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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier long métrage de Louise Courvoisier, sorti en décembre 2024, a été plébiscité par le public avec près d'1 million d'entrées ! 

L'ayant raté lors de sa sortie en salles, j'ai voulu comprendre les raisons de son succès en le regardant en replay !

Je dois avouer que le pitch ne me séduisait guère (même si j'avais adoré Petit paysan en 2017) : Totone (Clément Faveau), 18 ans, passe le plus clair de son temps à boire des bières et écumer les bals du Jura avec sa bande de potes. Mais la réalité le rattrape : après le décès de son père, il doit s’occuper de sa petite sœur de 7 ans et trouver un moyen de gagner sa vie. Il se met alors en tête de fabriquer le meilleur comté de la région, celui avec lequel il remporterait la médaille d’or du concours agricole et 30 000 euros.

La réalisatrice a travaillé en famille et a fait appel à des acteurs non professionnels pour le casting de son film : elle les a dénichés grâce à des connaissances ou à un casting sauvage dans le Jura, dans les courses de motocross, les stock-cars ou les comices agricoles. Le héros Totone, travaille dans un élevage de volailles,  l'héroïne Marie-Lise (Maïwène Barthélémy). était en BTS agricole au moment du casting.  Enfin, la comédienne qui interprète la fromagère habite le village de la réalisatrice, et est en réalité gardienne de prison dans la vie !

C'est un premier film authentique et brouillon qui nous parle d'un monde frustre mais attachant que les citadins ne connaissent pas... et pourtant nous sommes ravis de déguster un bon comté !

A voir pour se décentrer et s'intéresser au monde agricole français qui résiste encore à la mondialisation ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Snobé par Télérama, le film mérite quand même d'être vu pour sa seconde partie, étonnamment touchante et profonde qui nous fait réfléchir à un grand sujet : comment faire cohabiter la France d'en haut et la France d'en bas ! 

Tout le début du film est contenu dans le pitch : suite à une erreur de réservation, deux familles que tout oppose, ainsi qu’un éditeur un peu snob et l’influenceuse qu’il souhaite publier, sont contraints de partager une sublime maison de vacances. Le choc des cultures est immédiat, entre habitudes incompatibles et personnalités bien affirmées...

Après un début un peu laborieux, le film est sauvé par son casting : trois acteurs de la Comédie Française : Pauline Clément (l'épouse du dentiste), Laurent Stocker (l'éditeur snob) et la jeune Claïna Clavaron (l'influenceuse gentiment inculte, dont c’est le deuxième rôle au cinéma),  auxquels s'ajoutent les dynamiques Clovis Cornillac et Aure Atika mais pas que !

On en ressort le sourire aux lèvres en formulant un rêve : que des espaces de "cohabitations forcées" soient constitués pour réconcilier les français, qui quels que soient leur milieu, leur origine ou leurs orientations de toutes natures se retrouvent sur des valeurs de partage et d'entraide ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

En avril 1968, Henry Marais, un professeur de la Sorbonne, évoque cette théorie selon laquelle Corneille aurait écrit les pièces de Molière...

Intrigués par ce mystère non encore élucidé, trois étudiants, Alaïa, Arthur et Avrell, décident de découvrir la vérité. L'enquête commence dans un Paris où frémit la révolte, mais les trois amis n'avancent pas et se heurtent à des rencontres qui les découragent de poursuivre leur enquête !

L'auteur Marc Tourneboeuf (27 ans) qui interprète également Arthur, a eu la bonne idée de ressortir l’éternel débat de l’authenticité des comédies de Molière, un mystère qui a alimenté bon nombre de polémiques : dans le années 1670, il fallait bien occuper les longues soirées oisives de la Cour, pendant les parties de tric-trac ou de jacquet, le tout sur fond de médisances et de cabales. 

On ne peut qu'admirer l'enthousiasme et l'énergie des 5 comédiens qui incarnent une trentaine de rôles, interprétant un texte que n'auraient pas renié les grands poètes de l'époque...

La mise en scène est originale et la contribution d'un musicien surdoué qui réalise toute la bande son, ne peut que nous séduire...

Cependant, le spectateur risque de perdre un peu le fil face à la multitude des personnages et surtout la complexité des thèses et des antithèses avancées...

Le spectacle qui est prolongé jusqu'en décembre mérite toutefois d'être vu malgré une fin un peu improbable, en rupture avec la finesse du scénario ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Enzo est le dernier film de Laurent Cantet (Palme d’or pour Entre les murs, 2008), décédé en 2024, film qu'il a co-écrit avec son ami et collaborateur de longue date, Robin Campillo (120 battements par minute). 

Il nous raconte l'histoire d'Enzo (Eloy Pohu dont c'est le premier rôle au cinéma), fils cadet d'une famille bourgeoise de La Ciotat, qui se cherche...

Il est doué en dessin mais il a arrêté ses études pour apprendre le métier de maçon...

Sur les chantiers, il côtoie des ouvriers issus d'un autre milieu et se fascine pour deux ukrainiens qui ont fui leur pays pour ne pas faire la guerre...

La cadre posé, le film avance mollement, chaque scène étant téléphonée...

Sous le ciel bleu, les maçons se vantent de leurs conquêtes féminines et ne rêvent que d'une chose : aller en boîte, s'amuser et piquer une tête dans les piscines...

Enzo lui, traîne son spleen  de gosse de riches et s'invente une histoire d'amour avec Vlad (Maksym Slivinskyi, acteur français dont c'est également une première interprétation), qui le repousse...

C'est long (1h42), invraisemblable par moment (tombé du toit de la maison qu'ils construisent, Enzo ne se casse qu'un poignet ?), convenu le plus souvent (attitude du père virile, attitude de la mère bienveillante...)

Seul le personnage de Vlad est intéressant dans sa complexité mais sa seule performance ne peut pas sauver le film qui, de mon point de vue, ne vaut pas la peine d'être vu, même si on peut le ranger dans les oeuvres "d'initiation" qui présentent toujours un aspect sociétal enrichissant ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier long métrage du réalisateur norvégien Lilja Ingolfsdottir était prometteur : nous raconter la lente dissolution d'un couple qui s'est aimé d'un amour fou...

Maria (impressionnante Helga Guren) se remet difficilement de son divorce avec un premier mari dont elle a eu deux enfants...

Lorsqu'elle rencontre Sigmund (désinvolte Oddgeir Thune) lors d'une soirée, c'est le coup de foudre (en tout cas de son côté) et elle va tout faire pour séduire cet homme, musicien de métier, qui semble plaire à tout le monde...

Leur histoire d'amour se traduit par deux nouveaux enfants qui viennent augmenter la charge mentale de Maria qui n'arrive pas à retrouver du travail et doit faire face aux longues absences de Sigmund...

Autant la première partie du film est passionnante, autant la seconde nous parait bâclée entre les colères de Maria, le mutisme de Sigmund, la révolte de la fille ainée, les visites chez le psy, un échange lunaire avec une mère toxique et une fin baguette magique...

Dommage ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Télérama fait un peu la fine bouche et compare le film du réalisateur coréen Hur Jin-ho à Parasites de Bong Joon-ho, mais A normal family est une oeuvre universelle qui s'inscrit dans notre réalité occidentale qui "ne sait plus comment gérer ses ados sous influence des réseaux sociaux" - alors que Parasites était une parodie ! 

C'est l'histoire de deux frères : l'aîné est un avocat matérialiste et le cadet un chirurgien idéaliste... 

Le premier, veuf et père d'un ado, s'est remarié à une jeune femme beaucoup plus jeune que lui avec laquelle il a eu un bébé...

Le second est marié et a une ado qui aide son jeune cousin dans ses devoirs mais est rarement à la maison...

Les deux couples se retrouvent régulièrement pour dîner dans un restaurant chic de Séoul mais le courant ne passe pas entre les deux épouses... et les frères se regardent en chiens de faïence...

Le film démarre sur une scène extrêmement violente qui oppose deux automobilistes puis se poursuit avec l'émergence d'une affaire criminelle (le tabassage à mort d'un SDF), drame qui amène les deux frères à suspecter l'implication de leurs enfants respectifs... 

La caméra suit avec talent l'évolution des différents protagonistes : parents et enfants et nous fait entrer dans le dilemme moral des deux frères et des deux belles soeurs et dans la tête des ados...

Nous assistons en direct à l'opposition qui divise les parents et les frères, à l'influence grandissante de la jeune épouse de l'aîné dans la prise de conscience des uns et des autres...

Le thriller ne dure qu'une heure et demi mais il est tellement dense et poignant que le spectateur ressort chamboulé par le miroir que nous tend le réalisateur ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

L’exposition Marie-Laure de Decker (1947-2023) à la Maison européenne de la photographie est la première grande rétrospective consacrée à cette figure majeure du photojournalisme,  capable de faire dialoguer l’Histoire et l’intime.

Mannequin puis photographe, elle séjourne au Vietnam de 1970 à 1972 comme correspondante de guerre pour le bureau de Newsweek à Saïgon et les Forces armées vietnamiennes, où elle se distingue par son approche unique du photojournalisme.

En effet, ses reportages, couvrant des conflits majeurs se caractérisent par une profonde humanité. Plutôt que de rechercher l’image choc, elle préfère capter la dignité des individus, explorant les hors-champs de la guerre. Ses photographies ne montrent pas la violence de façon frontale, mais la donnent à voir autrement – à travers les visages et les histoires de celles et ceux qui la traversent, comme en témoigne sa poignante série sur les combattants et les militants de ces pays.

En 1973, elle couvre l’actualité pour l’agence Gamma, avec en particulier la célèbre photo de  Valéry Giscard d'Estaing se regardant-lui-même à la télévision, le jour de son élection. 

De 1975 à 1979, elle voyage au Tchad, rencontrant Françoise Claustre, captive de Hissène Habré dans le désert tchadien, avec Raymond Depardon. 

En 1983, après la naissance de son premier enfant, elle séjourne au Chili ; puis en 1985, elle effectue un reportage en Chine sur la médecine. C'est aussi l'année de son premier voyage en Afrique du Sud.

En 1986, Marie-Laure de Decker collabore au magazine Studio et commence une activité de photographe de plateau, en particulier sur les films de Maurice Pialat ou Otar Iosseliani...  Sur le tournage d’Indochine, elle se lie d’amitié avec Catherine Deneuve.

En 1987, à la naissance de son second enfant, Marie-Laure de Decker se lance dans la photographie de mode pour de nombreux magazines, dont  Vogue. Elle poursuit son travail en Afrique du Sud pour témoigner de la fin de l'apartheid (elle rencontre Nelson Mandela en 1992-1993).

En 1995, elle s’installe dans le Tarn et poursuit sa carrière en consacrant de nombreux reportages aux Wodaabes, peuple nomade du sud du Tchad.

Enfin elle a réalisé de nombreux autoportraits.

Marie-Laure de Decker a traversé l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle avec son appareil photo, en réussissant à s'imposer dans un milieu largement masculin, où exercer ce métier relevait – et relève toujours – d’un véritable choix de vie, porté par la passion, l’adrénaline, les risques et les renoncements. À une époque où peu de femmes osaient s’engager sur ce terrain, elle l’a fait avec une détermination farouche et un courage hors du commun.

"Le courage, c'est ce qui fait la différence entre les gens" 

Une très belle et émouvante exposition à voir jusqu'au 25 septembre 

Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits
Autoportraits

Autoportraits

Annie Ernaux, Catherine Deneuve, Charlottr Rampling, Coluche, Françoise Sagan, Gilles Deleuze, François Mitterrand, Nelson Mandela, Orson Welles, VGE, Wim Wenders, Otar Iosseliani
Annie Ernaux, Catherine Deneuve, Charlottr Rampling, Coluche, Françoise Sagan, Gilles Deleuze, François Mitterrand, Nelson Mandela, Orson Welles, VGE, Wim Wenders, Otar Iosseliani
Annie Ernaux, Catherine Deneuve, Charlottr Rampling, Coluche, Françoise Sagan, Gilles Deleuze, François Mitterrand, Nelson Mandela, Orson Welles, VGE, Wim Wenders, Otar Iosseliani
Annie Ernaux, Catherine Deneuve, Charlottr Rampling, Coluche, Françoise Sagan, Gilles Deleuze, François Mitterrand, Nelson Mandela, Orson Welles, VGE, Wim Wenders, Otar Iosseliani
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Tchad, Afrique du Sud, Chili : portraits de combattant(e)s et de militant(e)s
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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Enfin une fiction amusante, dans l'air du temps avec de vrais personnages attachants et sans misérabilisme !

Avec deux formidables comédiens : Denis Podalydès qui incarne Pierre Chozène, un auteur qui n'arrive pas à se concentrer sur son projet de livre tant il ne cesse de recevoir des appels de son père, de sa fille, de son ex femme, de son éditeur et de journalistes... et Salif Cissé qui interprète Baptiste, un imitateur très doué qui n'arrive pas à percer et doit gagner sa vie en tentant de vendre des assurances à des propriétaires d'animaux de compagnie !

Quand Pierre Chozène propose à Baptiste de lui confier son smartphone pour répondre à sa place aux nombreux appels qui le perturbent, ce dernier se demande s'il est vraiment sérieux puis finit par accepter le challenge en le mettant en garde contre les maladresses qu'il va obligatoirement commettre...

C'est passionnant de voir comment Baptiste réussit peu à peu à peu à imiter la voix de Denis Podalydès et ses intonations si particulières et surtout comment il arrive à se glisser dans la peau du personnage, trompant allègrement ses interlocuteurs...

Mais c'est encore plus fascinant d'écouter Baptiste dans les improvisations qu'il ne tarde pas à se permettre, rebattant les cartes dans les relations que l'écrivain entretient avec son entourage et notamment avec sa fille Elsa (délicieuse Clara Bretheau) qui ne croit pas en son talent de peintre et Clara (tout aussi délicieuse Aure Atika), son dernier amour perdu...

Un film de Fabienne Godet, à voir dès mercredi pour sourire et succomber au charme de Salif Cissé qui crève littéralement l'écran jusqu'à une scène finale à couper le souffle !

 

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