Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes !

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"On ne peut pas rire de tout" : oui et non répond un virevoltant Patrick Timsit

Patrick Timsit fait salle comble au théâtre Renaud-Barrault !

Il faut reconnaître que son show est plutôt réussi et que l'acteur crève l'écran hihihi ! Que le saltimbanque occupe magistralement la grande scène balayée par des pinceaux de lumière !

Flirtant avec l'actualité, ne reculant devant aucun sujet tels les handicapés, les juifs, les islamistes, Hitler, le front national...

Patrick Timsit ravit le public un peu bobo de la salle parisienne, les gratifiant de temps en temps d'un "Vous êtes Charlie" particulièrement bien orchestré avec les facéties de ce séfarade au sourire craquant !

Quelques pochades très drôles et plutôt bien vues notamment sur les marseillais.. ou les enfants... Quelques sketchs un peu poussifs sur la forme amoureuse de nos présidents...

Le spectacle tient la route et on aurait tort de s'en priver en ces temps de grisaille morose et inquiète !

L'animal a le moral et son entrain est contagieux !

Conclusion : on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui !

Un coup de chapeau à l'artiste !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Phoenix" quand l'Allemagne s'empare de ses démons !

Le réalisateur Christian Petzold signe ici un film exigeant en adaptant à l'écran le livre de Harun Farocki : "Le retour des cendres"

Nous sommes à Berlin dans les ruines de l'année zéro...

Une jeune femme Nelly Lenz (formidable Nina Ross), accompagnée par Nele (sombre Nina Kunzendorf), son ange gardien de l'Agence juive, revient d'Auschwitz où toute sa riche famille a péri...

Nous comprenons dès les premières images poignantes dans leur cruauté, que le retour de Nelly va se révéler douloureux, d'autant qu'en ces années-là les rares survivants des camps de la mort sont accueillis avec une indifférence gênée ...

Gravement brûlée au visage, Nelly doit accepter que les médecins lui redonnent des traits qui ne sont pas les siens...

Ex chanteuse berlinoise de renom, elle est toujours amoureuse de Johnny, son pianiste de mari (excellent Ronald Zehrfeld)

A peine sortie des bandelettes de la chirurgie esthétique, elle n'a de cesse que de le retrouver quitte à se mettre en danger aux abords des cabarets aux néons rouges de la zone d'occupation américaine...

Johnny, redevenu Johannes en même temps que garçon de salle au Phoenix, ne reconnait pas Nelly...

Toutefois devant l'insistance de cette dernière qui le boit des yeux et profitant de ce qu'il perçoit comme une vague ressemblance, Johannes propose à Nelly de se faire passer pour son ex femme et de partager l'héritage de cette dernière...

Le jeu des deux acteurs est assez fascinant : face à cet homme visiblement plus du tout amoureux, facilement brutal, et potentiellement traître (Lene tente de faire comprendre à Nelly qu'l y a de fortes chances pour que ce soit lui qui l'ait dénoncée), la rescapée tente de se reconstruire entre fol espoir et crainte de la vérité, tour à tour énamourée, blessée ou en tout cas sur le qui vive...

Johannes poursuit son oeuvre de Pygmalion, vaguement troublé par la facilité avec laquelle "sa créature" adopte l'écriture et les attitudes d'une femme qu'il croit morte...

Le film avance sur le fil de la mémoire jusqu'à la scène finale, formidable de sobriété !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Rendez-vous à Atlit" : à voir à la télévision comme dit Adeline !

Shirel Amitaï nous emmène à Atlit en Israël aux côtés de trois sœurs revenues de France pour vendre la maison familiale !

Nous sommes à l'automne 1995, Yitzhak Rabin doit prononcer à Tel Aviv un discours lors d'une manifestation de la paix, l'espoir d'une trêve possible dans le conflit israélo-palestinien se fait jour...

Les trois sœurs Cali, Asia et Darel incarnées respectivement par Géraldine Nakache, Judith Chemla et Yaël Abecassis ne sont évidemment pas tout à fait d'accord sur la vente de la maison laissée à l'abandon depuis la mort de leurs parents...

Les sœurs aux personnalités contrastées se souviennent, se chamaillent, partagent des repas, échangent des fous rires, partent, reviennent...

Le sujet est éternel et aurait pu constituer un joli moment si ce n'est que le scénario introduit inutilement ou en tout cas maladroitement les fantômes des parents (Pippo Delbon et Arsinee Khanjian) et un gamin palestinien fantasmé...

Quelques personnages secondaires traversent également le film... tout comme le contexte politique... puisque la fin est reliée à l'assassinat de Yitzhak Rabin intervenu le 5 novembre 1995...

Bref un film mal foutu malgré quelques scènes d'émotion entre les trois actrices...

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Queen and country" : so british !

John Boorman a attendu d'avoir 81 ans pour donner une suite à "Hope and Glory" où il retraçait ses jeunes années dans un Londres frappé par le Blitz !

"Queen and country" raconte les amours naissantes de Bill (18 ans), double du cinéaste incarné par un charmant Callum Turner, au moment où la reine Elisabeth II accède au trône

Nous sommes en 1952 et le jeune homme accomplit son service militaire en tant qu'instructeur dans un camp d'entrainement pour jeunes soldats anglais en partance pour la Corée

Il se lie d'amitié avec un fauteur de troubles Percy (étonnant Caleb Landry Jones) et les deux complices n'ont de cesse que de jouer les pires tours au psychorigide sergent major Bradley...

Classique dans sa forme, le film est fragile et émouvant dans sa trame même si tous les personnages sont un peu caricaturaux : les sous officiers et les officiers sont tous confits dans leur patriotisme étroit, les infirmières ont la cuisse légère mais le cœur généreux; les héroïnes sont neurasthéniques, les sœurs aînées sont vaguement incestueuses, les conscrits ont de l'humour (british of course)...

Dommage, dommage..

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Voir "Les souvenirs" et passer un joli moment

Jean-Paul Rouve adapte le roman de David Foenkinos dans un film modeste où les personnages nous parlent des choses simples de la vie !

Évoquer des souvenirs, partager un repas de fête, prendre la route, voir la mer...

Le casting est à la hauteur de la complicité intergénérationnelle que prône le scénario !

Annie Cordy incarne avec talent une grand mère de 86 ans qui trouve dans la gentillesse de son petit fils Romain (excellent Mathieu Spinosi) des raisons pour continuer de sourire à la vie même si ses trois grands balourds de fils l'ont installée dans une maison de retraite à la mort de son mari !

Les personnages secondaires sont brossés à touches légères : le patron de l'hôtel (Jean Paul Rouve) qui emploie Romain parce que son fils est loin, le colocataire (William Lebghil) obsédé par ses conquêtes féminines, la gérante de la maison de retraite (Audrey Lamy) qui virevolte sur ses hauts talons, le caissier d'une station service (Daniel Morin) qui délivre ses oracles à ses clients de passage tel une pythie qui s'ignorerait...

Il est également question dans ce film de la dépression post retraite (Michel Blanc joue les grognons), de la fatigue des couples qui abordent la soixantaine (délicieuse Chantal Lauby)...

A voir pour le duo craquant grand mère / petit fils !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Loin des hommes" : un film qui fait réfléchir sur notre récente actualité

David Oelhoffen nous raconte le destin de deux hommes pris dans le filet de l'Histoire...

Nous sommes dans l'hiver 1954 sur les plateaux de l'Atlas...

Daru (intense Viggo Mortensen) fait la classe à des petits arabes...

Dans cette Algérie qu'il considère comme la sienne, l'instituteur d'origine espagnole n'a jamais vraiment été accepté... "Pour les français, on était des arabes se souvient-il et maintenant pour les arabes, on est des français"

Un gendarme demande à Daru d'escorter jusqu'à la ville voisine Mohamed (formidable Reda Kateb) accusé du meurtre de son cousin...

Mohamed est esclave de rites et de coutumes dont il n'ose se défaire... il accepte son sort d'être livré aux français pour éviter une guerre de clans meurtrière...

Les deux hommes prennent la route dans un superbe panorama aride aux tons terre de Sienne...

Daru mène, Mohamed suit comme voûté par son impuissance à se libérer au sens propre et figuré...

Ils seront poursuivis par des villageois revanchards réclamant la loi du sang, ils seront rattrapés par des groupes armés auteurs des premiers troubles qui dégénéreront en une guerre sans nom...

Daru qui avait choisi l'exil pour oublier la violence de la guerre et le décès de sa femme, bascule à nouveau dans la réalité quand il se voit contraint de tuer un homme puis de choisir son camp, comme lui explique un ancien compagnon de combat...

Mohamed, subjugué par le courage et la bienveillance de Daru va peu à peu se remettre debout...

Le film est superbe de bout en bout et les dernières images sont tout simplement magnifiques !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Contrairement aux critiques, je ne recommande pas  "A most violent year"

Les critiques encensent le film de J.C. Chandor (réalisateur de Margin Call) mais je suis restée de marbre devant ce polar lent (2h05) et bizarrement démodé...

Dans le New York impitoyable des années 80, le film raconte l'histoire d'un petit patron Abel Morales (Oscar Isaac) qui tente de s'enrichir légalement...

Le décor est léché jusqu'aux friches industrielles du New Jersey qui ne dépareraient pas l'oeuvre d'Edward Hopper...

Les héros sont campés dès les premières images et ne se départissent guère de leur archétype...

Abel Morales dans son impeccable manteau beige est honnête, ferme mais gentil, il pardonne, il est parfait et d'ailleurs il va sortir triomphalement mais modestement de sa lutte contre les méchants...

Anna (Jessica Chastain), fille repentie d'un escroc notoire ne peut toutefois renier ses origines...

Les juifs ont beaucoup d'argent, les émigrés paumés n'ont pas de morale....

Dommage que tant de clichés nuisent à la réussite de ce film au scénario prometteur !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Timbuktu" : un désert brûlant d'actualité

En écho à la guerre du Mali, le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako dénonce la barbarie !

En avril 2012, la ville de Tombouctou tomba aux mains des djihadistes qui soumirent la population à la loi islamique jusqu'à l'intervention des militaires français et maliens en janvier 2013.

Dès les premières images, le réalisateur nous plonge dans la terreur ordinaire : une antilope est poursuivie par des djihadistes en jeep qui tentent de la tuer... des masques africains sont fracassés par les balles barbares...

Les extrémistes religieux rognent toutes les libertés : quand les femmes voilées contre leur gré doivent mettre des gants et des chaussettes, quand les jeunes garçons n'ont pas le droit de jouer au foot et quand gratter une guitare devient un crime...

La population résiste et les plus courageux bravent les interdits quitte à se retrouver devant des tribunaux improvisés qui rendent chaque jour des sentences absurdes et tragiques : coups de fouet, lapidation...

Kidane (somptueux Ibrahim Ahmed) mène une vie simple et paisible sous la tente avec sa femme Satima (magnifique Toulou Kiki), sa fille chérie Toya et le petit berger Issan qui garde son troupeau de vaches...

Dans le féerique décor de dunes, la tragédie s'invite quand Kidane tue accidentellement le pêcheur Amadou qui s'en est pris à GPS (sic), sa vache préférée qui vagabondait...

Au-delà de la violence, le film est une ode à l'amour, à la beauté, au raffinement et à l'humour !

A voir absolument pour perpétuer l'esprit "Je suis Charlie"

Voir les commentaires