/image%2F0168101%2F20250824%2Fob_75fccb_41j8z5xq8dl-sx195.jpg)
L'essai est un premier livre poignant d'Adèle Yon, à la lisière de différents genres : l’enquête familiale, le récit de soi, le road-trip, la documentation sur l'évolution des traitements psychiatriques depuis les théories de Jean-Martin Charcot...
À travers la voix de l'écrivaine, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires : celles du poids des secrets de famille, des peurs liées aux maladies mentales héréditaires, des violences faites aux femmes y compris dans les grandes familles bourgeoises et catholiques et surtout celle de la psychiatrie du XXe siècle...
Une chercheuse craignant de devenir "folle" car ne comprenant pas les colères qui l'habitent, mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Élisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C’est à peu près tout. Les enfants d’Élisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n’en parlent pas à leurs enfants qui n’en parlent pas à leurs petits-enfants. “C’était un nom qu’on ne prononçait pas. Maman, c’était un non-sujet”
Un essai de près de 400 pages qui se lit comme un roman et nous glace par les révélations que le lecteur découvre au fil des pages, venant ajouter une page sinistre aux ravages du patriarcat, dont on commence enfin à entrevoir les multiples répercussions qu'il a engendré et qu'il continue à générer dans la vie psychologique, matérielle et même physiologique de générations de femmes !