Pascal Bonitzer nous propose une adaptation du livre Maigret et les vieillards, écrit par Simenon en 1960, en le transposant au début des années 2000 au tout début de l'apparition du portable et avant le déferlement d'internet...
Une casting 5 étoiles (Denis Podalydès, Anne Alvaro, Dominique Reymond, Micha Lescot, Irène Jacob...) pour interpréter cette histoire qui s'inscrit dans une période de crise pour l'auteur Simenon, confronté à la question de l'âge...
Le commissaire Maigret (Denis Podalydès très crédible malgré sa frêle stature) est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné dans son bel appartement du 7e arrondissement...
C'est sa gouvernante Jacotte Larrieu (Anne Alvaro formidable en dévote dévouée à son patron), qui l'a découvert le matin même criblé de balles dans son bureau...
L'hypothèse politique est vite écartée car Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes (Dominique Reymond), dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder.
Toujours accompagné de son fidèle Janvier, le commissaire va peu à peu rencontrer la famille de ces deux hommes qui aimaient la même femme, contrainte par les usages à épouser un aristocrate...
Confronté à ce milieu huppé qu'il ne connait pas, Maigret va les entendre et surtout les écouter pour mener son enquête à son rythme, malgré les pressions qu'il subit...
Le film à la fois intemporel, désuet par le conformisme des figures qu'il rencontre et moderne du fait même de la présence de Denis Podalydès qui se glisse dans le personnage avec gourmandise et l’œil qui frise... nous offre des dialogues ciselés et des personnages nettement plus complexes qu'ils ne paraissent au premier abord...
Un divertissement de qualité pour une soirée pluvieuse !
Comme chaque année mais cette année encore avec beaucoup de retard, je vais me livrer à cet exercice difficile : passer en revue les films vus en 2025 et sélectionner ceux que j’ai particulièrement appréciés !
Avec 157 millions d’entrées en 2025, les salles françaises confirment la situation exceptionnelle de la France dans le paysage du cinéma mondial, même si l’année marque un sensible recul par rapport à 2024 (-13.6%) et n’a vraiment démarré qu’au printemps / été avec la sortie de blockbusters anglo-saxons ("Mission impossible" : 2.5M entrées, "Lilo et Stitch" : 5.1M entrées, "Jurassic World" : 3M entrées et "F1 le film" : 3.3M entrées…) pour finir en beauté à la fin de l’année avec 3 autres films anglo-saxons qui ont crevé les plafonds ("Avatar" 4.6M entrées, "Zootopie 2" : 6.2M entrées et La femme de ménage : 1.1M entrées)
A titre de comparaison, les entrées en Allemagne, en Italie et en Espagne sont respectivement de 85, 67 et 65 millions pour la même période.
Parmi les 216 films sortis sur les écrans français en 2025, j’en ai personnellement découvert 92 (soit environ 2 par semaine).
Je n’ai pas vu les blockbusters anglo-saxons ni le français "God Save the Tuche" (3M entrées), et je n’ai pas vu 2 films : "Un ours dans le Jura" (français) et "Sirat" (franco-espagnol) qui ont fait de bons scores (respectivement 1.4M et 700 000 entrées)
Ma sélection sera donc, comme chaque année, entièrement subjective !
J’ai établi une première sélection de mes films préférés : 30 films dont 15 français et 15 étrangers (dont 1 danois, 1 syrien, 1 ukrainien, 1 coréen, 1 égyptien, 1 brésilien, 1 québécois, 1 taïwanais, 2 iraniens, 2 japonais, 1 espagnol, 1 anglais et 1 américain…)
Sur ces 28 films, j’ai retenu 10 films qui constituent mon palmarès 2025 : 5 français et 5 étrangers (1 danois, 1 brésilien, 1 québécois, 1 ukrainien, 1 américain) mais contrairement à 2024 où mon film préféré : « En fanfare » s’était imposé, j’ai beaucoup hésité cette année !
Le n°1, « Valeur sentimentale », le dernier film du réalisateur danois et norvégien Joachim Trier nous invite à entrer dans l'histoire d'une famille marquée par le drame de la trahison d'un père qui a abandonné sa femme et ses filles pour poursuivre librement sa carrière de scénariste (récompensé par le Grand Prix à Cannes, 440 000 entrées)
Trois excellents acteurs : le père Stellan Skarsgard (1m91, 74 ans, impressionnant de froideur et d'émotions contenues), la sœur ainée Renate Reinsve (révélée dans Julie en 12 chapitres du même Joachim Trier) et la sœur cadette Inga Ibsdotter Lilleaas nous offrent une rare réflexion sur les liens familiaux, des scènes de sororité magiques et des échanges de regards et/ou des dialogues passionnants entre le père et la fille... sans oublier la maison qui est un personnage à part entière !
Le n°2, « Je suis toujours là » : dans son dernier opus, le réalisateur brésilien Walter Salles s'est inspiré du récit écrit par Marcelo, le fils de Rubens et Eunice Paiva, pour mettre en scène la tragédie qu’ils ont connue à la fin des années 60 à Rio de Janeiro... (3M entrées au Brésil)
Nous suivons le destin de cette famille brisée qui saura se relever et prenons conscience par touches successives de l'horreur de ces années de plomb qui continueront jusqu'en 1974, menant à la rupture, première dans l'histoire du Brésil, entre le régime et la hiérarchie catholique...
La figure d'Eunice interprétée avec maestria par Fernanda Torres qui décidera de quitter Rio pour reprendre des études de droit et devenir avocate et militante du mouvement anti-dictature militaire au Brésil, illumine le film du début à la fin !
Le n°3, « Les rêveurs » : dans son premier film d’inspiration autobiographique, Isabelle Carré souhaite avec finesse et sensibilité alerter sur la déliquescence de la pédopsychiatrie en France qui n'arrive pas à faire face à la multiplication des mal-être de l'adolescence et plus particulièrement des jeunes filles d'aujourd'hui…
Le scénario tout en finesse se déroule dans les années 80 à l'hôpital Necker où sont "enfermés dans une camisole chimique", les jeunes gens qui ont cherché à attenter à leur vie... La réalisatrice jeune est interprétée par la ravissante et expressive Tessa Dumont Janod dont c'est le premier rôle au cinéma et Alex Lutz, toujours aussi formidable, joue le frère musicien d'Isabelle Carré...
Le n°4, « Dossier 137 » : après "La nuit du 12" réalisé en 2022, film enquête sur un féminicide, qui a obtenu six César, dont celui du meilleur film et meilleur réalisateur, Dominik Moll s'attache dans son dernier opus à décortiquer le fonctionnement peu documenté de l'IGPN, au sein duquel il a réussi à s'immiscer.
Construit autour de Léa Drucker qui nous impressionne une fois de plus par son autorité naturelle et son empathie, le scénario nous plonge dans le dossier 137 dont elle hérite dans le cadre de la crise des Gilets Jaunes fin 2018 (702 000 entrées)
Le n°5, « Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan » : avec ce roman inspiré de sa vie, Roland Perez voulait rendre hommage à sa mère, et à toutes les mères qui se battent pour leur enfant. Jusqu'au décès de cette dernière, il n'avait jamais parlé publiquement de son handicap (1.5M entrées)
En choisissant Leïla Bekhti pour jouer le rôle de la mère, le réalisateur québécois Ken Scott a trouvé en cette actrice frémissante, la clé de voûte de son film qui, étant donné son sujet : le handicap, aurait pu être tire-larmes mais du fait de la présence solaire de cette mère "louve" ne peut que nous séduire et nous captiver...
Sylvie Vartan, qui a accepté de jouer son propre rôle dans le film, rend le film encore plus fort et plus émouvant !
Le n°6, « Deux procureurs » : une plongée glaçante dans le régime totalitaire de l’Union soviétique en 1937 ! Le réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa a adapté une nouvelle écrite en 1969 par Georgy Demidov, physicien arrêté en 1938 et envoyé au Goulag, dont les écrits furent saisis par le KGB en 1980 et ne purent être publiés qu’en 2009, après avoir dormi quarante ans dans l’ombre.
Le film qui a été tourné dans une prison de Riga construite en 1905 fascine par la figure du procureur local Alexander Kornev (Aleksandr Kuznetsov impressionnant de sobriété), un bolchévique intègre dont la soif de justice le conduira jusqu’au bureau du procureur général à Moscou...
Le n°7, « La condition » : le réalisateur français Jérôme Bonnel a adapté le roman "Amours" de Léonor de Récondo pour nous parler de patriarcat au début du XXe siècle
Swann Arlaud nous dérange et nous séduit une fois de plus par le large spectre de son jeu d'acteur n’hésitant pas à explorer la violence intérieure de son personnage, reflet fidèle d’une société façonnée par des siècles de rapports de domination et par le poids des non-dits...
Le n°8, « Partir un jour »: premier long-métrage d'Amélie Bonnin, le film réunit un duo gagnant composé de la chanteuse Juliette Armanet dont c'est le premier rôle au cinéma et Bastien Bouillon révélé dans "La nuit du 12" !
La cinéaste nous raconte l'histoire d’une jeune femme qui s’apprête à réaliser son rêve, ouvrir son propre restaurant gastronomique mais contactée par sa mère, interprétée par la merveilleuse Dominique Blanc, elle doit rentrer en catastrophe dans le village de son enfance à la suite de l'infarctus de son père qui tient un restaurant de Routiers dans le Loir et Cher...
Replongée malgré elle dans son passé, elle retrouve son premier amour interprété par Bastien Bouillon resté sur place, contrairement à elle qui est "montée" à Paris... (660 000 entrées)
Le n°9, « La petite cuisine de Mehdi », le premier long métrage du réalisateur français Amine Adjina est un vrai bijou de tendresse, d'humour et de réflexion sensible sur les rapports entre parents et grands enfants, sur fond d'exil...
Il nous raconte l'histoire de Mehdi (Younès Boucif à la bouille craquante), né en France de parents algériens émigrés, qui est devenu un cuisinier de talent dans une brasserie lyonnaise... Mais seul homme de la fratrie depuis le décès de son père, Mehdi ne veut pas faire de peine à sa mère en lui annonçant qu'il a renoncé à la cuisine de ses origines et surtout qu'il est fou amoureux d’une française de souche…
Le n°10, « The brutalist » : auréolé de 10 nominations aux Oscars, le film du réalisateur américain Brady Corbet et sa femme Mona Fastwold, nous fascine par le portrait de l’architecte László Tóth (personnage inventé incarné par Adrien Brody dont le charisme fiévreux lui a permis de décrocher l'Oscar du meilleur acteur), formé au Bauhaus, déporté durant la guerre et contraint de repartir à zéro aux Etats-Unis en se voyant confier un grand projet dans le style brutaliste !
Et aussi « La petite dernière » réalisé par Hafsia Herzi qui confirme son talent (385 000 entrées), « L’attachement » avec Valeria Bruni Tedeschi (779 000 entrées), « The amateur » un thriller original de James Hawes…
Et encore 2 films iraniens : « La femme qui en savait trop » et la Palme d’Or « Un simple accident » de Jafar Panahi, un film égyptien : « Les aigles de la République » avec le fascinant Fares Fares, un film coréen « A normal family », unthriller familial poignant, « L’inconnu de la Grande Arche » de Stéphane Demoustier, une page d’histoire architecturale passionnante avec Michel Fau et Swann Arlaud, « Le répondeur », une comédie amusante de Fabienne Godet avec Denis Podalydès et Salif Cissé, « La pie voleuse » dernier opus de Robert Guédiguian avec la toujours touchante Ariane Ascaride….
Par contre je n’ai pas succombé aux succès de « L’étranger »malgré le talent de Benjamin Voisin, de « Black Dog » (trop noir), de « Nino » malgré le profil intéressant de Théodore Pellerin éloigné des codes de la masculinité classique, ni « D’une bataille après l’autre »avec un Leonardo di Caprio fumeur de joints qui ne quitte pas sa robe de chambre!
Ainara 17 ans (ravissante Blanca Soroa dont c'est le premier rôle au cinéma), orpheline de mère, élève dans un lycée catholique à Bilbao, s'apprête à passer son bac.
A la surprise générale, cette brillante adolescente, qui a une vie sociale très épanouie et un petit ami, annonce à sa famille qu'elle souhaite participer à une période de "discernement" en vue d'entrer dans les ordres.
Le film est le troisième long-métrage de la cinéaste espagnole Alauda Ruiz de Azúa mais le premier à sortir sur les écrans français. Réputée pour sa série primée Querer sur les violences conjugales (Arte), la réalisatrice continue à explorer la complexité des relations familiales...
La nouvelle prend tous ses proches au dépourvu. Si Inaki son père, un peu démissionnaire, semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, Maité, la tante d’Ainara, farouchement athée, tente au contraire de convaincre sa nièce de réfléchir et de se lancer dans un parcours universitaire avant de prendre une décision irrévocable...
Tenu à distance des véritables questionnements d'Ainara, le spectateur assiste durant presque deux heures à une succession de scènes dans lesquelles alternent les repas en famille, les confidences entre copines, la vie au lycée et les séances de chorale, les échanges avec les sœurs du couvent et le jeune directeur de conscience... sans trop pouvoir démêler la logique qui habite la douce et énigmatique jeune fille...
On peut se réjouir de la dualité assumée du scénario, mais d'un autre côté, on reste un peu perplexe et désappointé face à une décision dont on ne connait visiblement pas tous les paramètres...
En 2025, le musée Zadkine célèbre les cent ans de l’Art déco en mettant en lumière les liens qu’a noués le sculpteur Ossip Zadkine avec les arts décoratifs dans les années 1920-1930. À travers plus de 90 œuvres – des sculptures, mais également des objets et du mobilier – l’exposition évoque, pour la première fois, les relations que Zadkine entretenait avec certains grands décorateurs de la période Art déco, tels Eileen Gray ou Marc du Plantier. Elle met aussi en évidence la parenté d’inspiration qui unit leurs créations.
Au début des années 1920, lorsque Zadkine, revenu du cubisme, cherche une voie nouvelle, il expérimente différentes techniques : il colore, dore et laque ses sculptures, donnant naissance à certains de ses chefs-d’œuvre comme l’Oiseau d’or, un plâtre doré à la feuille...
C’est cependant sa maîtrise de la taille-directe qui lui vaut d’être sollicité pour l’Exposition internationale des arts décoratifs en 1925. Aux côtés de sculpteurs comme Pompon ou les frères Martel, il participe au décor de la Pergola de la Douce France, un monumental édifice érigé sur l’esplanade des Invalides et qui entend remettre au goût du jour la technique ancestrale de la taille directe de la pierre, perçue comme plus authentique que le modelage.
L’exposition, conçue en cinq sections, explore dans un premier temps le « tournant décoratif » qui s’opère chez Zadkine dans les années 1920, moment où le sculpteur se passionne pour la couleur en sculpture et expérimente des techniques comme la dorure et la laque.
Une deuxième section met en avant les sculptures de Zadkine conçues pour l’architecture : Zadkine collabore en effet à plusieurs reprises avec des architectes pour décorer des monuments, à Paris comme à Bruxelles.
Les sections trois et quatre sont consacrées aux expositions de 1925 et 1937, auxquelles Zadkine a contribué. En cette année du centenaire, l’accent est mis sur l’Exposition de 1925 et sur la Pergola de la Douce France, l’un des rares monuments de 1925 encore conservés (la Pergola est en effet remontée en 1935 à Étampes où il est toujours possible de l’admirer aujourd’hui).
L’exposition se clôt avec l’évocation de trois décorateurs dont Zadkine était proche : Eileen Gray, Marc du Plantier et André Groult. Dans l’ancien atelier du sculpteur, mobiliers et objets dialoguent ainsi avec des œuvres de Zadkine, présentées à la façon dont elles s’intégraient dans les intérieurs Art déco.
A voir jusqu'au 12 avril 2026 dans le magnifique écrin de ce petit musée / jardin /atelier proche des jardins du Luxembourg !
Le Petit Palais poursuit son exploration de l’univers des peintres finlandais avec une rétrospective inédite consacrée à Pekka Halonen (1865-1933), l’une des figures majeures de l’âge d’or de la peinture finlandaise.
Comme son aîné Albert Edelfelt (1854-1905) et son grand ami Akseli Gallen-Kallela (1865-1931), Pekka Halonen complète sa formation à Paris. C’est auprès de Paul Gauguin, dont il est l’élève en 1893, qu’il trouve sa voie et forge son idéal : chanter l’âme de la Finlande, à travers ses paysages et ses traditions ancestrales, et vivre son art en adéquation avec ses engagements.
Né à Lapinlahti, ville du centre-est de la Finlande, en Savonie du Nord, et issu du monde paysan, Pekka Halonen baigne dès son plus jeune âge dans cette terre primitive dont il n’aura de cesse de restituer l’authenticité. Il ancre son attachement à sa terre natale dans la construction d’une maison-atelier, Halosenniemi, le long du lac de Tuusula, au nord d’Helsinki.
Inlassablement, il y peint le spectacle de la nature, au rythme des saisons et au gré des lumières. La symphonie majestueuse des neiges, qui fascine l’artiste, constitue son terrain d’expérimentation privilégié sans cesse renouvelé à la lumière des avant-gardes parisiennes – le japonisme, le synthétisme ou encore le fauvisme.
L’exposition, qui réunit plus d’une centaine d’œuvres (paysages, portraits), issues des plus grandes collections publiques et privées finlandaises, a été réalisée en partenariat avec le Musée d’Art de l’Ateneum – galerie nationale de Finlande (Helsinki).
Pour ma part j'ai nettement préféré les deux expositions de 2022 consacrées à Albert Edelfelt, qui excellait notamment dans les portraits - et à Akseli Gallen-Kallela dont l’œuvre était beaucoup plus variée ! (voir mes critiques)
A voir jusqu'au 22 février !
Paysages d'hiver : neige et dégel
Portraits : auto-portrait, portrait de sa femme, autres portraits
Fasciné par le potentiel cinématographique de cet univers peu exploré, Pierre Niney a contacté Yann Gozlan peu après la sortie de "Boîte Noire" en 2020 (où il interprétait un agent du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile chargé d'enquêter sur un accident d'avion)
Séduit par l’originalité et la pertinence du sujet, le réalisateur a immédiatement perçu le coaching comme un "symptôme d’une société en crise".
Durant plus de deux heures, nous assistons fascinés et tétanisés à la réussite fulgurante de Matt (Pierre Niney), parti de rien puisqu'il n'a aucun bagage académique, qui devient le coach en développement personnel le plus suivi de France.
Sincère au début de son parcours dans ses intentions d'aider les personnes dans leur quête de mieux être, le coach Matthieu Vasseur se transforme peu à peu en véritable rock star manipulateur qui électrise ses adeptes, jusqu'à inquiéter les autorités qui lui demandent de venir expliquer sa pratique...
Nous assistons aux séminaires qui réunissent jusqu'à 400 personnes et suivons son équipe dont fait partie sa femme Adèle (Marion Barbeau très juste) en coulisses...
Mais au fil du scénario, nous découvrons la faille de cet homme qui perd peu à peu toute mesure et bascule dans le règne émotionnel qui régit les réseaux sociaux... et le film se transforme en véritable thriller avec un "gentil paumé" (Anthony Bajon) qui devient toxique et un "méchant" qui se cache derrière un masque de fidèle adjoint...
A voir absolument si on s'intéresse à la "mode" actuelle du développement personnel et à ses nouveaux "prédicateurs" !
Présentée au Festival off d'Avignon en 2025, la pièce écrite par Sébastien Valignat et Logan de Carvalho, qui tire son nom du livre d’Arthur Schopenhauer, sonde notre monde politique et médiatique avec acuité et ironie, dévoilant les pires travers des responsables publics.
Devant leur pupitre respectif, PowerPoint en fond, Jane bardée de diplômes et professeur au lycée de Limoges (Maïa Le Fourn), et Bruno professeur de géographie au lycée de Limoges (David Guez), animent un séminaire à destination d’hommes et de femmes politiques.
Faussement étonnés de se retrouver face au public du théâtre Tristan Bernard, les deux scientifiques du Groupe interdisciplinaire de recherche pour l’accession aux fonctions électorales (la Girafe), sont chargés de donner les clés d'une méthode, qui, si elle est suivie à la lettre, doit permettre à de futurs candidates ou candidats de triompher à n’importe quelle élection, dans un pays évidemment démocratique.
Avec autorité et cynisme, s'encombrant assez peu d'éthique mais s'appuyant sur des études réelles (vocabulaire utilisé, habileté des discours, affiches électorales...), les deux experts répondent à toutes les questions qu'une femme ou un homme doit se poser avant de candidater pour être sûr(e) de gagner.
En prenant exemple sur les grandes personnalités politiques de notre pays, en insistant plus particulièrement sur la rhétorique de notre président actuel, les deux formateurs décortiquent, à force d’éloquents et véridiques exemples, les ficelles de la communication politique.
Nul besoin d’être vrai ou juste, il faut avoir un bon programme, réussir sa communication et surtout avoir toujours raison !
Un spectacle édifiant, intelligent, drôle et grinçant en forte résonance avec le futur combat qui va mettre face à face les candidates et candidats déclarés ou pas encore, dans le cadre de la prochaine élection présidentielle !
Les représentations viennent de commencer et le théâtre fait salle pleine !