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Aux yeux de leurs électeurs, les défauts des leaders populistes se muent en qualités. Leur inexpérience est la preuve qu'ils n'appartiennent pas au cercle corrompu des élites et leur incompétence, le gage de leur authenticité. Les tensions qu'ils produisent au niveau international sont l'illustration de leur indépendance et les fake news, qui jalonnent leur propagande, la marque de leur liberté de penser.
Dans le monde de Donald Trump, de Boris Johnson et de Matteo Salvini, chaque jour porte sa gaffe, sa polémique, son coup d'éclat. Pourtant, derrière les apparences débridées du carnaval populiste, se cache le travail acharné de dizaines de spin-doctors, d'idéologues et, de plus en plus souvent, de scientifiques et d'experts du Big Data, sans lesquels ces leaders populistes ne seraient jamais parvenus au pouvoir.
Le physicien français Serge Galam a été un des seuls à prévoir l'élection de Donald Trump en partant de la théorie suivante : "La victoire de Trump dépend à la fois de l'existence d'une minorité d'intolérants et de l'existence d'une large majorité de personnes tolérantes qui ont refoulé, mais conservé, les préjugés que Trump veut activer avec ses déclarations provocantes "