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Gaya Jiji, syrienne émigrée en France, diplômée d'un master de cinéma s'est fait connaître par ses courts métrages : "L'étrangère" est son second long métrage...
Le film nous parle avec sensibilité de la difficulté à reconstruire sa vie en France quand on a fuit un pays en guerre...
Selma (magnétique Zar Amir, actrice iranienne, qui a remporté le prix d'interprétation à Cannes pour "Les nuits de Mashhad" aujourd'hui réfugiée en France et qui a appris ses répliques en arabe pour les besoins du film), est arrivée à Bordeaux après un périple dangereux, laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari disparu dans les geôles du régime.
Contrairement au magnifique "Souleymane" qui nous racontait le terrible quotidien d'un émigré sans papiers, l’œuvre de Gaya Jiji s'attache à la personnalité de Selma qui parle couramment français puisqu'elle enseignait notre langue dans son pays et à ses tourments intérieurs face au triangle amoureux dans lequel elle se trouve prise...
En effet, tombée sous le charme de Jérôme, un avocat (excellent Alexis Manenti) qui l'aide gratuitement à régulariser ses papiers, elle ne pense plus qu'à retrouver une vie normale et à faire venir son fils en France... quand son mari, censé être mort, réapparait soudainement dans sa vie...
Le dernier tiers du film qui nous montre cette femme, écartelée entre son nouvel amour, son fils et le père de son fils, est formidable d'émotions contenues : tout se lit sur le visage des deux hommes qui tour à tour espèrent, pleurent secrètement, doutent... mais c'est Selma qui a la clé de son avenir...
Un film à voir absolument !