Cristian Mungiu dont le film a été couronné à Cannes par le prix de la mise en scène, nous raconte l'histoire d'un père : Romeo (Adrian Titieni) qui se mobilise pour que sa fille Eliza (Maria Victoria Dragus) puisse partir de Roumanie pour étudier en Angleterre...
Eliza est une brillante élève mais victime d'une agression la veille de passer son baccalauréat, elle n'est pas certaine de réussir les épreuves avec un poignet dans le plâtre...
Le réalisateur nous attache aux pas de ce père, médecin de son état, qui ne pense plus qu'à une chose : trouver un moyen pour que sa fille ait plus de 18 de moyenne pour pouvoir bénéficier d'une bourse...
Quitte à renier ses idéaux, quitte à subir le mépris de sa fille qui ne lui a rien demandé et de son épouse, qu'il trompe allègrement depuis des années...
Le film est long (2h08), lent, plombé par le décor sinistre des banlieues staliniennes où l'intrigue se joue et la veulerie des personnages qui ont voulu croire à l'ouverture de la Roumanie à la démocratie occidentale mais toujours plus englués dans les combines nécessaires à leur survie...
J'aurais voulu aimer ce film mais je préfère le ton d'un Ken Loach qui, tout en dénonçant un système, sait nous attacher à ses personnages qui crèvent l'écran...
Dans "Baccalauréat", la société roumaine telle qu'elle nous est montrée, est tout simplement triste ! Comme les héros de ce drame qui ne sourient jamais et marchent tête basse vers leur destin...
Hugo Gélin réalise un remake d'une comédie mexicaine en faisant appel à deux comédiens français de talent Omar Sy et Clémence Poésy et en transposant l'intrigue dans le sud de la France et à Londres...
A 80 ans, Ken Loach est toujours en colère et continue à dénoncer cinquante ans après son premier brûlot Cathy come home, le système socio-économique anglais hérité des années Thatcher qui oppose les "petites gens" aux méandres administratifs de la recherche d'emploi, amplifiés par la nécessaire utilisation d'internet pour toute démarche !