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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

theatre

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Nombreux sont ceux qui connaissent le chef-d’œuvre de Théodore Géricault, "Le Radeau de la Méduse" réalisé en 1819, mais combien sommes-nous au XXIe siècle à connaitre l'histoire du naufrage de la frégate Méduse ?

C'est à travers l'écrit et la mise en scène de Geoffrey Callènes et Antoine Guiraud que nous sommes replongés dans cet épisode tragique de l'histoire de la marine coloniale française dans sa conquête du Sénégal...

Chargée d'acheminer le matériel administratif, les fonctionnaires et les militaires affectés à la future colonie, la frégate s'échoue en sur un banc de sable bien connu des navigateurs mais volontairement ignoré par l'incompétent  commandant Hugues Duroy de Chaumareys. La quasi-totalité des passagers et de l’équipage quitte l’épave en embarquant sur quatre canots, deux chaloupes et un grand radeau de fortune construit à la hâte où sont entassées 147 personnes qui doivent se maintenir debout à la surface de l'eau sur ce radeau, abandonné en pleine mer par les six autres embarcations pourtant censées le remorquer ; seules quinze personnes sont secourues douze ou treize jours plus tard, par l'Argus, un brick revenu en direction de l’épave ; les autres sont mortes sur le radeau et ont été jetées à la mer après avoir enduré la faim, la déshydratation, la folie et même l'anthropologie de leurs malheureux compagnons d'infortune...

Seul en scène, Antoine Guiraud interprète avec virtuosité le récit d'un des survivants : Pierre-Laurent Coste, un obscur matelot devenu bien malgré lui un homme aveuglé par son désir de survivre à tout prix...

Interprétant tous les personnages réels et fictifs, l'acteur nous tient en haleine durant 1h30 :  il nous raconte l'arrogance des puissants et l'impuissance des plus faibles, l'horreur vécue par ces personnes sacrifiées sans vivres ni eau potable, la folie et la cruauté humaine mises en œuvre dans l'élaboration de stratégies de survie... qui ne sont pas sans évoquer d'autres catastrophes comme celle beaucoup plus récente du crash du Mont Saint-Odile...

A voir jusqu'au 12 avril au théâtre du Lucernaire !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Sur une scène habitée par le nez du fuselage d'un avion, Franck Desmedt réussit à nous embarquer dans l'histoire hors du commun de l'aviateur écrivain Antoine de Saint-Exupéry...

Face à son public captivé, l'acteur qui continue à incarner Joseph Kessel dans le même théâtre, nous raconte la vie de cet homme engagé...

Dans l'aventure de l'Aéropostale il transporte le courrier de Toulouse au Sénégal puis rejoint en 1929 son ami Henri Guillaumet en Amérique du Sud pour contribuer au développement du service jusqu'en Patagonie...

Parallèlement il se lance dans une carrière d'écrivain et publie en 1929 son premier roman, Courrier Sud puis en1931, Vol de nuit qui connaît un immense succès....

Il épouse Consuelo Suncin Sandoval de Gomez, à la fois écrivaine et artiste salvadorienne, avec laquelle il aura une relation à la fois passionnée et douloureuse, cette dernière ne comprenant pas qu'il ne reste pas à ses côtés et continue à se mettre en danger...

En quête d'absolu, il tente de battre des records comme celui de Saïgon où il échouera dans le désert et sera sauvé par des bédouins : il s'inspirera de cette expérience pour écrire Le petit Prince, qui commence par un pilote échoué dans le désert...

En 1936, entre 2 raids, il part comme reporter en Espagne pour couvrir la guerre civile puis en 1939, il sert comme capitaine dans l'Armée de l'Air... 

Alternant les registres, occupant toute la scène, Franck Desmedt incarne avec talent et émotion cet homme épris de liberté et d'absolu qui a nourri son œuvre de sa vie ! 

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Inauguré en 1925, le Théâtre de la Michodière célèbre cette année 100 ans de comédie, avec une pièce mythique de Sacha Guitry (1885-1957), “La Jalousie”. 

Ce texte délicieusement cruel, explore avec brio,  les ressorts de la jalousie… Entre dialogues ciselés, paranoïa immodérée et revirements jubilatoires, l'auteur s’amuse de l’hypocrisie et de la mauvaise foi des hommes comme des femmes...

Brillamment mise en scène par Michel Fau, dans des décors délicieusement rétros,  la pièce qui s'inscrit dans le registre du "Boulevard" n'a pas pris une ride !

L'excellent Michel Fau et Gwendoline Hamon qui interprètent le couple Blondel, s'amusent visiblement beaucoup de s'approprier ce texte tout en rouerie où les répliques fusent sur tous les registres du mensonge et de la dissimulation !

Geneviève Casile, qui interprète la mère de Madame Blondel, apporte une note supplémentaire de finesse nourrie de son expérience de grande bourgeoise qui connaît les ressorts complexes des relations de couples.. Quant à Alexis Moncorgé, il  confirme son talent dans le rôle de l'amant présupposé et..., sachant mettre à profit son célibat pour mieux joue de son physique avantageux ! 

Ce spectacle est un vrai régal et la dernière représentation d'aujourd'hui a été longuement applaudie ! 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Richard III revu par le talentueux metteur en scène des Faux British, Gwen Aduh, l'affiche était tentante...

Les premières scènes où le réalisateur peine à boucler son projet sont d'autant plus savoureuses que le plateau vide encombré des objets perdus du précédent spectacle nous laisse imaginer un grand Shakespeare à petit budget et bouts de ficelle...

Si les 6 acteurs ne ménagent pas leur énergie pour enchaîner cocasseries et pitreries, le scénario est tellement décalé et délirant qu'il finit par ne plus être drôle du tout : pour moi en tout cas, car le public de la salle du Théâtre de la Tour Eiffel riait de bon cœur !

A voir jusqu'au 29 mars ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Présentée au Festival off d'Avignon en 2025, la pièce écrite par Sébastien Valignat et Logan de Carvalho, qui tire son nom du livre d’Arthur Schopenhauer, sonde notre monde politique et médiatique avec acuité et ironie, dévoilant les pires travers des responsables publics.

Devant leur pupitre respectif, PowerPoint en fond, Jane bardée de diplômes et professeur au lycée de Limoges (Maïa Le Fourn), et Bruno professeur de géographie au lycée de Limoges (David Guez),  animent un séminaire à destination d’hommes et de femmes politiques.

Faussement étonnés de se retrouver face au public du théâtre Tristan Bernard, les deux scientifiques du Groupe interdisciplinaire de recherche pour l’accession aux fonctions électorales (la Girafe), sont chargés de donner les clés d'une méthode, qui, si elle est suivie à la lettre,  doit permettre à de futurs candidates ou candidats de triompher à n’importe quelle élection, dans un pays évidemment démocratique.

Avec autorité et cynisme, s'encombrant assez peu d'éthique mais s'appuyant sur des études réelles (vocabulaire utilisé, habileté des discours, affiches électorales...), les deux experts répondent à toutes les questions qu'une femme ou un homme doit se poser avant de candidater pour être sûr(e) de gagner.

En prenant exemple sur les grandes personnalités politiques de notre pays, en insistant plus particulièrement sur la rhétorique de notre président actuel, les deux formateurs décortiquent, à force d’éloquents et véridiques exemples, les ficelles de la communication politique.

Nul besoin d’être vrai ou juste, il faut avoir un bon programme, réussir sa communication et surtout avoir toujours raison ! 

Un spectacle édifiant, intelligent, drôle et grinçant en forte résonance avec le futur combat qui va mettre face à face les candidates et candidats déclarés ou pas encore, dans le cadre de la prochaine élection présidentielle ! 

Les représentations viennent de commencer et le théâtre fait salle pleine ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Le Funambule Montmartre ne cesse de nous étonner par la qualité de sa programmation...

Au diner, ce soir, deux couples que tout sépare ont rendez-vous avec leurs enfants respectifs qui souhaitent qu'ils fassent connaissance...

Maureen et Richard, les parents de la jeune femme, respectivement femme au foyer et chirurgien dentiste attendent Laura et Paulo, les parents du jeune homme qui finissent par arriver en accusant les embouteillages...

Dès les premiers gestes quand Paulo se verse un verre de vin avant d'en proposer, dès les premières paroles où chacun se présente en attendant les enfants, la tension s'installe entre un couple "bourgeois" et un couple "bohême" qui se découvrent, se chamaillent à celui qui connaît mieux les personnages des Schtroumpfs...  Le ton se fait vite plus railleur d'un côté, plus condescendant de l'autre... et les enfants n'arrivent toujours pas...

Derrière les propos de comédie et l'apparente fable sociale, apparaissent les fêlures de chacun, les dissensions au sein de chaque couple...

Tout devient enjeu : qui est le parent qui connait le mieux son enfant, que désire-t-il vraiment pour elle / pour lui, de quelle nature sont les relations nouées entre les deux couples et leur enfant...

Les répliques fusent, les blessures apparaissent, les échecs se dessinent...

Quatre comédiens de grand talent nous renvoient à notre propre vécu de parents...

La salle rit beaucoup et la comédie aigre douce se termine par la célèbre chanson d'Adamo : "Vous permettez Monsieur que j'emprunte votre fille..."

A voir jusqu'au 1er février ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Plus que 3 dimanches à 17h45 pour voir ce spectacle étonnant et plein d'entrain, écrit et joué par une jeune troupe composée de 5 hommes qui sont tous d'excellents comédiens...

Le pitch pourrait vous décourager mais il ne faut surtout pas s'arrêter au titre de la pièce car 8 m2 c'est la surface de la cellule dans laquelle sont enfermés 4 prisonniers surveillés par un maton accordéoniste, bourru mais bienveillant

Quatre condamnés aux profils très différents : un agent scolaire, fromager de métier, un héritier fils à papa, un avocat kleptomane et un masseur naturopathe québécois, vont devoir apprendre à cohabiter dans ces 8 m2 pour des délits dont nous découvrons peu à peu qu'ils sont mineurs voire même qu'ils n'ont pas été commis...

Comme chez tous les prisonniers, les moments les plus importants sont la douche, la remise de colis, la promenade, la fête de Noël mais surtout le projet d'évasion qui ne manque pas d'originalité mais que je ne vais pas divulgâcher...

Pendant 1 heure 1/2, nous assistons à une série de tableaux qui donnent chacun lieu à des mises en situation comiques, enrichies par les différentes personnalités des protagonistes qui s'en donnent à cœur joie pour nous surprendre...

La salle complice est prise à partie et applaudit les joutes oratoires, parfois inégales mais toujours truculentes des 4 pieds nickelés !

Un spectacle sans prétention mais plein de bonne humeur à voir avant qu'il ne s'arrête le 28 décembre ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Le 4 décembre 1926, la voiture d’Agatha Christie est retrouvée accidentée près de l’étang de Silent Pool.  

Le superintendant Kenward (Drys Penthier) et sa coéquipière Hastings (Carla Girod) mènent l’enquête. Enlèvement ? Meurtre ? Disparition volontaire ? Les interrogatoires se succèdent : une fidèle gouvernante, un mari adultère (Axel Stein-Kurdzielewicz) , une amie fragile et un éditeur cupide forment une galerie de possibles suspects.

Ecrite par les trois comédiens cités plus haut et produite par la jeune et talentueuse troupe La Compagnie des Ballons Rouges, la pièce habilement mise en scène dans un décor ingénieux, nous révèle enfin la raison de la disparition de la romancière en nous proposant une hypothèse digne de s'inscrire dans la bibliographie de la célèbre conceptrice de polars ! 

Fine mouche, la jeune policière mène les interrogatoires et réunit les indices pour résoudre l'énigme jamais résolue de la disparition et de la réapparition 11 jours plus tard d'Agatha Christie qui, dans son autobiographie plaide l'amnésie sans expliquer son geste...

Basée sur des faits réels, la pièce introduit avec finesse une charge contre le "patriarcat" que l'on ne nommait pas, qui pesait et pèse toujours sur les femmes ! 

A voir jusqu'au 4 janvier au théâtre Le Funambule à Montmartre (uniquement les samedi et dimanche) 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Tiré d’une histoire vraie, la pièce nous raconte l'incroyable destin de Sylvin Rubinstein, danseur de flamenco devenu résistant pendant la seconde Guerre mondiale.

Avec sa sœur jumelle, Maria, il formait un duo flamboyant sous le nom de scène d'Imperio et Dolores dans les cabarets européens des années 30. Quand Maria est arrêtée par les nazis, Sylvin perd tout… sauf son art qu'il transforme en arme pour se venger.

Sous l'identité de « Dolores », il se réinvente, fuit d'un pays à l'autre et cachant sa judéité, mène des actions clandestines d’une audace folle avec l'aide d'un officier allemand lui même opposé au régime nazi. 

Adrien Melin incarne ce héros oublié avec une intensité rare, entouré d'une troupe de 4 comédiens qui interprètent une multitude de  rôles et d'un couple de danseurs de flamenco Sharon Sultan et Rubén Molina.

Les deux auteurs Yann Guillon et Stéphane Laporte ont découvert le destin de ce personnage hors du commun grâce à un épisode de la série documentaire Les oubliés de l'histoire sur Arte, qui lui était dédié.

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Aux premiers jours du printemps, Catherine et Vincent font connaissance en déjeunant sur le même banc public. Tous les deux sont mariés mais ils prennent l’habitude de s’y retrouver, de parler, de rire, de se confier l’un à l’autre.

Écrite et mise en scène par Anne Giafferi, la pièce qui réunit Isabelle Carré et Bernard Campan est un délice : plaisir des mots, finesse des dialogues, originalité des échanges, poésie des sentiments...

Comme à son habitude, Isabelle Carré est délicieuse de naturel et d'authenticité...

Quant à Bernard Campan qui n'incarne pas toujours des rôles subtils, il campe ici un homme complexe, attentif, curieux et attachant...

Hélène Babu interprète avec talent le rôle d'une épouse amoureuse, courageuse et perspicace face à Vincent qu'elle décrypte comme un livre ouvert...

Le compagnon de Catherine interprété par Stansus Stanic est un peu moins convaincant mais sa partition est difficile...

La pièce a démarré le 18 septembre et fait déjà salle comble devant un public conquis par tant de délicatesse !

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