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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

theatre

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

La Première Guerre Mondiale fait rage. Dans le désert d’Arabie, à l’époque contrôlé par l’Empire Ottoman, allié de l’Allemagne, se joue l’avenir de tout le Moyen-Orient. Thomas Edward Lawrence, jeune et brillant archéologue anglais,  se révèle être un précieux atout pour l'armée britannique qui l'enrôle au sein des services de renseignement.

Passionné par la culture arabe dont il maîtrise la langue Lawrence gagne la confiance des Arabes, qui le considèrent désormais comme l’un des leurs.

Le succès de l’opération de sabotage du chemin de fer du Hejaz qui approvisionne Médine, menée par les tribus et commandée par Lawrence, rassure les dirigeants arabes sur l’engagement britannique à défendre la cause que l’Occident lui-même leur a suggérée : celle de la création d’une nation arabe unie et indépendante.

Mais ce que Lawrence ignore, c’est que les gouvernements français et anglais ont déjà secrètement signé l’accord Sykes-Picot, qui prévoit, une fois la guerre gagnée, le découpage de la région à leur seul profit…

Jusqu’où ira la loyauté de Lawrence à l’égard de ses frères d’armes quand il mesurera l’étendue du mensonge orchestré ?

Adapté et mis en scène par Eric Bouvron, le spectacle librement inspiré de la vie de T. E. Lawrence, est interprété par 8 excellents acteurs hommes qui interprètent plusieurs rôles (dont des rôles de femmes),  2 talentueux musiciens et une chanteuse / danseuse Cecilia Meltzer à la voix envoûtante...

Costumes, lumières et mise en scène non dénuée d'humour nous font revivre comme au cinéma l'épopée de ce héros hors du commun et de ses compagnons : la traversée du désert pour faire tomber la ville d'Aqaba (Jordanie) est particulièrement saisissante !

Nominée aux Molières, la pièce fait salle comble et séduit tous les âges !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

« Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous avons toute la mort pour nous reposer », chante en chœur la ­troupe au Théâtre La Pépinière.

La comédie de William Shakespeare, dans cette nouvelle traduction pétillante à souhait, a tout pour séduire tous les publics, et même les jeunes trentenaires qui riaient franchement dans la salle bondée un soir de semaine !

Je ne vous résumerai pas l'histoire improbable que vous pouvez lire sur tous les sites mais je vous recommande chaudement cette pièce où se mêlent aventure, amour, désir, amitié, passion, jalousie dans la nature sauvage…
L'exceptionnelle Barbara Schulz, dirigée par Léna Bréban, talentueuse metteuse en scène,  embarque avec elle une troupe de neuf jeunes et moins jeunes acteurs/chanteurs/musiciens dans un spectacle festif, inventif et joyeux.
Le spectateur sort de cette comédie joliment troussée avec une soudaine envie de chanter... et pourquoi pas de relire Shakespeare !



 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Après un mois de succès au théâtre du Rond Point, le spectacle de et avec Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois, est à l'affiche du théâtre Tristan Bernard où il fait salle pleine !

Le scénario endiablé mène un "gros", maudit par une sirène pêchée par accident, des plaines du Grand Nord à l’Écosse puis à l'Espagne en passant par la Bretagne... en patins à glace, à dos de baudet, en moto... pour le plus grand plaisir des spectateurs qui rient de ses mésaventureuses rencontres avec toutes sortes de bêtes ailées ou féroces...

Le "gros" en costume trois pièces reste assis tandis que son comparse en maillot de bain noir s'agite autour de lui en brandissant des pages et des pages de carton qui tiennent lieu de légendes, de commentaires farfelus ou de répliques dans le dialogue délirant qui s'instaure entre les deux protagonistes...

Le "gros" baragouine un anglais incompréhensible émaillé de remarques bien senties tandis que son acolyte s'exprime par sa gestuelle et ses réparties de carton, s'oubliant de temps en temps en reprenant la langue française pour se plaindre du traitement que le "gros" lui fait subir...

Un spectacle à l'inventivité contagieuse qui enchaine les gags et flirte avec la folie consumériste, protectionniste et anti-écologique de notre monde actuel pour mieux la dénoncer...

Après "Bigre", Molière de la Comédie 2017, les deux compères nous invitent dans leur monde imaginaire où les sirènes ne sont plus ce qu'elles étaient !

A voir absolument (jusqu'au 30 avril) !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Alain Françon adapte la pièce éponyme de Thomas Bernhard (écrite en 1979) pour la scène du théâtre de la Porte Saint Martin

Dans cette œuvre politique satirique, l'auteur s'élève contre la dénazification inachevée de son pays, l'Autriche, et celle de sa voisine, l'Allemagne...

Bernhard s'est inspiré d’un personnage réel : Hans Karl Filbinger, ministre président du Land de Bade Wurtemberg de 1966 à 1978, année au cours de laquelle il avait dû démissionner, après des révélations sur son activité de juge dans la marine sous le nazisme.

Rudolf (André Marcon), ancien officier nazi et commandant d'un camp de concentration, reconverti en respectable président de tribunal, s’apprête à prendre sa retraite au terme d’une carrière exemplaire au service du droit et de la justice.
La pièce se déroule le 7 octobre, jour de la naissance de Himmler, mentor et idole que notre héros célèbre chaque année avec sa bien aimée sœur Vera (Catherine Hiegel).

Cette dernière virevolte et veille à tout : elle repasse l'uniforme de son frère, ressort l'album de famille, prépare le repas et sert le champagne pour que la fête soit parfaite… et ce malgré la présence de Clara (Noémie Lvovski), leur sœur cadette coincée dans un fauteuil roulant depuis l'attentat "terroriste" perpétré par les américains dans une école allemande - et enfermée dans sa haine du régime hitlérien et de ses serviteurs...

Dans cette farce macabre, le texte puissant de Thomas Bernhard, dénonce l'aveuglement, la médiocrité et l'impunité de cet homme en fin de carrière, adulée par sa sœur Vera qui lui a consacré sa vie mais détesté par sa sœur Clara qui n'en peut plus de devoir subir ses discours antisémites revanchards...

Catherine Hiegel impressionne par sa maîtrise du texte qu'elle débite comme les versets d'une antienne en longs monologues, André Marcon excelle dans ce personnage de "monstre" caché sous des habits de respectabilité...

Quant à Noémie Lvovsky dont c'est le premier rôle au théâtre, elle nous étonne et nous séduit dans un registre taiseux éloigné de son extraversion habituelle  ; dommage que sa prestation soit avant tout constituée de silences réprobateurs et ce notamment lors du fameux dîner : on aurait aimé l'entendre débiter quelques vacheries bien senties !

A voir jusqu'au 2 avril !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Toutes les élections présidentielles réservent des surprises...

En mai 1981, François Mitterrand est élu en battant Giscard d'Estaing...

Hervé Bentégeat nous plonge dans les coulisses des relations complexes entre Chirac et Mitterrand pour évoquer une possible alliance entre les deux fauves politiques...

Hypothèse souvent évoquée, histoire vraie... ?

Les deux hommes incarnés par Christophe Barbier (Mitterrand), et Adrien Melin (Chirac), échangent, se jaugent, s'opposent, se jugent, se confrontent, se mentent, se menacent, cherchent leur intérêt à court et moyen terme, imaginent un possible terrain d'entente...

Emmanuel Dechartre joue le rôle de l'homme politique Philippe Dechartre, son père dans la vraie vie -ministre du Général de Gaulle, qui a organisé chez lui la rencontre entre Chirac et Mitterrand...

Une pièce à voir pour ses dialogues qui relèvent le faible niveau des débats politiques actuels !

Dommage que le jeu des interprètes soit un peu plat (à l'exception de celui de Christophe Barbier) - et que la présence de Carmen (la bonne de Dechartre) nous détourne du sujet, en ajoutant une dimension ancillaire qui fleure bon l'ancien régime (avant me-too) !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Béatrice Agenin interprète avec talent, sur la scène du théâtre Montparnasse, le personnage de Marie Caillaud dite Marie des Poules qui est entrée au service de George Sand à 11 ans comme aide cuisinière...

L'écrivaine ayant très rapidement repéré la vivacité d'esprit de sa domestique analphabète, décide lui de lui apprendre à lire, à écrire, et la fera jouer dans 35 comédies qu'elle a écrites...

Béatrice Agenin endosse successivement les deux rôles féminins, démontrant s'il était nécessaire qu'un même destin unit  les femmes au-delà de leur milieu social : la conquête de la liberté d'être elle-même !

Mais si George Sand est l'exemple même de la réussite du combat féministe, Marie des poules sera confrontée à un fléau de l'époque où toutes les servantes étaient "lutinées" par leur maître...

Abusant de son statut de fils unique et préféré, Maurice (Arnaud Denis), va "séduire" la jeune fille puis s'en fera aimer car il est cultivé et peut se montrer charmant... Marie qui progresse à pas de géant dans l'apprentissage des mots, du langage et de la pensée, saura à son tour s'attacher cet être frivole et pusillanime...

Mais la mentalité de l'époque, qui paraît aujourd'hui complètement datée du moins dans son expression verbale, est la plus forte : un jeune homme bien né ne peut épouser quelqu'un en dessous de sa condition...

Un texte magnifique, une très grande actrice, une mise en scène fluide pour un récit tout à la fois poignant et passionnant : c'est une histoire vraie !

Nommé meilleur spectacle du théâtre privé aux Molières 2020, la pièce fait l'objet d'une reprise depuis septembre 2021...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Rémi Mazuel qui vient de l’improvisation théâtrale (festival du RING à Grenoble 2015 & 2016, Trophée des Arts à Barcelone 2016), occupe le plateau du théâtre dans un seul en scène très original...

Ayant eu l'idée d'écrire sur Alexis Joseph Mazerolle, un peintre académique contemporain de Sisley, Monet et Renoir, aujourd'hui tombé dans l'oubli, il s'interroge sur les caprices de la notoriété en interprétant Antoine, un gardien de musée qui jalouse le succès de la salle Picasso...

Le jeune acteur longiligne interprète avec talent tous les rôles, passant d'un registre à l'autre, seulement vêtu d'un costume trop petit pour lui sur un superbe gilet jaune d'or...

Le ton badin du début se fait plus grave au fur et à mesure des épisodes de l'histoire de ce peintre préféré à l'époque aux impressionnistes, qui décora le plafond de la Comédie française et fut même élevé au grade d'officier de la légion d'honneur...

Antoine s'associe en miroir au destin malheureux de Mazerolle pour nous raconter  son triste quotidien d'acteur sans engagement, lâché par son agent...

A la fin de son monologue, habité par son rôle, Rémi Mazuel nous emmène aux confins de la folie...

A voir pour découvrir un comédien de grand talent !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Quand le talent de Romain Gary est adapté avec bonheur par Franck Desmedt et interprété avec brio et simplicité par le même Franck Desmedt, nous passons un pur moment de théâtre au Lucernaire !

Le magnifique texte autobiographique raconte la relation d'un jeune garçon émigré à Nice et de sa mère, ancienne actrice russe, juive, pauvre et divorcée qui promet la gloire, toutes les gloires à son fils adoré...

"Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé de manger froid jusqu'à la fin de sa vie"

Seul sur scène dans un décor sobre et classieux, l'acteur interprète tous les personnages de sa vie d'adolescent puis de sa vie de jeune homme rattrapé par la guerre de 39/45 qui l'éloigne de sa mère tant aimée en retour...

Teinté d'humour, le texte dans une langue magnifique fait ressortir le déchirement de ne pas réussir à temps les projets grandioses de cette mère diabétique et condamnée et l'intuition de ne jamais retrouver sur sa route un amour aussi puissant que cet amour maternel...

Les représentations se sont arrêtés le 7 novembre mais reprendrons en janvier !

Retenez vite vos places !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Le rideau n'est pas encore levé que le spectateur est déjà plongé dans la mémoire de la Shoah...

Le bruit des trains enfle sur les rails qui mènent à Thieresienstadt... et emplit le théâtre de l'Atelier...

Quand Sami Frey s'assied à la table et nous fait partager l'entretien que Claude Lanzmann a eu avec Maurice Rossel, ancien délégué de la Croix Rouge, trente cinq ans après son inspection des camps qu'il traversa sans rien voir, notre attention ne quitte plus le visage fatigué de l'acteur qui nous fait face !

Sur le plateau nu, Sami Frey se tient devant la porte immense du fond de scène (qui pourrait être celle de la forteresse de Thieresienstadt) et nous parle d'une voix quasiment blanche des corps de ceux que l'on préféra ignorer... à qui Maurice Rossel reprocha de ne pas lui avoir fait un signe pour l'avertir...

Dans son interprétation, Sami Frey ne condamne pas, ne s'indigne pas, Sami Frey lit et nous regarde en silence... c'est magnifique, profond et glaçant...

"On sait que Theresienstadt, ville forteresse située à soixante kilomètres au nord-est de Prague, avait été élue par les nazis pour être le site de ce que Adolf Eichmann lui-même appelait « un ghetto modèle », un ghetto pour la montre. […]

La vérité est que ce « ghetto modèle » était un lieu de transit, première ou dernière étape, comme on voudra, d’un voyage vers la mort qui a conduit la plupart de ceux qui y ont séjourné vers les chambres à gaz d’Auschwitz, de Sobidor, de Belzec ou de Treblinka. […]

Les conditions réelles d’existence à Thieresienstadt étaient effroyables : la majorité des Juifs, hommes et femmes concentrés là-bas, étaient très âgés et croupissaient de misère, de promiscuité et de malnutrition dans le surpeuplement des casernes de la forteresse. […]

A la tête d’une délégation du CICR (Comité International de la Croix-Rouge), Maurice Rossel inspecta le ghetto en juin 1944, avec l’assentiment des autorités allemandes.

Je remercie Maurice Rossel de m’avoir autorisé à utiliser aujourd’hui l’interview qu’il m’avait accordée en 1979. « Maintenant octogénaire, m’a-t-il écrit, je ne me souviens plus très bien de l’homme que j’étais alors. Je me crois plus sage ou plus fou, et c’est la même chose. Soyez charitable, ne me rendez pas trop ridicule. »

Je n’ai pas cherché à le faire. "                                        

Claude Lanzmann

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Dans le Paris des années 30, dans le monde des petites fripouilles, nous faisons connaissance avec Loulou dont le mec Tintin est à l'ombre pour quelques années...

Pour sortir de la mouise et pour rembourser la bande à Pierrot à qui Tintin doit un paquet de pognon, Loulou fait croire à Paul qui travaille dans une bijouterie qu'elle a le béguin pour lui...

L'ancien comparse de Tintin Jo, un gaffeur qui n'a pas inventé la poudre et Madame Mercandieux, la propriétaire de la bijouterie secrètement puis ouvertement (depuis la mort de son père tyrannique) amoureuse de Paul - complètent ce quatuor improbable...

Le rythme est époustouflant, les acteurs sont formidables, on ne s'ennuie pas une seconde dans cette histoire de fric frac de pacotille dont les rebondissements nous amusent et nous surprennent !

Un vrai bon moment de théâtre pimenté par une langue savoureuse (pas de souci si vous ne vous souvenez pas de l'argot titi parisien, la salle vous remet en début de spectacle un mini dictionnaire des mots les plus couramment employés) !

A voir jusqu'au 31 décembre

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