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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier opus de Hirokazu Kore-eda a obtenu le Prix du Scénario  au Festival de Cannes 2023, mais ce n'est pas lui qui a écrit le scénario puisqu'il a fait appel à Yuji Sakamoto...

J'ai personnellement été déroutée par le film qui, selon moi, ne ressemble pas à "un Kore-eda" : aux récits magnifiques et linéaires de ses précédentes œuvres telles que Tel père, tel fils (Prix du jury et mention spéciale du Prix du jury œcuménique en 2013) et Une affaire de famille (Palme d'or en 2018), le cinéaste privilégie ici une histoire à tiroirs qui distrait le spectateur du cœur du propos à savoir les mystères de l'enfance...

Saori (Sakura Ando) qui élève seul Minato (Soya Kurokawa) depuis le décès de son mari, soupçonne Hori (Eita Nagayama), son professeur, d'être à l'origine des troubles de comportement de son fils...

Tout d'abord attachée aux impressions de la mère et aux réactions des différents adultes, la caméra se tourne peu à peu vers l'enfant et vers Eri, son camarade de classe : tous deux déçus par "l'absence" de leurs pères respectifs, ils se construisent un monde à eux...

Quand le scénario rajoute des pluies torrentielles à l'intrigue finale, on ne sait plus si on est dans un film familial ou dans un film catastrophe...

Un étonnant objet cinématographique !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ce premier film soudanais de l'Histoire du pays, en Sélection officielle au festival de Cannes 2023, a remporté le Prix de la liberté !

Sorti début novembre, noyé au milieu d'autres productions, très peu distribué, le film de Mohamed Kordofani trouve peu à peu son public (25 000 entrées à ce jour)...

Nous sommes en 2005 : au Soudan, les affrontements fratricides entre le Nord et le Sud reprennent suite à la mort accidentelle du leader des chrétiens du Sud, quelques mois après la signature d'un accord de paix...

Pour réaliser son film, Mohamed Kordofani a quitté le confort d'une carrière dans l'aéronautique pour créer sa société de production afin de lancer "un appel à la réconciliation pour construire une nouvelle identité nationale, basée sur des valeurs d’humanité, de coexistence et de justice plutôt que de race, de tribu et de sexe".

Tourné à Khartoum, le scénario nous immerge dans le quotidien de deux femmes que tout oppose : Mona (merveilleuse Eiman Yousif), de classe sociale favorisée et de religion musulmane vit à quelques rues de Julia (tout aussi merveilleuse Siran Riak), chrétienne pauvre venue du Sud...

Mona vit sous la coupe d'un mari jaloux qui lui a interdit de poursuivre sa carrière de chanteuse sous peine de la répudier, et ce d'autant plus qu'elle n'arrive pas à lui donner un enfant...

Quand Mona, suite à une série de circonstances dramatiques, décide d'embaucher Julia comme bonne, une complexe et belle relation se noue entre les deux femmes : dans des décors aux couleurs chaudes, Mona et Julia vont se découvrir, se confier, s'épauler, se reconstruire sous le regard perspicace du fils de Julia..

Une progression dramatique entrecoupée de douces scènes de complicité féminine, des dialogues profonds, des personnages secondaires bien campés, un contexte historique méconnu des pays occidentaux... un grand film, une fresque féministe qui mériterait une plus large diffusion !

A voir absolument avant qu'il ne disparaisse des écrans !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Rosa (formidable Céleste Brunnquell) est bien la fille de son père Etienne mais pas, comme elle le déclare, la fille de sa mère Virginie, mystérieusement disparue alors qu'elle n'était qu'un bébé...

Quand Etienne rencontre Virginie, c'est le coup de foudre : ils n'ont pas vingt ans et quand un bébé s'annonce, ils n'en ont guère plus...

Courageusement, Etienne (Manuel Pérez Biscayat excellent mais peu crédible dans un rôle de père), décide d'élever seule sa fille dans la maison familiale...

Ils se construisent dans leur relation à deux et dans leurs passions respectives : lui le foot, elle la peinture...

Quand Rosa décroche à 17 ans son examen pour une école de Beaux Arts à Metz, père et fille s'interrogent sur leur avenir...

Rosa est amoureuse de Youssef (Mohammed Louridi très prometteur) : ce dernier a entrepris d'écrire l'histoire de Rosa et d'Etienne qui, pour lui incarnent le drame et la poésie, alors que sa vie à lui est dramatiquement banale...

Etienne est amoureux d'Hélène (délicieuse Maud Wyler), chauffeur de taxi de son état...

Un film plein de poésie avec de nombreux moments de grâce mais également des séquences un peu inutiles...

Pour son deuxième long métrage, le réalisateur Erwan Le Duc n'a pas choisi un thème facile et le pari est plutôt réussi !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La recette : mettre dans un shaker une boarding school pour fils de riches dans un paysage enneigé du Massachusetts, Paul Hunham (formidable Paul Giamatti), un professeur disgracieux et mal aimé, Angus (Dominic Sessa prometteur), un ado intelligent mais dépressif et rebelle et Mary (Da'vine Joy Randolph), une cuisinière black aux formes rebondies dont le fils a été tué au Vietnam (nous sommes dans les années 70), secouer le tout et savourer durant 2h10 un film à la fois daté mais intemporel qui nous fait croire à la magie de Noël...

Le réalisateur américain Alexander Payne s'est inspiré de sa propre expérience pour nous offrir ce conte avec ces trois personnages principaux qui se retrouvent, chacun pour une raison différente, contraints de passer les vacances de Noël dans l'internat déserté...

Sans trahir le scénario, le spectateur comprend très vite que de ces trois solitudes va naître une complicité mais rien n'est convenu dans ce film et une vraie émotion va peu à peu s'installer, révélant les failles et les talents de chacun jusqu'à la dernière scène qui ouvre le champ des possibles...

Malgré une première partie un peu trop longue, le film vaut vraiment la peine d'être vu pour ses personnages très attachants !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice américaine, d'origine coréenne, Celine Song s'est inspirée de sa vie pour écrire son séduisant premier long métrage...

Composé aux trois âges de la vie de son héroïne Nora (magistrale Greta Lee), à 12 ans (émigration à Toronto), 24 ans (installation à New-York) et 36 ans (retrouvailles avec Hae Song, son amour de jeunesse), le film s'interroge sur le "inyeon" (le fil du destin en coréen)...

Comme l'explique la cinéaste "Dans les cultures occidentales, le destin est une chose que l’on doit impérativement réaliser. Mais dans les cultures orientales, lorsqu’on parle d’"inyeon", il ne s’agit pas forcément d’un élément sur lequel on peut agir. Je sais que le "inyeon" est une notion romantique, mais en fin de compte, il s’agit simplement du sentiment d’être connecté et d’apprécier les personnes qui entrent dans votre vie, que ce soit aujourd’hui, hier ou demain".

Empreint de mélancolie, le scénario s'attache à nous décrire le destin parallèle de Nora et Hae Song, élèves inséparables mais rivaux dans l'excellence, qui vont se perdre de vue au départ de Nora... pour se retrouver grâce aux réseaux sociaux puis dans la vraie vie 24 ans plus tard... elle mariée à Arthur, un écrivain juif new-yorkais et lui hésitant à sauter le pas...

Si les deux premières parties installent intelligemment l'histoire avec toutefois quelques longueurs, la troisième partie est éblouissante tant au niveau des interactions complexes entre les trois personnages que dans la poésie de leurs dialogues croisés, sous le signe de l'urgence car Hae Song (formidable Yoo Teo) effectue un court séjour à New-York...

A voir pour les amoureux du cinéma coréen mais pas que !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je vous rappelle le pitch : "en épousant la fille d’Enrico Macias, je ne me doutais pas que trente ans plus tard je lui en voudrais encore d’avoir transformé nos noces en show démesuré. En revoyant le film du mariage, je réalise que c’est vraiment là que j’ai commencé à « fonder une famille » : deux fils, une séparation, trois filles, une autre séparation, un deuil. Sur la tombe de mon psy, je tente une sorte d’inventaire. Que nous ont légué nos pères et nos mères ? Et moi, que vais-je laisser à mes enfants ?"

Le "Tout Cinéma" était réuni dans la magnifique grande salle du Balzac pour applaudir Oury Milshtein, qui présentait en avant-première son premier film en tant que réalisateur, aux côtés d'une Noémie Lvovsky au bord des larmes...

Durant la projection (le documentaire dure 1h20 mais il m'a paru plus long), j'ai vainement attendu que monte l'émotion évoquée par les critiques du Masque et la Plume... 

Le réalisateur réunit sa famille (ses ex et ses enfants), pour leur projeter le film de son premier mariage avec la fille d'Enrico Macias (le reportage dure deux heures pour cinq jours de mariage fastueux) - ainsi que plusieurs films amateurs réalisés lors des moments forts de sa vie (dont les derniers jours d'une de ses filles décédée d'une leucémie ou des images de sa mère atteinte d'Alzheimer)... et en profite pour recueillir leurs réactions...

Pris en otages par la caméra de leur père, les enfants s'étonnent du procédé, posent des questions, voire se rebiffent... devant nos yeux de spectateurs transformés en voyeurs...

Pour quelques moments d'humour juif (je préfère nettement la maestria de Woody Allen), que de verbiage analytique auto-complaisant pour narrer ses vagabondages sentimentaux d'une femme à l'autre et ses difficultés relationnelles avec ses parents !

Enrico Macias crève l'écran mais sa présence ne sauve pas le film !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Donya has a date with a "deer" in Bakersfield !

Le réalisateur irano-britannique Babak Jalali nous invite à partager quelques jours de la vie d'une réfugiée afghane de 20 ans qui travaille pour une fabrique chinoise de Fortune Cookies à San Francisco...

Le pitch peut intriguer, voire rebuter d'autant plus que le film est en noir et blanc ?!

Mais le quatrième long métrage de cet amoureux du cinéma est très séduisant, d'autant qu'il a choisi de nous parler des immigrés afghans et plus particulièrement de cette jeune femme de façon non victimaire...

Donya (formidable Anaita Wali Zada dont c'est le premier rôle au cinéma) vit à Fremont dans la plus importante communauté afghane aux USA...

Quand son patron lui confie l'importante tâche de rédiger les messages abrités par les cookies, Donya, qui est une femme puissante, décide de lancer une bouteille à la mer en confiant son numéro de téléphone à une bandelette...

Quelques personnages secondaires comme le psychanalyste fan de Croc Blanc qu'elle consulte pour des difficultés de sommeil, sa compagne d'atelier encombrée par sa mère ou le mécanicien qu'elle rencontre sur la route de Bakersfield... complètent le tableau de cette peinture universelle des laissés pour compte qui s'inventent leur propre bonheur !

Le film a reçu le Prix du jury du Festival de Deauville en 2023 !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier film de Wim Wenders (78 ans) a obtenu le Prix d'Interprétation Masculine pour Kōji Yakusho au Festival de Cannes 2023 et on ne peut qu'applaudir au choix du jury !

L'acteur japonais de 67 ans, déjà repéré dans The third murder (voir ma critique en avril 2018), interprète Hirayama, un senior qui continue à travailler à l'entretien des toilettes publiques de Tokyo... qui, comme l'explique le réalisateur, sont "des merveilles d'architecture qui ressemblent davantage à des temples de l'assainissement qu'à des toilettes classiques"

Le scénario épouse le rituel de cet homme au doux sourire qui soigne ses plantes avec amour, photographie son ami l'arbre sous différentes lumières, accomplit son travail avec le plus grand sérieux et sillonne la ville au volant de sa camionnette super équipée en écoutant des cassettes audio (la bande son des années 70/80 est superbe)...

Il dîne toujours au même endroit et l'agenda de son weekend est tout aussi millimétré...

Grand lecteur, il n'échange que de rares paroles avec ses collègues mais accueille les rencontres inopinées avec gourmandise...

Impossible de s'ennuyer durant les deux heures du film tant le visage de cet extraordinaire acteur est expressif : l’œil frétille, le sourire n'est jamais loin et illumine son regard empli d'humanité...

Un grand moment de cinéma, fait de petits riens comme autant d'instants de bonheurs tout simples !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La critique est unanime pour encenser le premier long métrage du rappeur belgo-congolais Baloji Tshiani...

Intriguée, je me suis précipitée pour rencontrer "une Afrique comme on n'en a jamais vu au cinéma", dixit Télérama...

Prix de la Nouvelle Voix dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2023, le film nous raconte le retour en République Démocratique du Congo de Koffi (Marc Zinga) après 15 ans d'absence, pour présenter sa future femme blanche Alice (Lucie Debay) à ses parents, puisqu'elle attend des jumeaux...

La mère de Koffi leur réserve un accueil glacial, quant à son père qui travaille dans une mine, il ne daigne pas se montrer...

Plongés tout de suite dans une ambiance de sorcellerie et d'hystérie, le scénario nous perd entre scènes oniriques, défilés de personnages carnavalesques, combats de gangs, cauchemars et réminiscences du conte Hansel et Gretel : le spectateur européen hésite entre la stupeur et l'incompréhension devant cette Afrique certes puissante mais hostile et menaçante...

J'avoue pour ma part ne pas être entrée dans le film et être ressortie de la salle vaguement nauséeuse...

Vous me direz !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

L'actrice espagnole Itsaso Arana, repérée dans Eva en août et Venez voir (voir ma critique en janvier 2023), est passée derrière la caméra pour nous parler d'un groupe de cinq jeunes femmes qui se réunissent dans une propriété à la campagne, durant sept jours d'été, pour répéter une pièce...

Dès les premières images, le spectateur s'attache à la personnalité de ces trentenaires qui profitent de cette parenthèse enchantée pour travailler leur rôle dans de soyeuses robes d'époque, se détendre dans une ambiance légère et primesautière et se confier dans des têtes à têtes bienveillants...

Le théâtre et la vie se confondent dans un scénario où Itsaso Arana aborde, sans aucun pathos ni volonté démonstrative, de graves et profonds sujets comme l'amour, le désir, la frustration, le rapport à la mort et la maternité...

Les cinq interprètes dont Itsaso Arana campent, chacune à sa façon, des femmes d'aujourd'hui : intelligentes, authentiques, fragiles et volontaires à la fois...

Les personnages secondaires : leur hôtesse, une petite fille et un joli garçon rencontré dans une fête de village complètent le tableau champêtre et nous font sourire...

On ressort de ce film avec le cœur un peu plus léger en se disant que oui, la vie peut nous réserver d'aussi jolis moments si on sait les saisir !

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