Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes !

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Julieta" : Almodovar au sommet de son art !

Après Les amants passagers, Pedro Almodovar retrouve la veine de ses grands films et gagne en maturité...

Il s'inspire de trois nouvelles d'Alice Munro qu'il a mises bout à bout et qu'il a transposées à Madrid pour nous raconter une histoire de transmission...

Nous découvrons Julieta (formidable Emma Suarez), une belle femme dans la cinquantaine qui s'apprête à quitter Madrid pour suivre son compagnon au Portugal...

Elle rencontre dans la rue Béa (Michelle Jenner), une jeune femme qui fut l'amie de sa fille Antia, disparue de sa vie depuis des années...

Bouleversée par cette rencontre, Julieta décide de ne plus partir et d'écrire à sa fille tout ce qu'elle lui a tu jusqu'à ce jour...

Le film nous ramène dans le train où Julieta (délicieuse Adriana Ugarte) a connu Xoan (séduisant Daniel Grao), le futur père d'Antia...

Le scénario brillant nous dévoile scène après scène, flash back après flash forward l'histoire de ces trois-là qui avaient tout pour être heureux jusqu'à la disparition de Xoan en mer alors que sa fille était en colonie de vacances...

Le mensonge par omission, la culpabilité, les non dits, les secrets, les rancunes tricotent et détricotent les magnifiques personnages de femmes qui habitent ce film : Julieta à 30 ans et Julieta à 50 ans, Ava (magnifique Inma Cuesta), l'amie sculptrice de Xoan, Béa et Antia amies inséparables depuis cette fameuse colonie de vacances, Marian (extraordinaire Rossy de Palma), gouvernante au grand cœur qui veille jalousement sur Xoan...

Le film est élégant, intelligent, grave, tendre, presque suave...

Almodovar, comme apaisé, nous fait aimer ces femmes et les hommes qui gravitent autour d'elles pour mieux les magnifier dans leur écrin de féminité...

A voir et à revoir !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Joyeuse fête des mères" : un film anti-morosité !

Garry Marshall, réalisateur du cultissime Pretty Woman, réunit une pléiade d'acteurs pour célébrer les mères...

En couple ou séparées, courageuses, maladroites et touchantes, toutes les mères se réjouissent et appréhendent le jour ô combien particulier de la fête des mères !

Sandy (Jennifer Aniston) ne veut pas partager sa journée de fête des mères avec Tina (Shay Mitchell), la nouvelle jeune épouse de Henry (Timothy Oliphant) son ex-mari !

Bradley (Jason Sudeikis), veuf et père de deux adolescentes ne veut pas marquer le jour de la fête des mères car il ne se remet pas de la mort de son épouse en service commandé...

Jesse (Kate Hudson) ne veut pas appeler sa mère à laquelle elle a caché son mariage avec un médecin indien dont elle a eu un enfant !

Gabi (Sarah Chalke), la sœur de Jesse, a également caché à ses parents texans traditionnels son mariage avec une jeune femme !

Quant à Kristin (Britt Robertson), elle ne veut pas épouser Zack (Jack Whitehall), le père de sa petite fille car elle est une enfant adoptée et redoute de rencontrer sa mère biologique... incarnée par Miranda (Julia Roberts), vedette d'une émission commerciale qui vend des bijoux !

Le film est américain en diable avec des enfants rois qui jouent au football, des soirées karaoké, des visites au supermarché...

Tout ce petit monde n'a pas de problème d'argent, habite de belles maisons et conduit des 4x4...

Mais le film est bien fait, pose mine de rien les bonnes questions et la magie des réconciliations traitées avec beaucoup d'humour opère souvent !

A voir pour passer un bon moment de cinéma !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
Seydou Keïta : un portraitiste de génie !

Le Grand Palais nous transporte au Soudan dans les années 1950 et nous fait découvrir l'oeuvre incomparable d'un photographe autodidacte : Seydou Keïta !

Son oncle, qui lui a offert avant-guerre un appareil Kodak brownie, a déclenché sa vocation !

Autodidacte, il bénéficie des conseils de son voisin Mountaga Dembélé, photographe et instituteur malien de l'entre deux-guerres et de la fréquentation du magasin-studio photo de Pierre Garnier...

Le "studio" de Seydou Keïta se compose de sa pièce de vie d'une vingtaine de mètres carrés et de la cour attenante où il réalise la plupart de ses prises de vue à la lumière naturelle !

Ses portraits saisissants de vie séduisent très vite la jeunesse urbaine de Bamako qui devient sa principale clientèle...

Keïta devient célèbre grâce à son sens de la mise en scène, de la pose et à la qualité inouïe de ses tirages !

Il réalise l'essentiel de ses portraits en une seule prise, à la chambre 13x18, qu'il développe par contact au même format...

Le succès de ses portraits vient également également des nombreux accessoires mis à disposition de ses clients : costumes européens, chapeaux, cravates, montres, bijoux, Vespa et même sa 203 dont il était très fier ...

Les clichés de Seydou Keïta marquent la fin de l'époque coloniale où les "indigènes étaient représentés comme des "échantillons anthropologiques" et ouvre l'ère d'une photographie africaine qui tient à affirmer son identité et sa modernité - en présentant ses modèles de trois- quarts !

Keïta, qui a réalisé plusieurs milliers de photos, est aujourd'hui considéré comme l'un des grands portraitistes de la seconde moitié du XXe siècle...

Il a pris sa retraite en 1977, après avoir été nommé photographe officiel du gouvernement du Mali devenu indépendant en 1962 !

L'oeuvre de Seydou Keïta est exposée pour la première fois à Paris en 1994, dans le cadre du "Mois de la photo" à la fondation Cartier !

Cette exposition présente pour la première fois un important ensemble de tirages argentiques modernes - réalisés de 1993 à 2011 et signés par Keïta ainsi que des tirages argentiques d'époque retrouvés en plus ou moins bon état, et pour certains colorisés !

Un film témoignage complète le parcours et nous fait découvrir l'artiste dans son studio !

A voir pour être totalement subjugués par ce photographe qui eut six épouses et vingt et un enfants !!!

Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta
Seydou Keïta

Seydou Keïta

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Café Society" : quand Allen fait du Woody !

Woody Allen retrouve avec ce film l'ADN jazzy new-yorkais qu'il avait abandonné dans son dernier opus L'homme irrationnel !

Le film est élégant, brillant, sophistiqué...

Le jazz des années 30 est planant...

Le nouveau clone de Woody : Jesse Eisenberg (Bobby) joue à merveille de sa fausse naïveté...

La nouvelle égérie d'Allen : Kristen Stewart (Vonnie) est délicieuse...

Café Society se laisse regarder sans déplaisir comme un livre d'images sépia mais on regrette la force et le brio d'un Blue Jasmine !

J'espère Woody que tu feras un effort l'année prochaine pour que j'ai encore plus envie d'aller te voir l'année suivante !

Sans rancune !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Un homme à la hauteur" : un joli film sur le droit à la différence

Je craignais le pire mais j'ai été conquise par ce film sans prétention réalisé par Laurent Tirard !

Le réalisateur nous raconte l'histoire d'amour improbable entre Diane, une avocate de 1m75 et Alexandre, un riche et bel architecte de 1m36 !

Les acteurs sont sobres, sensibles et excellents : Virginie Efira, Jean Dujardin et Cédric Kahn (l'ex mari de Diane)...

L'intrigue avance sur un scénario bien construit auquel viennent se greffer de vraies trouvailles de situation tragico-comiques !

Le spectateur passe un bon moment même s'il se demande durant tout le film si une idylle comme celle-là serait possible dans la vraie vie !

Mais c'est justement tout le charme du cinéma de savoir nous étonner !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Ma loute" : à fuir absolument :((((

Mais que sont allés faire dans ce film complètement glauque, les grands acteurs que sont Fabrice Luchini, Juliette Binoche et Valeria Bruni Tedeschi ???

Dès les premières images, le ton est donné : les personnages sont outrés, grotesques, inintéressants... les relations entre eux sont ridicules, les scènes sont pathétiques...

Bruno Dumont, nouvelle coqueluche des média qui a, parait-il, découvert la farce dans sa série Le P'tit Quinquin, a réalisé un film qui se veut burlesque mais qui n'est pas drôle du tout !

Au secours, fuyons ! Je suis pour ma part partie au bout d'une heure !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Money monster" : un bon thriller d'investigation signé par Jodie Foster

Avec ce film, Jodie Foster propose sa vision sur les liens consanguins entre la "méchante" finance et les média !

Professionnelle jusqu'au bout des ongles, la réalisatrice fait monter le suspense pour mieux nous scotcher à nos fauteuils de spectateurs critiques ! C'est redoutablement bien ficelé !

Lee Gates (formidable George Clooney) est l'animateur de Money Monster, un show télévisuel financier... Il traite l'information comme un entertainment, n'hésitant pas à entrer sur le plateau déguisé en boxeur !

Petty Fenn (formidable Julia Roberts) est la productrice de l'émission dans laquelle elle coache avec plus ou moins de succès son poulain qui cabotine...

La belle mécanique se grippe lorsque le plateau est envahi par Kyle (tout aussi excellent Jack O'Connel), petit porteur ruiné par les conseils de Lee, qui vient réclamer justice : il veut savoir ce qui s'est passé au-delà du bug informatique derrière lequel se cache le patron de la grande compagnie dont les actions se sont effondrées...

Le film est passionnant car il nous montre comment sous pression, les différents personnages quittent leurs masques pour redécouvrir la ténacité et les valeurs du journalisme d'investigation !

A voir absolument !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
"Fashion Forward" : 3 siècles de mode aux Arts décoratifs

L'exposition réunit 300 pièces de mode féminine, masculine et enfantine du XVIIe siècle à nos jours, issues du fonds du musée et regroupées pour dessiner une frise chronologique !

J'avoue avoir préféré les créations de nos grands couturiers modernes et plus particulièrement Dior !

1715-1740

La robe de la fin du règne de Louis XIV, persiste sous diverses formes jusque sous Louis XVI comme grand habit, c’est-à-dire vêtement de cérémonie officielle. L’étiquette devenant moins stricte sous la Régence de Philippe d’Orléans, le choix des élégantes se porte pour leur quotidien sur la robe volante ou battante qui apparaît en ce début de XVIIIe siècle. Objet de scandale, en raison de son inspiration issue des tenues d’intérieurs portées dans l’intimité comme la robe de chambre, la robe volante connaît un véritable succès. Portée sur un panier circulaire, cette robe n’est qu’à demi fermée sur le devant laissant voir le corps à baleine. Elle se caractérise par des soieries à grands rapports de dessins, des manches dites en raquette et surtout par des plis dans le dos partant de l’encolure connus aujourd’hui sous le nom de « plis à la Watteau ». Les souliers possèdent un talon haut et très incliné en avant sous Louis XV, de cuir blanc pour les tenues courantes et en soie lorsqu’elles sont portées à la cour, avec des broderies sur l’empeigne.

La garde-robe masculine conserve du règne de Louis XIV, le justaucorps, la veste et la culotte qui prennent le nom d’habit à la française sous le règne de Louis XV. Durant la Régence, le justaucorps se modifie quelque peu par l’élargissement de ses basques par des plis multiples lui donnant une forme juponnée. Les manches ont de grands parements ouverts, arrondis ou droits. D’abord employées pour les vestes, les soieries façonnées à grand rapports de dessin sont progressivement remplacées par des décors brodés. Peu à peu, la perruque masculine perd de son ampleur, change de forme et se simplifie en postiche poudré noué parfois en catogan.

1740-1774

La robe volante disparaît faisant place à la robe à la française. Composée d’un manteau ouvert sur une pièce d’estomac et une jupe assortie, la robe à la française conserve de la mode précédente les « plis à la Watteau » dans le dos ainsi que le panier qui prend une forme ovale. Contrairement à la robe volante, le corsage durant cette période est ajusté sur le devant et sur les côtés. L’ornementation, rapportée tout autour de l’ouverture du manteau et sur la partie visible de la jupe, est faite de bouillonnés variés et de falbalas. Les manches sont dites « en pagode » auxquelles on fixe des engageantes amovibles de dentelle ou de mousseline de coton brodé.

Pour l’homme, l’habit à la française, composé de l’habit, du gilet et de la culotte, perd de son ampleur vers le milieu du XVIIIe siècle. Les pans de devant de l’habit, prennent une coupe oblique vers 1760 et les parements des manches diminuent et se ferment. Le gilet qui se substitue à la veste, se porte plus court que l’habit. A partir de 1745, la culotte passe par-dessus le bas et est ajustée au-dessous des genoux par des jarretières.

1774-1789

La robe à la française qui subsiste tout au long du règne de Louis XVI, prend progressivement la place du grand habit lors des cérémonies officielles et devient alors une tenue d’apparat. La mode féminine a tendance en ce dernier quart du XVIIIe siècle à se simplifier. D’une part les femmes cèdent à l’anglomanie en adoptant la robe–redingote et la robe à l’anglaise apparue à la fin des années 1770. Cette dernière se caractérise par un corsage ajusté dans le dos et baleiné aux coutures. Les formes se diversifient très rapidement et l’on voit apparaître la robe à la polonaise, à la circassienne, à la turque, à la levantine… toutes influencées par un exotisme plus ou moins lointain. Mais l’une des modes les plus scandaleuses est initiée par la reine elle-même. A la recherche de confort et de simplicité, Marie-Antoinette adopte à partir de 1778 une robe chemise de coton blanc qui évoque les pièces de lingerie et se fait représenter dans cette tenue en 1783 par madame Vigée-Lebrun. Le tableau est alors vivement critiqué lors du salon de la même année. Cette fin de siècle voit aussi le développement des marchandes de mode dont l’un des personnages emblématique reste Rose Bertin qui fournissait certaines personnalités de la cour dont Marie-Antoinette. Les femmes complétaient leurs toilettes de coiffures plus extraordinaires les unes que les autres, comme les coiffures à la Belle Poule ou les Poufs au sentiment. Ces extravagances capillaires pouvant atteindre des hauteurs incroyables suscitèrent la verve des caricaturistes.

L’habit à la française, sous Louis XVI, garde sa structure traditionnelle mais prend un caractère plus cérémoniel dans le troisième quart du XVIIIe siècle. Il est alors plus ajusté et les pans de devant glissent vers l’arrière préfigurant l’habit dégagé. Le col est droit et commence à devenir de plus en plus haut. Le gilet adopte quant à lui une forme droite, et perd définitivement ses basques.

1789-1799

La Révolution française eut pour principale conséquence de supprimer les codes vestimentaires de l’Ancien Régime. Cette période voit aussi le développement d’une presse spécialisée en matière de mode. Le concept de cour ayant disparu, les habits de cérémonie n’ont plus lieu d’être. Les femmes rejettent alors les paniers et le corps à baleines et cèdent totalement à l’anglomanie avec les robes-redingotes et les robes à l’anglaise. L’allure devient alors négligée alors que chaque élément de la garde-robe se voit baptisé d’une dénomination à caractère politique, comme le bonnet à la Bastille. Le seul moyen qu’ont les femmes fortunées pour se distinguer demeure le renouvellement rapide de la mode. Très vite, le modèle antique s’impose en politique comme en mode avec le port d’une robe-tunique blanche, en cotonnade, à manches courtes et à taille haute, portée avec un spencer ou de longues écharpes. Le groupe marginal des Merveilleuses arbore des toilettes extravagantes caractérisées par des robes tuniques beaucoup plus transparentes. Les femmes sont chaussées de petits souliers sans talons. Dès la fin du Directoire, elles se coupent les cheveux courts, « à la Titus », et portent des bonnets, des turbans ou des petits chapeaux.

L’habillement masculin, fixé depuis le début du siècle, ne se modifie plus que dans ses détails. On porte indifféremment l’habit étroit, l’habit dégagé, mais aussi, le frac (sorte de justaucorps léger). Le gilet coupé droit est souvent brodé et présente des décors à motifs végétaux ou figurés en relation avec l’actualité. La redingote, longue et étroite, est omniprésente. Les hommes portent des habits de couleurs vives, laissant souvent deviner leurs opinions politiques. Avec la chute de la monarchie en 1792 et l’avènement de la République, le vêtement intéresse les autorités pour sa portée idéologique. Le costume de sans-culotte caractérisé par le pantalon se diffuse, bien que le vêtement classique reste encore porté par les hommes importants, comme le fera Robespierre. Les élégants du Directoire, les Incroyables, comparses des Merveilleuses, affichent des tenues proches de la caricature. Le gilet, court et carré, est porté avec un habit uni. Le cou disparaît totalement sous une épaisse cravate tandis que les coiffures sont dites en « oreilles de chien ». Influence anglaise oblige, les hommes arborent de hautes bottes en ville.

1799-1815

Alors que le Consulat voit un net assagissement de la mode à l’antique, la naissance de l’Empire fait renaître l’étiquette et le costume de cour sous une forme nouvelle, celle de la robe-tunique. Ces robes, longues à taille haute, sont dotées d’une petite traîne qu’elles perdent en 1806. Le décolleté devient alors carré et les étoffes employées ne sont plus exclusivement des tissus légers. En effet, sous l’Empire, Napoléon Ier entreprend de ranimer l’industrie lyonnaise en imposant à la cour les soieries et les velours qui prennent le pas, dès 1808, sur les linons et les mousselines. Les manches des robes, d’abord très courtes à petits ballons, puis arrêtées au coude et boutonnées, peuvent être aussi longues et froncées à la mameluck. Le corset apparaît en 1804, d’abord sous la forme d’une petite brassière en toile, puis plus allongé avec le corset à la Ninon. Rapporté de la campagne d’Egypte par les soldats français en 1798, le châle cachemire devient l’accessoire indispensable, et demeure à la mode durant la majeure partie du XIXe siècle.

Le costume masculin évolue peu et renonce aux extravagances du Directoire en perdant son aspect négligé. Quelques fantaisies se glissent néanmoins sur les gilets, dans le choix des coupes et des matières. On trouve aussi vers 1804, la mode des gilets superposés, jusqu’à quatre fois. L’habit dégagé est le plus porté. Il s’arrête au niveau de la taille, croise au niveau de la poitrine et se termine à l’arrière en deux longs pans. Le pantalon est soit collant, soit très large, mais toujours rentré dans les bottes, tandis qu’on commence à utiliser des bretelles pour le maintenir en place. Pour les hommes, le chapeau haut-de-forme fait son entrée dans les accessoires dévolus à la vie en extérieur.

1815-1830

A partir de 1815, on entre dans une période de transition où peu à peu les formes droites des robes prennent de l’ampleur et la taille s’abaisse. A partir de 1821-1822, les transformations des toilettes sont influencées par le retour du goût baroque et l’intérêt pour le néo-gothique. La mode pré-romantique se traduit par un costume féminin dont la taille redescend peu à peu vers sa place naturelle. Les jupes s’évasent et raccourcissent, le dos du corsage s’élargit progressivement, le décolleté s’agrandit, accentuant l’effet d’épaules tombantes, les manches prennent du volume et sont agrémentées de crevés et bouillonnés imitant ainsi les parures de la Renaissance. La vogue des manches « à gigot » est lancée par la duchesse de Berry. La mode féminine est aux colifichets.

Les années 1820 voient la garde-robe masculine conserver du premier Empire le gilet, la cravate entourant le cou ainsi que l’habit à la française. L’habit dégagé est à la mode, tout comme la redingote dont la jupe, sous la taille un peu rehaussée, prend la même silhouette conique que celle des femmes. Le pantalon, tantôt collant, tantôt large, est d’une couleur différente, généralement plus claire, que le reste de la tenue. Vers 1825, la taille, à l’instar des femmes, retrouve sa place naturelle alors que les hanches s’arrondissent, tout comme le buste, grâce au port d’un corset. L’homme ne sort pas sans sa canne et son chapeau-claque ou son haut-de-forme.

1830-1845

La taille étranglée des robes est encadrée entre des manches très larges et resserrées aux poignets, tandis que la jupe s’évase en cloche pour laisser voir les chevilles. Pendant la journée, le cou se voile de colifichets, guimpes, écharpes, qui connaissent un immense succès. A partir de 1835, la jupe s’allonge alors que les manches voient leur ampleur descendre autour du coude pour finalement s’ajuster aux poignets. Les garnitures sont peu nombreuses en dehors des colifichets, toujours portés en abondance. Vers 1840 le corsage s’allonge et dessine une pointe sur le devant de la jupe, alors que les manches redeviennent tantôt étroites, tantôt bouillonnées. Le châle cachemire connaît une nouvelle vogue au point qu’il remplace parfois les manteaux. La coiffure de prédilection est une capote baleinée, en étoffe, qui s’évase autour du visage pour le jour, alors que le soir, les femmes arborent de hautes coiffures dites à la girafe.

Les lignes de la silhouette masculine s’épurent et les vêtements s’ajustent. Les pantalons sont étroits et bien tendus, la cravate est moins haute et le col de la chemise est rabattu par dessus. Une recherche de fantaisie perdure dans la couleur ou le décor des gilets. Pour les hommes, le haut-de-forme s’élargit vers 1840 et se pose sur des cheveux partagés par une raie, en deux masses bouclées à hauteur des oreilles.

1845-1868

Le goût pour le XVIIIe siècle caractérise la majeure partie du Second Empire. Son expression la plus singulière demeure la crinoline de 1845 à 1868, qui serait une interprétation des paniers. Cette dernière doit son nom à l’étoffe tramée de crin dans laquelle elle est réalisée avant qu’en 1856, Auguste Person ne l’arme de cerceaux métalliques reliés les uns aux autres par des cordons dans la crinoline-cage. Généralement ronde, la crinoline atteint son diamètre maximum vers 1858 avant de projeter sa masse vers l’arrière à partir de 1861. Dès 1867, combattue par Worth, elle redevient un modeste tronc de cône dit crinoline empire. Quant aux robes, elles sont dites, à partir de 1845, à transformation, c’est-à-dire qu’elles sont constituées d’au moins deux corsages que l’on peut changer selon les occasions. Le premier peut être porté le jour, le second, pour le soir, se distingue par ses épaules laissées découvertes. On apprécie l’adjonction de volants superposés, de garnitures et les effets de matières, notamment avec la naissance du style dit tapissier. Les teintures, conséquences des progrès de la chimie, sont quant à elles de plus en plus criardes.
Les bottines se dotent à nouveau d’un petit talon vers 1840, en cuir noir, elles sont portées le jour. Les petites ombrelles sont les accessoires les plus prisés lors des promenades en ville.

L’habit masculin ne se modifie pas avant 1847, jusqu’à ce que la redingote raccourcisse et la jaquette apparaisse. L’habit est encore clair pour le jour, beaucoup moins ajusté qu’auparavant, bien qu’une évolution vers l’austérité et la raideur s’affirme à partir de 1860. Le noir, considéré de rigueur pour le soir, s’impose également en ville, en même temps qu’apparaissent plastrons et cols amidonnés. Cet habit est complété par des bottines à boutons pour le jour et des escarpins pour le soir. Le port de moustaches ou de favoris est quasi général.

1868-1889

Le changement de régime politique n’affecte en rien le costume féminin qui perpétue son goût pour le XVIIIe siècle et le style tapissier. La crinoline cède la place à la tournure, omniprésente durant toute la période. Cette dernière prend vers 1869 l’aspect d’une armature métallique faite de demi-cerceaux. Soutenues par la tournure, les robes forment, derrière, un pouf, qui peut être un drapé. Pour sortir, on porte le jour une visite. Ce petit manteau léger emprisonne tout le haut des bras restera, malgré ses contraintes, en vogue jusqu’en 1890. Ces éléments peuvent être réalisés à partir de châles cachemire, dont on commence à se départir. De 1874 à 1876, le pouf tend à disparaître mais la tournure subsiste sous l’aspect d’une queue d’écrevisse. La robe, au corsage ajusté, se dote, elle, d’une petite traîne. De 1877 à 1881, la silhouette devient filiforme, allant même parfois jusqu’à l’abandon de la tournure. Cependant, cette dernière reprend l’offensive, cambrant les reins à angle droit et enflant à tel point qu’on la nomme strapontin, du fait de son système rétractable lorsque que la femme s’assoit. L’intégralité de la période se caractérise par l’emploi d’étoffes riches et très ornées. En 1885, le tailleur anglais Redfern invente le costume-tailleur pour femme. Les bottines noires demeurent de mise en ville et prennent un aspect décolleté pour le soir.

Sous prétexte de correction, les costumes masculins se font de plus en plus sombres et rigides. Avant 1880, jaquette et redingote sont courtes. Après 1880, tous les vêtements se boutonnent très haut sur la poitrine ; le pantalon reste, quand à lui, collant et les lignes s’étriquent. Le jour, le complet-veston s’impose. A partir de 1873, la cravate de ville, jusque-là noire, peut prendre des tons variés.

1889-1907

Les robes du début de la Belle Epoque se caractérisent encore par une taille marquée alors que la tournure disparaît. De 1893 à 1897, la jupe ronde forme une cloche, répondant à d’imposantes manches gigot. En 1898, la ligne sinueuse contemporaine de l’art nouveau, tord le corps féminin en S, jusqu’à ce que le buste se redresse progressivement à partir de 1906. Le corset impose une cambrure drastique alors que la silhouette exige le port d’un aplatisseur de poitrine et d’une petite tournure.

En ville comme en voyage, le complet trois pièces, composé d’un gilet, d’un pantalon étroit et d’un veston paraît incontournable. La tenue de soirée se compose d’un habit noir avec un gilet blanc, alors qu’est porté pour la première fois le smoking. Ce dernier aurait été lancé par le prince de Galles, futur Edouard VII, alors arbitre des élégances. L’homme ne saurait sortir sans canne, sans son haut de forme ou son chapeau melon. Il arbore également des chaussures basses dotées de boutons.

1907-1914

A partir de 1907, Paul Poiret lance la ligne colonne, à taille haute et à jupe droite, et remplace le corset par une ceinture en gros grain incrustée dans la jupe de la robe. De 1911 à 1914, ce même couturier initie la ligne dite tonneau, teintée d’exotisme et se caractérisant par des hanches larges. On notera également l’emploi sporadique et contesté de la jupe-culotte, elle aussi initiée par Poiret.
Les chapeaux prennent une ampleur considérable à partir de 1907, chargés de fleurs et de plumes, ils seront même interdits dans certains lieux comme les théâtres. L’accessoire indispensable de jour est l’ombrelle alors que le soir, les dames ne sauraient sortir sans éventail.

Durant les années 1907-1914, le costume masculin ne connaît pas de modifications et reste semblable à celui de la période précédente.

De 1715 à 1914
De 1715 à 1914
De 1715 à 1914
De 1715 à 1914
De 1715 à 1914
De 1715 à 1914

De 1715 à 1914

Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton
Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton

Worth, Doucet, Dior, Courrèges, Mugler, Galliano, Louis Vuitton

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #expos
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay

L'exposition a pour ambition de revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau, artiste jugé le plus souvent inclassable, dont le travail s'inscrivait dans un archaïsme "innocent" mais qui a inspiré quelques grands noms de la peinture moderne tels Seurat, Delaunay, Kandinsky ou Picasso...

En se figurant près de la Seine, devant l'ancien pont du Carrousel avec en arrière plan la tour Eiffel, Henri Rousseau (1844-1910) inaugurait en 1890 les "portraits paysages", précédé sur ce terrain par Vittore Carpaccio au XVe siècle...

Rousseau a également revisité les grands portraits bourgeois contemporains ou leurs antécédents flamands du XVIIe siècle avec ses "femmes monuments"

Picasso reconnait l'influence du Douanier dans ses portraits d'enfants... Les tableaux de Rousseau sur ce thème offrent en effet une vision singulière de l'enfance, froide et comme désenchantée : Rousseau perdit plusieurs de ses enfants en bas âge...

Rousseau revisite également la nature morte et les paysages en leur donnant une dimension figée dont Picasso s'inspira dans son tableau Les Pains

Précurseur de Kandinsky qui adopta cette figure de cavalier dans Klänge, Rousseau peignit La Guerre ou la chevauchée de la Discorde en 1894..

Enfin les surréalistes, Breton en tête ne cachaient pas leur admiration pour les toiles de jungles paradisiaques qui ne sont pas sans rappeler les combats à mort entre animaux chez Gérôme et Delacroix...

Comme disait Derain : "c'est bien simple, accrochez un Rousseau entre deux tableaux anciens et modernes : le Rousseau donnera toujours une impression plus forte" !

L'exposition est intéressante dans sa démarche mais n'a pas vraiment réussi à me faire apprécier le peintre au-delà de mon goût pour ses toiles "jungles" !?

Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Revisiter l'oeuvre du Douanier Rousseau au musée d'Orsay

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Dalton Trombo" : Hollywood années 50, la chasse aux sorcières communistes !

Le réalisateur Jay Roach nous offre un biopic captivant du scénariste Dalton Trombo qui fut une des principales victimes de la paranoïa anticommuniste menée par le sénateur McCarthy !

Interprété par le très convaincant Bryan Cranston, le scénariste reconnu coupable d'appartenir au parti communiste américain, écopa de onze mois de prison, fut inscrit sur la liste des 10 "traîtres" blacklistés d'Hollywood et perdit le droit d'exercer son métier !

Véritable bourreau de travail et scénariste de génie, Dalton Trumbo continua à exercer son métier sous des noms d'emprunt, réécrivit des scénarios à la chaîne pour les frères King producteurs de séries Z et se vit décerner deux oscars durant sa période de clandestinité pour Vacances romaines et Les clameurs se sont tues !

C'est grâce au courage d'Otto Preminger qui lui confia ouvertement le scénario d'Exodus que Dalton Trombo retrouva la place dans le panthéon d'Hollywood qu'il n'aurait jamais du quitter !

Le film s'achève par le discours de Trumbo le 13 mars 1970 lorsqu'il reçut le prix Laurel de la Guilde des scénaristes !

L'époque est remarquablement reconstituée, les acteurs sont pour la plupart excellents et plus particulièrement les interprètes de la commère anti-communiste Hedda Hopper (Helen Mirren), de Franck King (John Goodman), d'Otto Preminger (Christian Berkel)... Par contre les comédiens qui jouent John Wayne et Kirk Douglas ne sont pas du tout crédibles...

Le film a le mérite de parler de cette période trouble du monde du cinéma américain mais il ne pose pas toutes les questions et notamment ne s'arrête à aucun moment sur les raisons qui amènent un homme intelligent et cultivé à se déclarer communiste alors que la période montrait les "limites" du système : prise de pouvoir de l'Union soviétique en Europe de l'Est contrairement aux accords de Yalta, invasion de la Corée du Sud, procès de Moscou...

A voir malgré cette réserve pour les dialogues entre Dalton Trombo et son ami Arlen Hird (excellent Louis C.K.), personnage composite représentant les autres neuf !

Voir les commentaires