coton... Malicieusement les personnages sont beaucoup plus subtils que leurs surnoms et le cadet ne cessera de les étonner par sa fraîcheur de vue !

Ils sauront "utiliser" les crises de l'histoire américaine (guerre de Sécession, guerres mondiales, crise de 1929...) pour dématérialiser petit à petit leur commerce en devenant les intermédiaires obligés de tous les acteurs économiques...

Installés à New York au cœur de Manhattan, ils écoutent leurs intuitions et la banque Lehman Brothers devient "la" référence à côté de Goldman Sachs (autre famille juive allemande venue d'un village voisin de la Bavière)

Les fils des deux aînés, Philip et Herbert, reprendront avec une déférence mêlée d'audace les rênes de l'entreprise pour la mener sur les fonds baptismaux de Wall Street...

Et la saga continue avec Robert dit Bob, le petit fils qui voulait faire du cinéma... Il financera King Kong, élèvera des chevaux de course, se mariera et divorcera de femmes de plus en plus libres mais n'aura pas d'enfant... susceptible de continuer l'aventure entrepreneuriale...

Hasard ou coïncidence, c'est un grec arrivé à la tête de Lehman Brothers qui laissera les coudées franches à un hongrois qui le convainc de mettre le trading au cœur du système... qui précipitera la chute de la banque !

Un seul regret... que la pièce n'ait pas duré plus longtemps pour expliciter plus finement le mécanisme de la chute... un peu bâclé.. On en redemande !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Elisabeth ou l'équité" : quand l'entreprise s'invite au théâtre...

Belle affiche au théâtre du Rond Point...

Eric Reinhardt, romancier à succès (Cendrillon, Le système Victoria), nous livre sa première adaptation théâtrale...

Anne Consigny qui interprète Elisabeth la DRH du groupe pétrochimique ATM détenu par un fonds de pension américain...

Et l'Entreprise et ses protagonistes, marionnettes happées par la spirale financière : le DG français, le patron du fonds de pension, l'avocate, les délégués syndicaux, les assistantes...

Tout ce petit monde s'affronte ou s'épaule selon les intérêts personnels de chacun car le patron du fonds de pension veut fermer un atelier puis, face aux grèves qui l'exaspèrent menace de vendre l'entreprise aux chinois, nouveaux épouvantails du capitalisme débridé...

Elisabeth la DRH est prise entre deux feux... Elle défend les salariés... mais elle défend aussi son poste, sa position, son couple... Tout s'emmêle dans sa tête, elle a tout le temps froid... Elle prend conscience qu'elle a trahi ses idéaux adolescents et dans une ultime volte face négocie au mieux le PSE et perd son conjoint...

Femme ou homme d'entreprise, nous sommes ravis que le théâtre s'empare et dénonce les licenciements financiers... mais Messieurs les écrivains, allez faire un petit stage en Entreprise...

Certains DRH sont nettement plus tordus qu'Elisabeth, certains syndicalistes sont beaucoup moins univoques... et l'histoire finit rarement aussi bien !

Anne Consigny fait ce qu'elle peut pour habiter son rôle : elle est émouvante mais peu crédible, trop frêle !

Seuls les deux patrons français et américains, joyeusement caricaturés nous régalent car nous pouvons les détester !

A voir jusqu'au 8 décembre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Avant l'hiver" : tristes sexagénaires

Dans le dernier film de Philippe Claudel, Paul (Daniel Auteuil) et Lucie (Kristin Scott Thomas) ont tout pour être heureux...

Paul, neurochirurgien de renom passe de sa clinique à son cabinet qui ne désemplit pas...

Lucie soigne le jardin de sa magnifique maison aux portes de Paris...

Paul rencontre par hasard dans un café une jolie jeune femme (Lou / Leïla Bekhti) avec laquelle il échange quelques propos anodins... En fait pas si anodins que cela car Lou lui rappelle ?! qu'il l'a opérée enfant de l'appendicite ?!

Coïncidence ou non ? Paul reçoit d'innombrables bouquets de roses rouges à son cabinet et à son domicile...

A partir de ce moment, les routes de Paul et de Lou ne cessent de se croiser..

Paul irrésistiblement attiré par Lou qui manie le chaud et le froid à son égard, perd peu à peu pied au point de devoir arrêter d'opérer...

Il se retrouve alors avec Lucie dans la belle et grande demeure moderne aux immenses baies vitrées et les deux époux partent chacun de leur côté vers les blessures non refermées de l'enfance ou de l'adolescence...

Le père de Paul a quitté sa mère et son fils quand il avait deux ans... Lucie a abandonné sa carrière de médecin pour se consacrer à son foyer... Ils ont un fils qui ne s'entend pas du tout avec son père... Lucie trouve une oreille compatissante chez Gérard (Richard Berry), collègue psychiatre et meilleur ami de Paul...

L'histoire de Lou mène Paul au bord de la chute mais ne le réveille pas pour autant... c'est certain il va entrer dans son hiver sans avoir pleinement vécu son printemps ni son été !

Dommage pour ce film que les personnages soient si statiques et comme figés dans leur détresse : aucune vraie communication entre les personnages alors qu'ils auraient tant de choses à se dire comme l'apprend le spectateur également impuissant !

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