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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Mia Hansen-Love transpose dans ce film sa propre histoire d'amour avec Olivier Assayas de 26 ans son aîné et nous plonge dans l'atmosphère baltique de Farö où Bergman vécut de longues années et réalisa cinq de ses films...

Tony (Tim Roth) et Chris (Vicky Krieps), un couple d'auteurs réalisateurs, s'installe dans la maison de Bergman qui, selon le souhait de ce dernier, est aujourd'hui une fondation ouverte à des artistes ou à des chercheurs de tous horizons désireux de développer un projet, sans obligation de lien avec son œuvre.

Dès les premières images, nous percevons une différence, une distance entre Chris et Tony : beaucoup plus jeune que lui, elle est en demande de protection et d'écoute d'autant qu'elle rencontre des difficultés pour écrire alors que lui est inspiré...

La réalisatrice campe le décor dans la première partie du film : magnifiques photos de l'île tantôt ensoleillée tantôt pluvieuse,  reportage sur le Bergman Center qui emmène les touristes dans un safari sur les pas de Bergman, longues journées qui s'étirent et vertige pour Chris devant les pages blanches qui lui font préférer de longues promenades à bicyclette...

Quand Chris trouve enfin son sujet et l'expose à Tony, le film prend une toute autre dimension et le récit se transforme en film dans le film ; une histoire d'amour inachevée entre Amy (Mia Wasikowska) et Joseph (Anders Danielsen Lie) - qui renait à la faveur d'un mariage dans l'île entre des amis communs...

A la tiédeur des relations entre Chris et Tony se superposent et se mêlent ? le désir et la sensualité qui émanent d'Amy et de Josep, deux formidables interprètes qui recentrent le scénario sur son véritable sujet : l'amour...

L'ombre de Bergman et de son plus célèbre film : Scènes de vie conjugale planent sur les personnages qui peinent à trouver une fin ou une suite à leurs histoires !

Un film à tiroirs dans de superbes décors naturels qui offrent La possibilité d'une île !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Sophie Rechsteiner, architecte de formation, se tourne définitivement vers la peinture en 1995 et devient aquarelliste spécialisée dans les grands formats

Amoureuse de la mer, elle partage sa vie entre son atelier breton, Paris et ses voyages en Polynésie et en Afrique

Exposée à la galerie Bleu de Saint Jean de Luz, la peintre  attire notre regard sur les détails de  l'architecture des maisons du bord de mer de Saint Jean de Luz et de Guéthary et nous propose un voyage rafraichissant dans la transparence de ses aquarelles marines !

A voir jusqu'au 20 août

Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"
Sophie Rechsteiner : une belle exposition "Vue sur mer"

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Eric Besnard s'était promis de faire un film avec Grégory Gadebois...

Il lui a confié le rôle de Pierre Manceron, un cuisinier du XVIIIe siècle qui, sous l'impulsion de Louise (Isabelle Carré toujours aussi formidable), va créer le premier restaurant...

Pierre Manceron est un personnage fictif mais les premiers restaurants furent "inventés" en France à la veille de la Révolution à Paris au palais Royal...

Pierre Manceron, comme les grands cuisiniers de l'époque, était au service d'un aristocrate, en l'occurrence le duc de Chamfort (Benjamin Lavernhe) qui s'enorgueillissait de proposer la meilleure table du royaume, après celle du roi bien entendu !

Las de toujours réaliser les mêmes plats, Manceron va proposer un amuse bouche "le Délicieux" à la table du duc qui le congédie sans état d'âme sous la pression de ses hôtes choqués par l'utilisation de la pomme de terre, jugée à l'époque bonne pour les seuls cochons !

Manceron se réfugie dans une grange abandonnée au fin fond du Cantal et reprend son métier de boulanger qui lui permet de vivoter aux côtés d'un vieil ami de son père et de son fils qui se pique de lire et se passionne pour les écrits des encyclopédistes...

L'arrivée de Louise qui lui demande de la former à l'art culinaire va bouleverser l'existence paisible de cet homme qui incarne l'ancien régime...

Après avoir violemment refusé : "on n'a jamais vu une femme en cuisine", Pierre Manceron accepte sa demande et découvre peu à peu qui est cette femme qu'il imaginait soubrette ou putain...

Comme le peuple français qui va rejeter le joug aristocratique, Pierre Manceron et Louise vont ensemble prendre leur indépendance et inventer le premier restaurant avec : le service à table, le menu avec son cadencement (amuse bouche, entrée, plat, dessert, mignardises), l'ouverture à tous les publics, la réclame... et même les frites (c'est un clin d’œil) !

Le film est ambitieux dans son propos (bien qu'un peu didactique de mon point de vue) et illustre le virage démocratique qui révolutionne à l'époque tous les secteurs de la société...

Ayant eu la chance de voir le film présenté en avant-première par Eric Besnard et Isabelle Carré, je ne peux que vous le recommander : à voir en salle à partir du 8 septembre pour vous régaler des plats "réinventés" par la brigade du restaurant du Quai d'Orsay !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Kevin Macdonald s'est emparé du livre autobiographique de Mohamedou Ould Slahi "Les carnets de Guantanamo" pour nous faire toucher du doigt le calvaire des détenus arbitraires de cette prison indigne d'une grande démocratie !

Arrêté à 32 ans en Mauritanie, Mohamedou (interprété magistralement par Tahar Rahim) est accusé d'avoir recruté des terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 ; il passera quatorze années dans une cellule de Guantanamo  et sera torturé durant 70 jours sans avoir jamais été inculpé du moindre crime...

Il doit son salut à deux avocates idéalistes et humanistes : Nancy Hollander (Jodie Foster est formidable dans ce rôle de juriste experte et déterminée) et Teri Duncan (Shailene Woodley) qui combattent Stuart Couch (Benedict Cumberbatch parfait), un redoutable procureur militaire !

Les interprètes sont excellents, la reconstitution en Afrique du Sud de la prison cubaine est très convaincante, les scènes de torture sont difficilement supportables tant elles sont filmées à fleur de peau...

Le film dénonce avec efficacité la dérive vengeresse des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre et nous interroge sur le pourquoi du procès en appel de l'administration Obama suite au premier acquittement de Mohamedou sept ans après son arrestation...

Ce n'est pas certes un film facile pour un été de déconfinement (la sortie de Désigné coupable a été reportée du fait du Covid) mais comme tous les "films dossiers" américains, il a le mérite de nous éclairer sur les pratiques arbitraires de l'administration US qui bafouent le droit anglo-saxon et plus particulièrement l'habeas corpus!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Chloé Mazlo, jeune réalisatrice franco-libanaise, qui vient des arts graphiques et décoratifs, nous fait partager son univers personnel et familial...

Elle s'est librement inspirée de l'histoire de sa grand mère qui a quitté la Suisse dans les années 50 pour une proposition d'embauche comme nurse à Beyrouth...

Venant d'un milieu très austère croqué dans les premières images par le biais d'un dessin animé, Alice (Alba Rohrwacher) découvre avec ravissement Beyrouth, ses couleurs, ses bruits, ses cafés... où elle fait la rencontre de Joseph (Wajdi Mouawad), un astrophysicien charmant et lunaire qui rêve d'envoyer un libanais sur la lune...

La première partie du film décrit un paradis : un mariage d'amour, de beaux enfants, des amis avec lesquels faire la fête, une belle famille chaleureuse... Malheureusement le rêve s'évanouit peu à peu face à la réalité de la guerre fratricide de 1975 que la réalisatrice décrit de façon ironique et décalée pour mieux signifier l'absurdité de ce conflit...

La société libanaise se disloque, le couple doit recueillir chez lui une partie de la famille venue se réfugier en centre ville, Joseph plonge dans la dépression et Alice tente de faire face dans un pays qu'elle ne reconnait plus...

Chloé Mazlo nous raconte avec tendresse le parcours d'Alice, une jeune femme douce et volontaire qui trouve une famille d'élection et adopte un pays qu'elle va devoir quitter pour en fuir la violence...

Un film très "féminin" qui aurait gagné à être tourné au Liban mais la réalisatrice qui n'a pas eu l'autorisation des autorités locales, a choisi de privilégier les scènes dans l'appartement familial qui est un personnage à part entière !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Pierre Pinaud nous parle d'une spécificité française moins connue que la gastronomie ou le parfum : la création de roses dont le festival de Cannes est le concours de Bagatelle !

Tourné dans une petite exploitation roannaise, le film nous parle de l'amour d'une femme Eve Vernet (Catherine Frot), pour ses champs de roses hérités de son père...

Epaulée par sa fidèle assistante Véra (Olivia Côte), Eve se débat pour continuer à exister et surtout à créer face aux puissants concurrents...

Lorsque l'exploitation se retrouve au bord de la faillite, Véra décide d'embaucher trois jeunes en insertion sans aucune connaissance horticole pour les aider !

Le scénario alterne joliment les scènes champêtres, les images un peu convenues (la "renaissance" des trois pieds nickelés au contact de la nature à travers l'exigence d'un métier traditionnel), les rebondissements météorologiques et économiques... et nous nous laissons petit à petit charmer par le talent sans pareil de Catherine Frot et l'énergie post-adolescente de Fred (Melan Omerta, rappeur dans la vie, une révélation !)

A voir pour Catherine Frot et la beauté délicate des roses mais pas que !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

L'amour maternel a été très souvent décrit dans les romans et dans les films mais Julie Delpy renouvelle le sujet avec brio !

Le film construit en trois parties nous emmène du presque banal : un couple qui se déchire autour de la garde de Zoé leur enfant, au drame puis au fantastique...

Julie Delpy dont My Zoé est le septième opus signe un film férocement féministe !

Elle incarne Isabelle une généticienne franco-américaine qui a suivi James (Richard Armitage), son mari architecte à Berlin... Lorsque le couple se sépare, James accuse sa femme d'être une "mauvaise" mère et de de privilégier son métier et sa vie personnelle (Isabelle a un amant) à l'éducation de son enfant...

Prise dans le piège de la vision classique de la femme : "la maman ou la putain", Isabelle aime viscéralement sa fille dont elle partage les jeux et les questionnements philosophiques...

Lorsque Zoé se retrouve à l'hôpital après un dramatique accident que n'a pas su éviter la baby sitter, les parents s'accusent mutuellement et se déchirent au chevet de leur enfant...

Après un long fondu au noir, Isabelle se retrouve à Moscou pour consulter le Dr Fischer (Daniel Brühl), un grand spécialiste de la fertilité féminine...

La troisième partie du film que je ne vous raconterai pas pour ne pas la divulgâcher, illustre le combat d'une mère déterminée jusqu'à la "folie ?" à ne pas perdre sa jolie petite fille, l'amour de sa vie...

Des acteurs excellents et plus particulièrement la petite Zoé 8 ans (Sophia Ally) qui illumine l'écran avec ses fossettes et ses yeux rieurs, une étude sociétale très actuelle, une fiction scientifique qui pourrait révolutionner notre quotidien de demain...

La réalisatrice qui s'est récemment séparée du père de son fils, s'est inspirée avec sensibilité et talent de son expérience personnelle pour nous raconter la perte de la moitié de la vie de son enfant !

Zoé signifie en grec "la vie qui se renouvelle" !

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