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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Déjà déçue par Les carnets d'Albert Camus en ce même théâtre du Lucernaire, je me suis quand même laissée tenter par l'adaptation du chef d'oeuvre orientaliste de Pierre Loti Aziyadé suivi de Fantôme d'Orient...

L'écrivain nous raconte  son retour à Istambul dix ans après avoir tenté d'oublier son histoire d'amour secrète avec Aziyadé, une jeune femme enfermée dans un harem...

Se lançant sur ses traces, le jeune officier de marine retrouve les témoins de son passé, les odeurs de l'orient fantasmé et les ruelles tortueuses qu'il peine à reconnaître...

L'idée était bonne mais la réalisation n'est malheureusement pas du tout à la hauteur de l'enjeu...

En effet le récitant Xavier Gallais adopte un phrasé doucereux et une gestuelle aussi précieuse qu'exaspérante qui cassent la puissance évocatrice du texte, desservi de surcroît par la bande son dissonante d'Olivier Innocenti !

Un invitation à se replonger dans l'oeuvre de Loti !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

A bientôt 90 ans, Clint Eastwood continue à nous raconter l'Amérique...

Dans son dernier film il nous parle à travers ce fait divers, de la figure du héros ordinaire encensé puis broyé par la machine médiatique...

Richard Jewell (Paul Walter Hauser formidable d'humanité), fait partie de l'équipe des agents de sécurité lors des jeux olympiques d'Atlanta en 1996...

Très investi dans son métier, il repère un sac à dos abandonné et convainc les forces de police de faire évacuer la zone : grâce à lui, la bombe ne fera qu'un seul mort et une centaine de blessés...

Les media se ruent sur le quidam anonyme, un gentil garçon rondouillard qui vit encore chez sa mère : du jour au lendemain, son nom est sur tous les écrans et sa mère Barbara ou Bobi pour les intimes (Kathy Bates sensationnelle), n'en finit plus d'admirer ce fils qu'elle a si bien élevé dans le respect des autorités...

Le FBI présent dans cette affaire à travers la figure de Tom Shaw (Jon Hamm), se fait piéger par Kathy (Olivia Wilde), une journaliste prête à tout pour un bon scoop...

Le nouveau héros dont le passé révèle des failles, devient du jour au lendemain l'ennemi public n°1 dont la vie privée devient un enfer... 

Grâce à Watson Bryant (formidable Sam Rockwell), un "ami" avocat atypique que Richard appelle pour prendre sa défense, la machine infernale de la délation ordinaire finit par être stoppée... 

Profondément authentiques et habilement guidés par Watson, Richard et sa mère vont finir par retourner l'opinion publique et le FBI !

Maîtrisé de bout en bout, le film laisse ko debout devant la férocité du monde d'aujourd'hui qui se nourrit de proies toutes désignées par la veulerie des media et la lâcheté du corps d'élite que devrait être le FBI...

A voir absolument !   

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Nina (Barbara Sukowa) et Madeleine (Martine Chevallier) sont secrètement amantes...

Pour les autres et surtout pour les enfants de Madeleine, les deux femmes sont voisines de palier et amies...

Le réalisateur franco-italien Filippo Meneghetti dont c'est le premier long métrage, a voulu témoigner de la force de l'amour, a fortiori de celui qui est caché !

Quand Madeleine est victime d'un AVC, les cartes sont rebattues par la société :  Anne (Léa Drucker), la fille de Madeleine prend tout naturellement en charge la convalescence de sa mère en embauchant une garde à domicile...

Réduite à son rôle de "voisine", Nina tente à sa façon de retrouver sa place...

L'émotion palpite entre ces deux femmes que la maturité rend infiniment belles et les enfants de Madeleine tentent de comprendre ce qui est réellement en jeu : leur mère n'a-t-elle pas toujours été amoureuse de leur père ?

Le film est monté comme un thriller jusqu'au coming out final...

Dommage qu'il n'y ait pas eu quelques flash backs pour mieux tisser l'histoire commune de Nina et Madeleine que l'on devine toutefois au fil des scènes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après des courts métrages et des documentaires engagés, l'actrice marocaine Maryam Touzani principale interprète de Razzia co-écrit avec son mari, se lance dans la réalisation !

Elle s'est inspirée d'une histoire réelle vécue par sa famille pour nous raconter l'histoire de Samia (Nisrin Erradi, intense), une jeune femme enceinte de 8 mois recueillie par Abla (formidable Lubna Azabal), une veuve vivant seule avec Warda sa petite fille de 8 ans...

Dans le décor authentique de la Médina de Casablanca, la ravissante et lumineuse petite fille (une inconnue castée par la réalisatrice dans la Médina), va rapprocher ces deux femmes enfermées dans leur douleur : Samia vit le destin dramatique des grossesses hors mariage au Maroc et Abla ne se remet pas de la disparition de son mari dont on lui a volé la mort...

Avec douceur et fermeté Samia va faire entrer à nouveau la vie dans la triste maison dont la devanture ouverte sur la rue permet à Abla de vendre ses pâtisseries...

Les scènes d'intérieur et les foulards des femmes aux couleurs délicates évoquent la douceur et la quiétude en clair obscur des tableaux de Vermeer...

La sensualité du travail de la pâte nous fait presque sentir l'odeur des recettes traditionnelles partagées par les deux femmes...

C'est la musique imposée par Samia qui aide Abla à sortir de son deuil dans une scène magnifique où elle ose ouvrir à nouveau son corps à la sensualité...

Un film sensible et délicat qui magnifie la profonde humanité des femmes "courage" !

A voir absolument !

"Adam" : une ode à la sensualité et à la complicité féminines

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Très intéressée par la démarche de la réalisatrice tunisienne Manele Labidi qui a souhaité utiliser le registre comique pour témoigner de son pays tiraillé, au lendemain de la Révolution, entre traditions religieuses et besoin de parler pour se reconstruire... je suis allée voir son film avec beaucoup d'attentes...

Elle nous raconte l'histoire de Selma (formidable Golshifteh Farahani) qui revient à Tunis pour ouvrir un cabinet de psychanalyste sur le toit d'une maison...

S'ensuivent toute une série de déconvenues où la jeune femme prend conscience de la difficulté à exercer son métier dans un pays régi par des règles et des interdits arabo-musulmans....

Cela aurait pu être drôle et les premières images le sont mais la cohorte de ses patients tous plus foutraques les uns que les autres et les représentants des autorités administratives sont tellement caricaturaux que le film dégage, de scène en scène, un ressenti légèrement raciste à l'encontre du peuple tunisien... ou du moins c'est ainsi que je l'ai perçu...

Dommage ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Mariana Otero nous offre un magnifique voyage en images dans l'univers du photographe Gilles Caron, disparu mystérieusement en 1970 au Cambodge à tout juste 30 ans...

En l'espace de 6 ans, Gilles Caron a connu une carrière de photojournaliste fulgurante chez Gamma et c'est le regard affûté et sensible de témoin de son époque que la documentariste tente de nous faire partager...

Quand Marina Otero découvre le travail du photographe, un cliché fait écho à son propre vécu de disparition d'un être cher...

Elle décide alors de rencontrer la femme et les filles de Gilles Caron et se plonge dans son oeuvre foisonnante (100 000 clichés)... 

C'est tout bonnement passionnant de suivre le photographe dans son chemin créatif à partir des planches contacts...

La guerre des 6 jours où il a la chance de capturer Moshe Dayan dans son objectif, mai 68 où il réussit à immortaliser Cohn Bendit face à un CRS devant la Sorbonne dans un cliché narquois, le conflit nord-irlandais où la photo d'une jeune fille aux cheveux blonds incarne les "troubles" catholiques et bien évidemment la guerre du Vietnam où il participera à l'une des batailles les plus dures du conflit (colline 875)...

Un montage fascinant nous montre l'humanité de ce photo-reporter si jeune mais déjà père et le regard respectueux de celle qui célèbre son parcours !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Guy Ritchie a fait appel à un casting de luxe pour nous raconter cette histoire de baron de la drogue anglais qui souhaite se retirer des affaires fortune faite...

Matthew McConaughey  incarne avec son talent habituel le dit baron Michael Pearson et Hugh Grant campe avec délectation Fletcher, un journaliste véreux qui cherche à tirer son épingle dans ce jeu de massacre de successeurs potentiels...

Michelle Dockery est époustouflante en Madame Pearson au tempérament bien trempé et Colin Farrell est excellent dans un rôle à contre emploi d'entraîneur de boxe vertueux à la tête d'une équipe de jeunes en survêtements...

Les dialogues fusent, l'humour so british souligne les multiples rebondissements d'un scénario à tiroirs, bref on ne s'ennuie pas une minute à suivre les aventures de ces dangereux gangsters londoniens en tweed !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Olivier Assayas a entrepris d'adapter The last soldiers of the cold war, le livre touffu de Fernando Morais,  journaliste et homme politique brésilien...

Durant 2 heures, le réalisateur hésite entre thriller géopolitique et documentaire pour nous raconter un épisode passionnant mais méconnu de la guerre froide entre Cuba et les Etats Unis...

Nous sommes dans les années 90 ; des cubains exilés en Floride tentent de noyauter des groupes anti-castristes qui fomentent des attentats depuis le sol américain...

Le récit est centré sur un instructeur de vol René Gonzalez (formidable Edgar Ramirez) qui quitte Cuba à bord de son petit avion, sans prévenir personne, pas même sa famille...

A son arrivée à Miami, René propose ses services à la diaspora cubaine et nous suivons ses tribulations sans toujours bien comprendre de quel côté il se situe...

Les trop nombreux personnages du film ne sont pas assez fouillés pour nous les rendre attachants et Penelope Cruz à contre emploi dans un rôle d'ouvrière cubaine, épouse de René Gonzalez, ne nous convainc pas totalement même si la figure qu'elle interprète est la plus incarnée...

Dommage que le scénario ne prenne pas parti car il aurait pu gagner en clarté et en puissance !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Un éditeur psychorigide (Lambert Wilson survolté) enferme les 9 traducteurs de son best seller dans une superbe "maison prison" pour éviter les fuites sur internet...

Mais à peine traduites, les 10 premières pages se retrouvent sur le net avec une demande de rançon...

Régis Roinsard s'essaie aux 10 petits nègres mais avec beaucoup moins de talent qu'Agatha Christie !

Chaque traducteur est une caricature calquée sur les stéréotypes liés à son pays, les femmes sont évidemment de mauvaises mères, Sara Giraudeau l'assistante de l'éditeur, joue les nunuches avec talent mais elle nous a trop habitués à être plutôt surdouée, et les relations entre les différents protagonistes virent vite au jeu de massacre !

C'est pourtant un fait réel qui sert de point de départ à l'histoire du film : en effet pour assurer la sortie mondiale d'Inferno de Dan Brown, son éditeur avait confiné 12 traducteurs dans un lieu sûr pour œuvrer simultanément sur le manuscrit...

De fausses pistes en retournements de situation, le scénario assez machiavélique va se révéler bancal voire improbable dans sa réalisation !

Dommage !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Arnaud Viard adapte librement la nouvelle "best seller" d'Anna Gavalda...

Il nous raconte l'histoire d'une famille confrontée à ses névroses ordinaires !

Aurore (Aurore Clément) fête ses 70 ans entourée de ses quatre enfants...

A la mort du père, c'est l'aîné Jean Pierre (formidable et émouvant Jean Paul Rouve) qui a pris tout naturellement la tête de la famille...

Juliette 40 ans (délicieuse Alice Taglioni) est centrée sur la naissance à venir de son premier enfant, Margaux (Camille Rowe), l'artiste de la famille tente de percer comme photographe grâce à l'aide financière de son frère, et Mathieu 30 ans le petit dernier (intrigant Benjamin Lavernhe) se cherche sur le plan sentimental...

Chacun vit sa vie et compte sur Jean Pierre dont la réussite professionnelle "classique" (il est directeur commercial) est facilement l'objet de moqueries...

Quand Jean Pierre accepte de revoir Hélèna son ex, atteinte d'un cancer, (mystérieuse Elsa Zylberstein), il est happé par son passé et a de plus en plus de mal à se raccrocher à son présent si éloigné de ses rêves de jeune homme...

A voir pour Jean Paul Rouve dont le jeu se bonifie au fil des années ! 

 

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