/image%2F0168101%2F20230729%2Fob_bd16bc_31mu1genr6l-sx195.jpg)
Octobre 2010. John Earle McLaren – " Whitey " – a soixante-sept ans. Homme blanc et puissant, père d'une famille de cinq enfants, il est connu comme l'ancien maire respecté de la petite ville de Hammond, dans l'État de New York. Alors quand il aperçoit un matin sur le bord de la chaussée un individu à la peau foncée brutalisé par des officiers de police, il fait de son intervention un devoir moral. Il tente de ramener les policiers à la raison, mais des coups de Taser l'envoient au sol, de violentes impulsions électriques auxquelles il ne survivra pas. Selon la version officielle, Whitey est décédé dans un accident de la route, des suites d'une crise cardiaque.
C'est le point de départ du récit du roman de Joyce Carol Oates (paru en 2020) : page après page, elle nous fait partager le deuil d'une famille anéantie par la mort du "pater familias"...
Le lecteur, fasciné par ce récit de 900 pages qui se lit comme un page turner, entre tour à tour dans la psyché de la femme de Whitey, la douce et dévouée Jessalyn, de son fils aîné Thom qui présente tous les signes de la réussite personnelle et professionnelle, de sa fille aînée Beverly dite Bev qui n'en peut plus d'être une desperate housewoman, de Lorene, la fille du milieu de la fratrie qui trouve son épanouissement dans ses responsabilités de proviseur de collège, de la petite dernière Sophia, la plus intelligente, qui hésite à entrer dans l'âge adulte et du petit dernier Virgil, le préféré de sa mère, qui a tourné le dos au modèle paternel en devenant hippie dans une communauté écolo...
Le texte brillamment construit nous donne à entendre ce que chacun pense, dit ou souhaiterait dire, fait ou souhaitait faire ; il nous parle du présent des membres de cette famille mais également de leur passé et nous suggère leur futur ; chacun est détruit par la mort du mari et du père et continue à s'"estimer" en fonction de ce qu'il aurait souhaité pour eux ; chacun imagine que l'autre ne peut pas réagir comme il le fait car leur père n'aurait pas encouragé cette attitude...
En filigrane mais sans complaisance l'auteur nous parle également des maux de la société américaine : son racisme, son puritanisme, son patriarcat assumé, son hypocrisie bien pensante, ses diktats de réussite, son capitalisme libéral ouvertement affiché et la violence de ses forces de l'ordre...
Au-delà de cette fascinante analyse, Joyce Carol Oates imagine un dénouement brillant qui rebat les cartes des caractères présupposés de chacun et révèle les forces cachées et les fissures de cette famille en apparence parfaite !
NB : le titre du livre fait référence à un poème de Walt Whitman

/image%2F0168101%2F20230724%2Fob_1a6948_affiche.png)
/image%2F0168101%2F20230724%2Fob_78b06d_sophie-rechsteiner-13.jpg)
/image%2F0168101%2F20230724%2Fob_58d556_5504053-jpg-r-1920-1080-f-jpg-q-x-xxyx.jpg)

/image%2F0168101%2F20230715%2Fob_b6455e_1042025-jpg-r-1920-1080-f-jpg-q-x-xxyx.jpg)


/image%2F0168101%2F20230707%2Fob_767b06_affiche.jpg)
/image%2F0168101%2F20230706%2Fob_0a3078_0544940-jpg-r-1920-1080-f-jpg-q-x-xxyx.jpg)