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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes !

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Femme non-rééducable" : une pièce coup de poing à l'Atelier

Anna Politkovskaia a été assassinée le 7 octobre 2006 dans l'ascenseur de son immeuble à Moscou...

Anna Politkovskaia est la 21e journaliste assassinée depuis l'élection de Vladimir Poutine en 2000...

Anna Politkovskaia était une des rares journalistes russes à avoir persisté à couvrir le conflit tchétchène et à dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme en Russie...

Anna Politkovskaia était la mère de deux enfants...

Anna Politkovskaia était journaliste...

Dans un décor minimaliste où les éclairages et les fumées rendent compte de l'horreur de cette guerre, les pleurs du violon sublime de Régis Huby nous envoûtent jusqu'à nous faire oublier que nous nous trouvons au théâtre de l'Atelier et non pas face aux juges, dans une église désaffectée ou encore dans la conscience d'Anna Politkovskaia quand elle apprend que les deux personnes qui ont accepté de témoigner dans un village martyre l'ont payé de leur vie...

Anne Alvaro dont la voix de théâtre est toujours proche du chavirement nous entraîne dans la solitude têtue de cette femme bien décidée à ne pas se laisser intimider, ébranler oui mais qui inlassablement "observe et raconte. Qui voit et qui dit"... jusqu'à y laisser à son tour la vie en rentrant chez elle avec ses sacs à provisions...

Anna Politkovskaia était une femme debout !

Pièce sublime à voir dans l'actualité toujours poisseuse de la Russie de 2014 !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Weekends" un petit film bancal malgré de bons interprètes

Anne Villacèque nous donne à voir l'histoire de deux couples amis qui s'entendaient si bien qu'ils ont acheté il y a 20 ans deux maisons mitoyennes au bord de la mer...

A l'approche de la cinquantaine, ils s'y retrouvent encore chaque weekend, s'invitant mutuellement...

Le film commence sur une scène un peu too much dans un supermarché où Christine (fragile Karin Viard) se fait insulter par une automobiliste qui lui reproche d'avoir pris la dernière place de parking !

Déstabilisée, elle parle de cet incident à ses amis qui l'écoutent d'une oreille distraite et à son mari Jean (lunaire Jacques Gamblin) qui visiblement est ailleurs... au point de la quitter le soir même !

Le film nous fait vivre ensuite les amours et désamours des quatre protagonistes et de leurs enfants suite à ce coup de tonnerre !

Christine s'effondre, Jean réapparaît très vite avec une autre femme, Sylvette (Noémie Lvovsky) et Ulrich (Ulrich Tukur) ne savent plus trop quelle attitude adopter...

La réalisatrice aurait du revoir les films de Sautet qui savait nous enjôler avec son élégante petite musique !

Ici hélas rien de semblable : le spectateur a du mal à s'intéresser à ces fades destins et à ces rebondissements parfois grotesques comme la crise d'angoisse de Jean quand il décide de reprendre le chemin du foyer conjugal !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Voir "Diplomatie" pour Paris et deux grands acteurs

Volker Schlöndorff a adapté la pièce de Cyril Gely en reprenant les mêmes acteurs : André Dussolier dans le rôle du consul suédois Raoul Nordling et et Niels Arestrup dans celui du gouverneur de Paris Dietrich von Choltitz

Nous sommes à l'hôtel Meurice dans la nuit du 24 au 25 août 1944...

Le général qui a reçu l'ordre d'Hitler de détruire Paris, ne dort pas...

Il convoque ses hommes pour les derniers préparatifs : miner tous les ponts de Paris sauf le Pont Neuf pour que l'armée allemande puisse se replier et les principaux monuments emblématiques de la capitale...

Le consul Nordling s'introduit dans son bureau par un escalier dérobé autrefois utilisé par la favorite de Napoléon III !

Leurs pourparlers vont durer une partie de la nuit, opposant les deux hommes dans un exercice de haute voltige diplomatique !

Face au général qui essaie de ne pas donner prise, le consul utilise toutes les feintes pour parvenir au but qu'il s'est fixé : empêcher que cet ordre absurde ne soit exécuté !

Il utilise tous les arguments : massacre des civils, futur des relations franco-allemandes mais Choltitz ne veut rien entendre : il est un soldat qui obéit aux ordres !

Nordling va finir par trouver l'ouverture qui va permettre de percer la cuirasse du noble prussien !

Le film mérite d'être vu pour la finesse des dialogues et la magnifique interprétation de nos deux acteurs qui vieillissent merveilleusement bien... sans oublier les vues de Paris depuis le balcon de l'hôtel !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Mécanique instable" : la manufacture des Abbesses met en scène le rachat d'une PME par ses employés

Si l'on aime la vie en entreprise, ses personnages et ses rebondissements, il faut aller voir la dernière pièce de Yann Reuzeau !

Stéphane est un entrepreneur heureux ! La PME qu'il a créée il y a 10 ans se porte bien et la petite équipe qui la compose n'imagine pas aller travailler ailleurs !

Mais Stéphane a le virus de la création et tout bascule le jour où il annonce à ses employés éberlués qu'il veut vendre !

La belle harmonie de l'équipe se fissure sous nos yeux et ce n'est que grâce à l'énergie de Violaine, l'assistante de Stéphane que l'aventure peut continuer !

Eclairée par la syndicaliste maison sur la possibilité de créer une Scop, elle va bientôt mettre tout le monde d'accord sur le rachat de la boîte par ses employés !

Les personnages sont tous excellents, les dialogues ciselés... le spectateur s'y croit vraiment, ne s'ennuie pas une minute et s'attache aux personnalités bien campées de l'équipe : le directeur commercial empêtré dans ses problèmes persos, l'ingénieur développement qui s'épanouit au départ de Stéphane, la syndicaliste qui s'impose par sa franchise jusqu'à devenir chef d'atelier, la nouvelle comptable beurette qui sort de sa chrysalide et Violaine qui veille à tout !

Tous les sujets sont très finement traités : la stratégie, le positionnement marketing, l'innovation, le recrutement...

La vie des six personnages bascule à nouveau dix ans après quand Stéphane, qui a échoué dans sa nouvelle entreprise, est rappelé par l'équipe quand la PME traverse une difficile passe financière !

Les cartes sont rebattues et chacun évolue en fonction de son équation personnelle !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Dans l'ombre de Mary" : supercalifragilisticexpialidocious !

A aller voir de toute urgence... pour les amoureux de Mary Poppins et pour tous les autres !

John Lee Hancock signe un film délicieux sur l'histoire du tournage du film qui enchante petits et grands depuis 50 ans !

Nous sommes à Los Angeles en 1961 !

Walt Disney se désole depuis 20 ans de ne pas réussir à porter à l'écran les aventures de l'héroïne préférée de ses filles : Mary Poppins

L'auteure Pamela Lyndon Travers (formidable Emma Thompson) qui vit à Londres, résiste de toutes ses forces à la machine holywoodienne : elle déteste les comédies musicales et les dessins animés !

Confrontée à l'érosion des ventes de ses livres, Pamela se rend pourtant à Los Angeles pour infléchir l'élaboration du script à ses desiderata... avant d'envisager de céder les droits de son personnage !

Son arrivée dans le temple du cinéma est un morceau d'anthologie car tout l'agresse : le soleil, la familiarité de ses interlocuteurs qui insistent pour l'appeler Pamela, les gâteaux qui encombrent les tables de réunion...

Toute l'équipe, Walt Disney y compris (excellent Tom Hanks) se met en quatre pour la satisfaire et pourtant rien n'y fait ! Pamela Travers est intraitable !

Les protagonistes : secrétaires, assistantes, compositeurs sont tous excellemment campés ! Une mention spéciale pour le chauffeur Ralph (Paul Giamatti)

Le film qui dure 2 heures nous plonge dans l'atmosphère de l'époque et glisse en flash backs subtils sur le passé de Pamela Travers...

Nous comprenons au fil des scènes habilement amenées que Pamela n'a toujours pas fait le deuil de son enfance ni surtout du décès de son père (troublant Colin Farrell) - figure que l'on retrouve dans le personnage de Monsieur Banks !

C'est l'américain Walt Disney qui va réussir à infléchir l'anglaise... en partageant avec elle les douleurs et les joies de sa propre enfance !

Le film est très joliment troussé et vous ne pourrez qu'être émus face à cette femme qui s'est cadenassée pour ne pas pleurer son enfance enfuie avec les désillusions d'un père amoureux de sa fille !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Un weekend à Paris" : dommage que l'amertume l'emporte sur l'acidité

Les femmes de 60 ans sont décidément dans l'air du temps !

Roger Michell nous raconte l'histoire d'un couple britannique qui vient fêter ses 30 ans de mariage à Paris...

Meg (gracieuse Lindsay Duncan) et Nick (grognon Jim Broadbent) s'aiment toujours mais Meg ne comprend plus son mari !

Pour lui faire plaisir, il l'invite à passer le weekend dans un petit hôtel qui a abrité leurs jeunes années ! Las l'hôtel a changé et n'est plus qu'un minable établissement glauque de seconde zone !

Désespérée Meg s'enfuit... bientôt rattrapée par Nick et les deux sexagénaires s'installent dans un palace proche de la place de l'Alma avec vue imprenable sur la tour Eiffel !

Le couple arpente les rues de la capitale et se délecte dans des petits restaurants typiques ... mais l'incompréhension demeure et le ton léger du film est gommé par les remarques acerbes échangées !

Meg et Nick vont rencontrer un ex collègue universitaire de Nick, Morgan (Jeff Glodblum), jeune remarié et futur nouveau père qui les invite à fêter la sortie de son nouveau livre...

Meg va rencontrer un homme jeune.. elle se rassure sur son sex appeal... Nick, jaloux, déballe son mal être devant les invités ébahis et gênés...

Dur, dur de continuer une vie à deux quand le désir a foutu le camp et que ne restent que les souvenirs d'un pas de danse dans un bistrot parisien !

A ne voir qu'avec un moral à toute épreuve... du temps !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Déçue par "The grand Budapest hotel"

J'avais envie de voir un film léger, joyeux, dépaysant, aux antipodes des sujets actuellement brossés par le cinéma français !

Encensé par Télérama, le film de Wes Anderson nous entraîne dans un palace excentrique des années 1930 aux frontières orientales de l'Europe obscurcies par la montée du nazisme !

Le concierge de l'hôtel Monsieur Gustave, interprété par le délicieux Ralph Fiennes, est tout entier dévoué au maintien d'un certain art de vivre dans ce palace à l'ancienne... jusqu'à coucher avec Madame D. (étonnante Tilda Swinton), vieille cliente fortunée pour lui apporter l'affection que son fils rapace lui refuse !

Le spectateur est invité à suivre les tribulations de Monsieur Gustave et de son groom préféré prénommé Zéro qui se rendent aux obsèques de Madame D. qui lui a légué un tableau fameux ! au grand dam de son fils !

Les images du film sont très élégantes, le rythme est trépidant, les situations toutes plus cocasses les unes que les autres mais on se lasse vite de cette BD aux effets spéciaux cartoonesques !

Un film à voir pour les amoureux du burlesque sur grand écran !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Gloria" : le cinéma s'intéresse enfin aux femmes qui abordent la soixantaine...

Le jeune cinéaste chilien Sebastian Lelio a décidé de rendre hommage aux femmes investies dans leur vie personnelle et professionnelle qui se retrouvent seules à l'aube de la soixantaine...

Le film se déroule à Santiago mais il pourrait très bien avoir été tourné en France... mise à part la superbe bande son latino qui donne son tempo électrisant à la vie de Gloria...

L'héroïne magnifiquement interprétée par Paulina Garcia est une femme de 58 ans, divorcée qui partage sa vie entre son boulot, ses grands enfants et les dancings de la ville où elle s'étourdit...

Après avoir élevé longtemps seule ses enfants, Gloria veut bien donner un coup de main à son fils divorcé pour garder le petit mais elle veut vivre sa vie !

Quand elle rencontre Rodolfo (Sergio Hernandez), elle imagine pouvoir vivre une ultime histoire d'amour mais les familles s'évertuent à s'inviter dans leur duo !

Et plus particulièrement la femme et les filles de Rodolfo qui ne peuvent vivre sans lui !

Le film mérite d'être vu pour le personnage de Gloria mais à vouloir trop coller au quotidien de sa vie, il s'apparente presque à un documentaire sur le sujet ! Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Monuments men" : un film historique de George Clooney

J'ai eu la chance de voir le film au Québec : il sort le 15 mars en France

Un casting d'enfer réunit George Clooney, Cate Blanchett, Matt Damon , Bill Murray, Jean Dujardin et beaucoup d'autres très bons acteurs...

C'est l'histoire d'un groupe d'une douzaine d'hommes, trop âgés pour faire la guerre, qui, avec l'accord du président Roosevelt, décident de se jeter au cœur du conflit mondial dans les semaines qui suivent le débarquement en Normandie, au péril de leur vie...

Réunis par leur amour de l'art, les "Monuments men" qui sont directeurs et conservateurs de musées, artistes, architectes, historiens d'art, américains, français et anglais mêlés... décident d'aller sauver les plus belles œuvres d'art volées par les nazis aux collectionneurs juifs et aux musées européens...

Le scénario nous entraîne aux côtés de ces héros pas si ordinaires qui partent à la chasse au trésor après une courte période d'entrainement militaire (jubilatoire !), aidés dans leur recherche par une brillante conservatrice française Claire Simone (très convaincante Cate Blanchett dans un rôle de vieille fille un peu aigrie et résistante jusqu'au bout des ongles)

A voir pour partager ce morceau d'Histoire, pour vibrer avec les personnages magistralement interprétés, pour se régaler d'émotions culturelles puisque qu'une grande partie de ces œuvres ont pu être sauvées - alors qu'Hitler avait donné l'ordre de tout faire sauter au moment de la débâche de l'armée allemande et que l'arrivée des russes sur le sol germain laissait craindre second pillage en règle !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Ida" : un beau film classieux en noir en blanc

Merci Adeline de m'avoir recommandé le film de Pawel Pawlikowski qui se déroule dans la Pologne des années 60 !

C'est l'histoire d'Anna, une jeune orpheline élevée dans un couvent qui est sur le point de prononcer ses vœux...

La mère supérieure recommande à Anna (lisse Agata Trzebuchowska) de rencontrer sa tante Wanda (incandescente Agata Kulska) qui n'est jamais venue la voir...

La rencontre des deux femmes donne le ton au film : face à la paisible Anna que rien ne semble devoir déstabiliser, Wanda s'impose comme une femme passionnée qui brûle sa vie au feu de la vodka, de la cigarette et des hommes

Très vite, elle jette à la figure de sa nièce qu'elle est juive, qu'elle s'appelle Ida et que ses parents ont été tués durant la guerre par une famille qui les cachait... Elle Wanda a été Wanda la rouge, procureur général qui a fait pendre des ennemis du peuple...

La première réaction de Wanda est de renvoyer sa nièce, trop pure pour elle... mais prise de remords elle va la chercher à la gare où Anna/ida attend le car pour retourner au couvent...

Les deux femmes partent alors en road movie au fin fond de la campagne polonaise pour retrouver la ferme où l'histoire de leur famille s'est arrêtée... et prennent en auto-stop Lis (Dawid Ogrodnik), beau joueur de saxophone qui va rejoindre son groupe dans l'hôtel où elles doivent descendre...

Le scénario entremêle savamment les relations qui se tissent aujourd'hui avec celles qui ont implosé par le passé sous les coups de butoir de la "haine ordinaire" du peuple polonais pour les juifs...

Wanda va refaire tout le chemin de sa vie en affrontant son passé alors qu'Anna/ida, imperméable à tout ce qui l'entoure, se nourrit des autres sans rien livrer d'elle-même...

Un seul regret en sortant de ce film poignant : le personnage d'Ida dont l'étude de caractère est intéressante mais qui aurait sans doute gagné à être plus vivant, plus sensible...

Mais le film semble défendre la thèse qu'il est difficile de se construire en dehors de son histoire familiale !

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