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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #livres

Octobre 2010. John Earle McLaren – " Whitey " – a soixante-sept ans. Homme blanc et puissant, père d'une famille de cinq enfants, il est connu comme l'ancien maire respecté de la petite ville de Hammond, dans l'État de New York. Alors quand il aperçoit un matin sur le bord de la chaussée un individu à la peau foncée brutalisé par des officiers de police, il fait de son intervention un devoir moral. Il tente de ramener les policiers à la raison, mais des coups de Taser l'envoient au sol, de violentes impulsions électriques auxquelles il ne survivra pas. Selon la version officielle, Whitey est décédé dans un accident de la route, des suites d'une crise cardiaque.

C'est le point de départ du récit du roman de Joyce Carol Oates (paru en 2020) : page après page, elle nous fait partager le deuil d'une famille anéantie par la mort du "pater familias"...

Le lecteur, fasciné par ce récit de 900 pages qui se lit comme un page turner, entre tour à tour dans la psyché de la femme de Whitey, la douce et dévouée Jessalyn, de son fils aîné Thom qui présente tous les signes de la réussite personnelle et professionnelle, de sa fille aînée Beverly dite Bev qui n'en peut plus d'être une desperate housewoman, de Lorene, la fille du milieu de la fratrie qui trouve son épanouissement dans ses responsabilités de proviseur de collège, de la petite dernière Sophia, la plus intelligente, qui hésite à entrer dans l'âge adulte et du petit dernier Virgil, le préféré de sa mère, qui a tourné le dos au modèle paternel en devenant hippie dans une communauté écolo...

Le texte brillamment construit nous donne à entendre ce que chacun pense, dit ou souhaiterait dire, fait ou souhaitait faire ; il nous parle du présent des membres de cette famille mais également de leur passé et nous suggère leur futur ; chacun est détruit par la mort du mari et du père et continue à s'"estimer" en fonction de ce qu'il aurait souhaité pour eux ; chacun imagine que l'autre ne peut pas réagir comme il le fait car leur père n'aurait pas encouragé cette attitude...

En filigrane mais sans complaisance l'auteur nous parle également des maux de la société américaine : son racisme, son puritanisme, son patriarcat assumé, son hypocrisie bien pensante, ses diktats de réussite, son capitalisme libéral ouvertement affiché et la violence de ses forces de l'ordre...

Au-delà de cette fascinante analyse, Joyce Carol Oates imagine un dénouement brillant qui rebat les cartes des caractères présupposés de chacun et révèle les forces cachées et les fissures de cette famille en apparence parfaite !

NB : le titre du livre fait référence à un poème de Walt Whitman

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les amateurs de séries sur Canal + la connaissent : Daphné Patakia interprétait la charmante et fantasque assistante de Didier Mathure (Melvil Poupaud) responsable du GEPAN (Groupe d'études des phénomènes aérospatiaux non identifiés) dans "Ovnis".

Dans le film de Marie Garel-Weiss, elle interprète Mimi, une attachante trentenaire bipolaire qui souhaite, malgré les conseils de sa thérapeute, devenir avocat pour défendre la veuve et l'orphelin...

En l'occurrence dans le scénario présent, un jeune homme injustement accusé... dont elle s'éprend dans tous les sens du terme... et pour la défense duquel elle réussit à remotiver un ancien avocat menacé de radiation (Benoît Poelvoorde qui n'est jamais meilleur que quand il apparait fragile)...

Un film joyeusement loufoque dans lequel Agnès Jaoui (excellente comme à son habitude), qui dirige le cabinet d'avocat dans lequel Mimi effectue sa "mission", est la seule figure "adulte" de l'histoire... quoique...

Un éloge de la différence, de la complémentarité des profils, de la pensée hors cadre, de la "folie" douce pour réenchanter le quotidien !

A voir pour sourire !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Après son exposition d'il y a deux ans "Vue sur mer", l'aquarelliste Sophie Rechsteiner se décentre de l'architecture (son premier métier), pour se concentrer sur les marines...

Inspirée par la côte basque, elle propose dans sa nouvelle exposition "Rivages" une série de vues des rivages locaux, de l’estran à l’océan...

Et succombe également à la magie des couleurs méditerranéennes !

A voir à la Galerie Bleu à Saint Jean de Luz jusqu'au 17 août !

 

Sophie Rechsteiner : une envoûtante exposition "côté mer"
Sophie Rechsteiner : une envoûtante exposition "côté mer"
Sophie Rechsteiner : une envoûtante exposition "côté mer"
Sophie Rechsteiner : une envoûtante exposition "côté mer"
Sophie Rechsteiner : une envoûtante exposition "côté mer"
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Sophie Rechsteiner : une envoûtante exposition "côté mer"
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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Au départ, un pitch improbable : Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réalité, elle le cache sous son lit...

A l'arrivée une comédie familiale originale et sensible sur le difficile travail de deuil... avec des personnages profondément humains : la mère (toujours formidable Ariane Ascaride), en plein déni qui s'appuie sur la complicité fortuite de son petit-fils, la fille Sylvie (Bérénice Bejo) qui recherche désespérément l'amour de sa mère, le fils Lucas (Thomas Scimeca) qui semble découvrir la vie avec son amoureuse Clara (délicieuse Marilou Aussilloux), une jeune fille pleine de vie et ouverte à toutes les spiritualités...

Un scénario plein de jolies surprises avec un twist à la toute fin qui donne toute sa profondeur au film...

Le premier long-métrage de l'actrice Camille Japy pourrait bien être la comédie de l'été !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Christopher Nolan s'est inspiré de la biographie : American Prometheus : The Triumph and Tragedy of J. Robert Oppenheimer écrite par Kai Bird et Martin J. Sherwin et récompensée d’un prix Pulitzer, pour écrire son scénario.

Trois heures pour nous décrire par le menu le destin du "père de la bombe atomique", J. Robert Oppenheimer, le génial physicien appelé par le gouvernement des Etats-Unis en 1942 pour contrecarrer le présupposé projet d'armement nucléaire de l'Allemagne nazie...

Un projet fou, qui a réuni des milliers de personnes à Los Alamos dans une ville laboratoire construite ex nihilo dans le désert du Nouveau Mexique, et qui s'est traduit par le lancement les 6 août et 9 août 1945 de la bombe atomique sur les villes martyres d'Hiroshima et de Nagasaki (103 000 à 220 000 morts selon les calculs, sans compter les cas ultérieurs de cancers ou autres pathologies secondaires).

Les moments les plus passionnants du film sont les périodes de doute de J. Robert Oppenheimer qui, contrairement au président Truman qui autorisa le largage des bombes, en avait intuité les conséquences mondiales en termes d'équilibre de la terreur...

Par contre, les scènes de l'enquête diligentée par le FBI en 1954 à l'encontre d'Oppenheimer puisque soupçonné d'intelligence avec l'URSS du fait de sa sympathie pour le parti communiste, sont de mon point de vue trop techniques et trop denses, provoquant un effet de "gavage" du spectateur qui aimerait pouvoir reprendre son souffle entre deux épisodes tragiques...

Cillian Murphy excelle dans ce rôle complexe d'un scientifique juif surdoué, amateur d'art et et de conquêtes féminines, polyglotte capable de déchiffrer le sanskrit et d'apprendre le néerlandais en un semestre...

Et Matt Damon est très à l'aise dans l'uniforme du colonel qui dirigea le projet ultra-secret baptisé Manhattan...

Sans oublier une brochette d'acteurs et de figurants (scientifiques dans la vraie vie) qui donnent à ce film tout son contenu humain et historique...

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Pierre Jolivet est adapté de la bande dessinée d’Inès Léraud et Pierre Van Hove, Algues vertes, l'histoire interdite, tirée de l'enquête menée par Inès Léraud sur le scandale des algues vertes.

Selon Inès Léraud : "L’enquête sur les algues vertes met en lumière de façon éloquente le conflit entre les intérêts économiques qui nous gouvernent, et les intérêts réels des populations. Il révèle les mensonges d’État qui peuvent être diffusés pour semer le trouble dans nos esprits et nous freiner dans nos mobilisations… Ce film résonne avec beaucoup d’autres sujets d’actualité."

C'est Céline Sallette qui incarne avec son habituel talent, le personnage de cette courageuse journaliste devenue lanceuse d'alerte après le décès d'un deuxième jogger dans la baie de Saint Brieuc...

Décidée à aller jusqu'au bout de son enquête, Inès Léraud qui s'est installée en Bretagne avec sa compagne, sillonne les routes pour interviewer les différents protagonistes de ce drame...

S'appuyant sur les militants écologistes locaux et les familles des victimes, elle n'hésite pas à affronter les agriculteurs, les éleveurs et la FNSEA leur puissant syndicat - ainsi que les élus locaux ou les députés européens en charge de la politique agricole de la France...

Très habilement construit, le scénario nous offre un cinéma vérité qui a le mérite de dévoiler une tragédie à l'échelle d'une région et offre quelques très jolis moments de partage entre la journaliste et les témoins qui ont décidé de lui faire confiance...

A voir pour tenter de comprendre la complexité politique qui se cache derrière cet enjeu environnemental !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Thomas Lilti, médecin généraliste de formation,  quitte l'univers de l'hôpital et de la médecine où il excellé avec Hippocrate, Médecin de campagne et Première année, pour nous plonger dans un collège de Meudon où nous retrouvons ses interprètes favoris : Vincent Lacoste, François Cluzet, William Lebghil (respectivement professeurs de mathématiques, de français et d'anglais).

Benjamin (Vincent Lacoste) dont c'est le premier remplacement se retrouve tout de suite confronté à un chahut pour une fenêtre qui ne  ferme pas...

Très vite François Cluzet, Adèle Exarchopoulos et Lise Bourgoin (excellents tous les trois), viennent à son secours et le ton est donné...

Face à des classes surchargées et à des adolescents "à problèmes", le corps professoral s'entraide et se donne des tuyaux pour mieux exercer son métier de transmission...

Thomas Lilti, dont quasiment toute la famille est dans l'Enseignement, a réalisé un film que l'on pourrait qualifier "d'utilité publique",  tant il sonne juste et s'emploie à dénoncer les idées toutes faites... 

En effet "Un métier sérieux" n'est pas un xième film sur les collèges avec son lot de blagues potaches : c'est un film "sérieux" qui nous confronte au quotidien de ces jeunes ou moins jeunes professeurs qui doivent jongler avec les contraintes d'une administration qui leur en demande beaucoup et n'est pas toujours bienveillante, l'agressivité de certains élèves soutenus inconditionnellement par des parents "dépassés", les galères de leur vie privée...  et leur questionnement personnel sur leurs compétences...

Des scènes dures comme l'inspection du professeur de SVT, le conseil de discipline qui oppose Vincent Lacoste à un "sauvageon", la relation conflictuelle entre Lise Bourgoin et son "ado en crise" de fils... alternent avec des moments d'amitié partagée dans des trajets en voiture ou autour d'un repas, de complicités qui se tissent (notamment entre Vincent Lacoste et Adèle Exarchopoulos)... et la parenthèse d'une journée en Normandie où François Cluzet initie les élèves au surf...

Un film à voir dès sa sortie sur les écrans nationaux le 13 septembre (c'est à Saint Jean de Luz que l'équipe a présenté pour la première fois le film au public !)

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, fascinée par l'histoire d'Olfa qui a fait grand bruit en 2016, a décidé d'en faire un objet cinématographique unique...

Mi-documentaire, mi-fiction, le récit nous permet d'entrer dans l'intimité de cette mère et de ses 4 filles : Olfa, femme de ménage, a élevé seule ses enfants après avoir quitté l'homme violent que sa famille lui a imposé...

Le départ des deux ainées pour Daech via la Libye a traumatisé Olfa et ses deux petites dernières Eya et Tayssir...

Kaouther Ben Hania a choisi de doubler Olfa dans les scènes les plus difficiles par Hend Sabri, une comédienne très connue en Tunisie et de confier les rôles des deux sœurs ainées aujourd'hui emprisonnées, à des actrices professionnelles ; seules Eva et Tayssir jouent leurs propres personnages...

La caméra au plus près des visages et des émotions filme le film en train de se faire avec des scènes d'une spontanéité magnifique durant lesquelles Olfa, Eya et Tayssir  se racontent et se confient pour mieux nourrir le scénario...

La violence alterne avec la tendresse, l'anecdotique avec l'universel, le drame avec l'humour : l'exercice permet-il de mieux comprendre la fascination de l'islam radical pour ces jeunes en quête de repères ?

Chacun y trouvera un début de réponse à ses questions !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Le duo d'artistes plasticiens et muralistes se plait décidément à Saint Jean de Luz : après une exposition à la galerie Portal et la fresque du garage Renault l'été dernier, ils investissent trois lieux de la cité des corsaires pour un événement artistique...

La ville, la mer et leurs légendes ont inspiré une quinzaine de toiles dans des dominantes bleu, rouge et jaune...

Si vous regardez attentivement les oeuvres, vous pourrez trouver des indices pour résoudre l'énigme posée par l'affiche : mais où est le trident de Poséidon, le roi des océans ?!

Titomulk nous interpellent à travers l'accumulation de leurs dessins, les références à la pop culture et les "punchlines" typographiques pour compléter l'immersion !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Un joli moment de cinéma, à la fois contemporain et intemporel avec deux formidables acteurs dont le sourire nous fait craquer !

Karin Viard (Nathalie) et Alex Lutz (Aymeric) se rencontrent, plus précisément se bousculent dans une rame de métro bondée... Les remarques et les injures volent bas, au grand amusement de quelques voyageurs...

Les deux protagonistes se retrouvent dans une cabine de Photomaton pour une scène savoureuse, ponctuée par les directives de la machine... et poursuivent leurs échanges en déambulant dans un Paris nocturne, tantôt très peuplé, tantôt désert...

Impossible de se quitter sans avoir parlé du couple et de son usure, des premières fois et du temps qui passe...  : écrit à quatre mains avec Karin Viard, le texte d'Alex Lutz pétille d'intelligence et de sensibilité...

Le spectateur, appelé à partager cette nuit, sourit de leur bonheur à se découvrir, à tenter de se comprendre, à partager leurs expériences, à expérimenter de nouvelles façons de se divertir au sens pascalien du terme...

Très habilement amené, le twist de la dernière partie du film donne une dimension existentielle à cette jolie histoire d'alchimie !

 

 

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