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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes !

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"A trois on y va" : une bluette dans l'air du temps

Jérôme Bonnell s'intéresse aux histoires de coeur et de sexe des trentenaires...

Après "Temps de l'aventure" avec une Emmanuelle Devos flottante (voir critique), le réalisateur installe sa caméra près de Lille et suit le marivaudage de Charlotte (intéressante Sophie Verbeeck), Micha (enfantin Félix Moati) et de la meilleure amie Mélodie (faussement candide Anaïs Demoustier)...

Le jeune couple hésite à s'engager (ils viennent quand même de signer l'achat d'une maison...), Charlotte trompe Micha avec Mélodie et Micha craque pour Mélodie...

Ils se bécotent, s'envoient des SMS, se cachent...

Ils se disent amoureux, pleurent pour un rien, changent d'avis à chaque rencontre...

Un couple de cousins qui se marie est décrit comme ringard ?

Les trois finissent d'ailleurs par y aller ensemble en s'offrant une échappée en bord de mer...

Le film est joli et totalement gratuit...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Poésie ?" : Fabrice Luchini nous enchante au théâtre des Mathurins

Comme chaque année, le spectacle de Fabrice Luchini fait salle comble...

Le comédien arrive tout habillé, comme essoufflé d'une longue marche, s'assoit dans un confortable fauteuil de cuir et nous confie son amour pour la langue française...

Il a choisi Cioran et Valéry pour nous parler de poésie...

Il récite par cœur le bateau ivre de Rimbaud tout en se déshabillant et nous berce sur son phrasé si particulier : nous sommes en pleine tempête sur le bateau ivre, nous voyons la course des nuages violets, nous entendons le vent dans les voiles... c'est tout à fait fabuleux...

Il n'oublie pas de faire un petit détour chez La Fontaine avec une fable peu connue qui raisonne d'actualité...

Fabrice Luchini remonte les manches de sa chemise et ose quelques confidences sur le début de sa carrière, sa rencontre avec Rohmer, l'amitié avec Michel Bouquet...

Le spectateur ne le quitte plus des yeux, boit ses paroles, voudrait qu'il ne s'arrête jamais...

Il convie Baudelaire, Molière, Flaubert, Labiche... la poésie s'incarne dans les textes que l'on redécouvre émerveillé...

Fabrice Luchini est un magicien !!!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Ancien malade des hôpitaux de Paris" : un monologue endiablé

Olivier Saladin, ex complice des Deschiens et des Deschamps et docteur Pluvinage, médecin légiste dans la série Boulevard du Palais - interprète au théâtre de l'Atelier, la nouvelle éponyme de Daniel Pennac que ce dernier qualifiait de monologue gesticulatoire...

Le docteur Galvan, jeune interne est de garde cette nuit là au CHU...

Il rêve à son avenir radieux à l'instar de celui de son père et de ses grands pères... en forme de carte de visite...

Les urgences ne désemplissent pas, la nuit est longue, les patients succèdent aux patients...

La garde du docteur Galvan vire au cauchemar quand un malade se met à présenter une série de symptômes intéressant tour à tour les différentes spécialités de la médecine hospitalière...

Incarnant tout à la fois le docteur Galvan, les mandarins, les infirmiers...Olivier Saladin change de voix et de silhouette, nous entraînant dans la folle course du chariot dans les couloirs ripolinés de l'immense bâtiment...

Je ne vous en dirai pas plus... il faut aller voir ce conte médical délirant sur la vocation médicale, en suivre les cocasses rebondissements et en rire jusqu'à la chute qui nous emballe !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Big eyes" : Tim Burton aurait pu faire mieux !

Tim Burton signe ici un film classique et lisse à l'image des années 60...

Big eyes est l'histoire vraie de Margaret Keane, aujourd'hui toujours vivante, qui peint des enfants aux grands yeux tristes...

Margaret (Amy Adams) quitte un premier mari avec sa fille sous le bras...

Installée à San Francisco, elle peine à vendre ses œuvres... et gagne sa vie en croquant des enfants sur le vif pour un dollar...

Elle rencontre Walter Keane (Christoph Waltz), un artiste qui s'est spécialisé dans les rues de Montmartre...

Walter la félicite sur ses créations.. lui fait la cour puis l'épouse...

Virtuose de la mise en scène publicitaire, il expose ses toiles et celles de son épouse dans le couloir d'une boîte de nuit...menant aux toilettes...

Une rixe avec le gérant de la boîte de nuit fait venir la presse en la personne d'un journaliste qui découvre les enfants aux grands yeux tristes signés du nom de Keane (que Margaret a adopté le lendemain de son mariage !)... et en parle...

Les curieux affluent dans la boîte de nuit et sous la pluie des compliments, Walter s'attribue tout naturellement les tableaux de Margaret...

Commence alors l'une des plus grandes impostures de l'histoire de l'art...

Margaret se résoud à s'effacer devant l'aplomb de son mari qui lui affirme que les tableaux des femmes peintres ne se vendent pas... et qu'ils ont besoin d'argent...

Les Big eyes vont connaître un effet de mode phénoménal qui va révolutionner le commerce de l'art avec notamment la vente de posters et de cartes postales...

Le couple devient richissime, Walter se révèle menaçant tandis que Margaret, enfermée dans son atelier, peint à la chaîne dans le secret le plus total...

Elle finit tout de même par se révolter le jour où elle découvre que les tableaux montmartrois de Walter ont été "empruntés" à un autre... et le quitte avec sa fille sous le bras...

Le côté léché de l'image retrace bien l'ambiance de l'époque mais l'alchimie entre les deux comédiens ne prend pas...

Amy Adams est trop soumise pour être vraie et Christopher Waltz en fait des tonnes au risque de passer pour le comique de service...

Le spectateur passe un bon moment mais le cinéphile aurait aimé plus d'audace et une meilleure direction d'acteurs de la part du grand Tim Burton ?!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Tu dors Nicole" : un navet encensé par la critique

Le réalisateur québécois Stéphane Lafleur nous fait vivre l'été des 22 ans de son héroïne Nicole (Julianne Côté)...

Profitant de la maison familiale en l'absence de ses parents, Nicole partage son temps entre les virées chez le glacier avec sa meilleure amie Véronique et son boulot chez Emmaüs...

Le film en noir et blanc s'étire comme l'ennui de Nicole et comme celui du spectateur...

Au secours, il ne se passe rien !!!

Stéphane Lafleur n'est pas Antonioni et la jeune Nicole n'a pas la classe de Monica Vitti...

Les personnages secondaires comme son frère aîné qui vient squatter la maison avec son groupe de musique pour enregistrer un album sont totalement sans intérêt...

Le pire étant un jeune garçon de 10 ans dont Nicole est la baby sitter : Martin qui a mué très tôt, lui déclare sa flamme ???...

Télérama parle d'un récit initiatique, d'une grande enfant enfermée dans un corps d'adulte, d'une "Frances Ha" québécoise ???

Ce film est mortellement ridicule...

Courez voir ou revoir "Frances Ha" !!!!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Le faussaire" : un documentaire fascinant

Sam Cullman et Jennifer Grausman ont filmé au plus près Mark Landis, faussaire de génie qui a dupé près de 50 conservateurs de petits musées aux Etats Unis et à la personnalité duquel l'on ne peut s'empêcher de s'attacher...

Mark Landis a aujourd'hui 60 ans ; il a été diagnostiqué schizophrène à 17 ans à la mort de son père, en fait il serait bi-polaire...

Mark Landis vit dans l'appartement de sa mère décédée en 2012, appartement qu'il a transformé en caverne d'Ali Baba...

La TV toujours allumée, il se nourrit de feuilletons et de barquettes alu qu'il réchauffe au micro-ondes...

Du matin au soir, Mark Landis peint en "recopiant" les tableaux des plus fameux impressionnistes ou les fusains de Watteau... Mark Landis est un génie, il peut imiter tous les styles avec une facilité bluffante...

Mark Landis n'est pas un escroc ordinaire puisqu'il ne tire aucun avantage financier à sa pratique de faussaire : c'est un donateur "philanthrope" qui dupe des professionnels...

La caméra suit l'homme voûté aux oreilles de chou du magasin de bricolage où il achète son matériel à ses divers rendez-vous avec ses "clients", en passant par la case hôpital puisque Mark Landis observe strictement son traitement...

L'homme au regard doux et au parler hésitant nous séduit tel "Rainman"...

Mark Landis a du mal à sortir de l'enfance, à vivre sans ses parents... " C'est rassurant de copier" dit-il, "ça me rappelle l'enfance"

Le documentaire nous fait revivre toute l'enquête qui permettra de le confondre...

En 2007 Mark Landis propose au musée d'Oklahoma City plusieurs œuvres dont une toile de Paul Signac, un autoportrait de Marie Laurencin et un dessin de Daumier

Matthew Leininger fait faire des recherches à son équipe et découvre que la scène de port de Signac ressemble à celle offerte au musée de Savannah College...

Le conservateur devient obsessionnel de Mark Landis : il consacre tout son temps à poursuivre ses recherches et découvre que Landis a trompé plus de 45 musées dans 19 villes différentes... au point de se faire remercier...

Le plus dérangé n'est peut-être pas celui qu'on croit !

L'enquête se poursuit et les différentes identités sous lesquelles Mark Landis opérait sont tour à tour découvertes...

Aucun musée n'a souhaité toutefois le poursuivre... et le documentaire prend fin sur une exposition des œuvres connues de Mark Landis à Cincinnati du 1er avril au 20 mai 2012....

Mark Landis, bien que très nerveux à l'idée de se rendre sur place, conquiert les organisateurs et les visiteurs de l'exposition avec une désarmante assurance !!!

"Le faussaire " un documentaire dans la veine de "A la recherche de Vivian Maier" à voir de toute urgence d'autant qu'il n'est programmé que dans deux salles à Paris dont le studio Galande !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"On ne se mentira jamais" : une comédie piquante sur le couple

Eric Assous, l'auteur de la pièce à succès "Nos femmes" encore à l'affiche avec Richard Berry et Jean Reno, signe au théâtre de La Bruyère un dialogue efficace sur le mensonge conjugal !

Serge (Jean Luc Moreau) et Marianne (délicieuse Fanny Cottençon), mariés depuis 25 ans sont heureux jusqu'au jour où Marianne a un accrochage automobile sans gravité...

La carte de visite du conducteur adverse au nom de Clébard va la renvoyer 25 ans en arrière quand une Sophie Clébard était la voisine de palier de son futur mari...

Marianne n'a de cesse d'interroger son mari qui lui avait promis qu'il n'y avait rien eu entre eux à l'époque...

Quand l'intuition et la jalousie féminines rencontrent la fatuité et la lâcheté masculines....

Tout un programme mais surtout tout un désastre : le château de carte bâti sur les névroses

ordinaires ne résiste pas à la vérité qui, comme l'énonce le proverbe, n'est pas toujours bonne à dire !

De bons dialogues, des comédiens complices, des rebondissements... que demander de plus ?

Le propos est certes moins subtil et surtout moins "moderne" que dans "Nos femmes" mais le spectateur ne boude pas son plaisir jusqu'à la chute qui renvoie les personnages à leur histoire personnelle...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Voir "Un homme idéal" pour Pierre Niney

Le film de Yann Gozlan nous raconte la vie de Mathieu (excellent Pierre Niney) qui aspire à devenir un auteur reconnu.. .En attendant il gagne sa vie comme déménageur...

Son destin bascule le jour où il découvre dans la chambre d'un vieil homme solitaire récemment décédé, un manuscrit recouvert de poussière...

Il s'en empare et le dévore : l'homme y raconte sa guerre d'Algérie dans un style sec et efficace...

Mathieu hésite puis finit par s'en emparer en signant le texte de son nom...

La réaction de l'éditeur ne se fait pas attendre... le succès est là, immédiat, immense... Le livre "Sable noir" décroche le prix Renaudot...

La critique s'étonne un peu que ce jeune homme de 26 ans ait été capable d'écrire avec autant de force et d'authenticité le journal de guerre d'un appelé en Algérie... mais la fièvre médiatique s'emballe, Mathieu court les cocktails, multiplie les signatures et séduit Alice (belle Ana Girardot), fille de grands bourgeois qui l'emmène dans la somptueuse villa de ses parents (André Marcon et Valena Cavalli) au bord de la Méditerranée...

La référence à "Plein soleil" est évidente : le héros fiévreux nous fait penser à Alain Delon...

Comme dans le film de René Clément, le temps va se gâter car l'éditeur attend le second livre promis par Mathieu mais dont Mathieu n'arrive pas à écrire la première ligne...

Le piège se resserre quand le fils d'un ami du vieil homme le fait chanter et quand l'ami d'enfance d'Alice s'étonne que Mathieu ne connaisse pas mieux l'Algérie...

Le scénario jusqu'ici crédible tombe très vite dans l'excès et Mathieu va plonger dans une spirale mensongère qui l'amène au meurtre...

Encore "Plein soleil" mais Yann Gozlan n'est pas René Clément et les personnages secondaires du film n'arrivent pas à la cheville de Marie Laforêt ni de Maurice Ronet...

Pierre Niney nous émeut par sa fragilité de faon mais il lui manque un partenaire à la hauteur de Guillaume Gallienne !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Crosswind - la croisée des vents" : un film manifeste

Le jeune réalisateur estonien de 27 ans Martti Helde se sert de l'esthétisme comme d'une arme pour dénoncer l'épuration ethnique des pays baltes en 1941...

Sur ordre de Staline, 10 000 estoniens furent arrachés à leurs foyers, à leur famille, à leur pays et condamnés à la déportation en Sibérie... Plus de la moitié de ces prisonniers ne revinrent jamais...

Parmi eux, nous suivons Erna, une jeune mère envoyée avec sa fille en pleine forêt aux alentours de Novossibirsk... Durant des années, elle écrit à son mari, déporté dans un autre camp de travail... Elle lit à haute voix les lettres qui racontent son quotidien... à celui qu'elle ne désespère pas de retrouver...

L'actrice Laura Peterson qui incarne Erna crève littéralement l'écran...

La caméra tourne autour des personnages figés comme dans des cartes postales de l'horreur ordinaire et nous happe de scène en scène, ne nous épargnant rien... La caméra nous donne le temps de rentrer littéralement dans le décor pour mieux nous solidariser avec ces femmes et ces hommes qui connurent la faim, la peur, le froid, la torture et la mort... Et c'est très efficace...

Seuls les flash backs de la vie d'avant joyeuse mais comme déjà marquée par la mélancolie, où les acteurs bougent, nous permettent de reprendre notre respiration avant de replonger dans la sidération des 30 tableaux fixes en noir et blanc.. qui dénoncent une page de l'histoire de ce peuple dont l'indépendance proclamée le 24 février 1918 fut si longtemps confisquée par son trop puissant voisin... et dont l'avenir proche pourrait ressembler à celui de l'Ukraine...

A voir absolument par devoir de mémoire et pour garder les yeux ouverts !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
"Le Système" une pièce savante et brouillonne...

Didier Long met en scène au théâtre Antoine une page de l'histoire de France, la régence de Louis XV, qui n'est pas sans rappeler les dérives financières de notre époque...

Nous sommes en 1715, Louis XIV vient de mourir, Louis XV, arrière petit fils de Louis XIV est trop jeune pour régner, Philippe d'Orléans neveu de Louis XIV est nommé régent par le Parlement, l'état français est ruiné...

Un mathématicien surdoué, l'écossais John Law (fiévreux Lorant Deutsch) se présente à la cour pour sauver la France de la faillite... Il convainc le Régent (Urbain Cancelier) et ce, contre l'avis du fermier général Pâris (Eric Métayer), d'adopter son Système ; créer une banque qui émet du papier monnaie contre de l'or et prête à l'Etat le métal récolté.

Séduit par l'audace du financier, le Régent autorise en 1716 l'ouverture de la Banque générale qui deviendra la Banque Royale en 1718...

L'opération démarre bien mais la banque reste fragile pour faire face face à d'éventuelles demandes de reconversion de ses billets...

Pour aller plus loin, John Law met en place un système encore plus audacieux qui préfigure la dématérialisation de l'argent...

En 1717, il fonde la Compagnie d'Occident qui obtient le monopole du commerce avec la Louisiane. En 1719, il y réunit d'autres sociétés de commerce pour créer la Compagnie perpétuelle des Indes. Les actions de sa compagnie peuvent être souscrites par apports de rentes sur l'Etat ou par paiement comptant et la Banque accepte de prêter des billets à cette fin...

L'opération est bien menée, le cours des actions s'envole et la cadence d'émission des billets s'accélère mais la réalité des mines d'or du Mississippi est mise en doute...

La confiance n'est plus là, la spéculation se retourne, les détenteurs de billets et d'actions sont ruinés, John Law qui avait été nommé contrôleur général des Finances en 1720, s'enfuit !

La pièce retrace la confusion de cette période et nous plonge dans l'ambiance de la cour de l'époque : le Régent, grand travailleur et dirigeant éclairé, habilement conseillé par l'abbé Dubois, son ancien précepteur (excellent Stéphane Guillon) est en réalité un libertin, mal marié à Françoise Marie de Bourbon (fille de Louis XIV), qui s'étourdit en orgies et passe toutes ses nuits auprès de sa maîtresse (Marie Bunel)... Il tient tête à sa mère la princesse palatine Elisabeth Charlotte de Bavière (amusante Sophie Barjac) et impose à tous "l'As" John Law...

Malgré l'intérêt du sujet et la perspective historique, la pièce sonne malheureusement un peu creux, les comédiens sont peu crédibles : on regrette Philippe Noiret dans le rôle du dit Régent dans le film "Que la fête commence", le propos est dilué dans une mise en scène qui veut tout embrasser sans nous étreindre...

Dommage, dommage, l'ambition est là mais la mayonnaise ne prend pas !!!

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