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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

theatre

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Découvert au Festival d'Avignon 2022, après plus de cent représentations à travers toute la France, l’incroyable histoire vraie d’Eddie Edwards arrive enfin à Paris sur les planches du théâtre du Petit Montparnasse !

Dans sa petite ville anglaise, Michael-Eddie Edwards, est promis au métier de plâtrier, comme son père et son grand-père. Mais voilà qu’un soir, quelques minutes de télévision vont faire basculer le destin du jeune garçon…

Il sera présent aux jeux olympiques d'hiver dans la catégorie ski alpin !

Second enfant d'une famille pauvre et méritante, il est la risée de ses copains de collège et de lycée car il est malingre, myope et n'a pas les moyens de pratiquer un quelconque sport...

Mais habité par son rêve que ses parents trouvent chimérique, Eddie va se lancer des défis qui vont l'amener à multiples reprises à l'hôpital...

Benjamin Lhommas, ingénieur de métier qui s'est reconverti dans le métier d'acteur, interprète de façon touchante et humoristique, le personnage d'Eddie qui ne cesse de nous époustoufler dans l'énergie et l'inventivité qu'il dépense pour arriver au but qu'il s'est fixé...

Entouré de Sophie Accard et de Léonard Prain qui jouent avec brio une vingtaine de rôles, l'acteur incarne ce "héros ordinaire" devenu légende, puisque le texte de l'auteur Léonard Prain a reçu le Prix Littéraire Armand Gatti 2024 et est entré au répertoire de l'Education nationale...

Un spectacle à voir (même si le sport ne vous intéresse pas plus que cela) !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Claire (subtile Brigitte Froment) ne supporte plus d'être seule... aussi décide-t-elle de se faire livrer l'homme de sa vie...

Décontractée, elle prend son petit déjeuner quand soudain retentit la sonnerie de l'interphone...

Elle l'attendait l'après-midi, elle n'est pas prête mais comment être prête pour accueillir l'homme de sa vie...

D'autant que jusqu'à présent elle a accumulé les erreurs et les déceptions... Mais le livreur Paul (Olivier Hardouin) insiste et elle finit par le faire monter...

Une caisse immense bardée de scotch Attention Fragile débarque dans son salon...

Il est dedans lui dit le livreur mais il ne peut pas nous entendre... et le coût de la livraison est compris dans le prix...

Mais Claire ne sait plus... Comment s'appelle-t-il ? Peut-elle renvoyer le colis ?...

Dans une subtile mise en scène signée également Olivier Hardouin, le spectateur s'identifie peu à peu à cette femme, à la fois déterminée mais si fragile, qui fait un pas en avant puis se retire, qui a peur de sa réaction face à celui qu'elle a soigneusement choisi sur des critères très précis : il doit savoir danser le tango...

Face à elle, Paul s'agace mais l'écoute, se dérobe face aux questions mais se livre, menace de repartir mais reste...

Cette comédie écrite par Hugues de Rosamel (qui en a écrit une dizaine et une trentaine de chansons), nous parle sous couvert de légèreté d'un thème de société très actuel : la solitude !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Seule en scène au Studio Marigny, la pétillante Bérénice Bejo interprète avec brio le rôle de Maria, l'héroïne du roman autobiographique multi-primé de Maria Larrea, publié en 2022 qui a connu un véritable succès en librairie

L'histoire commence en Espagne, par deux naissances et deux abandons. En juin 1943, une prostituée obèse de Bilbao donne vie à un garçon qu'elle confie aux jésuites. Un peu plus tard, en Galice, une femme accouche d'une fille et la laisse aux soeurs d'un couvent. Elle revient la chercher dix ans après. L'enfant est belle comme le diable, jamais elle ne l'aimera. Le garçon, c'est Julian. La fille, c'est Victoria. Ce sont le père et la mère de Maria...

Dans un décor épuré, magnifiquement éclairé, l'actrice nous raconte l'histoire de sa famille écartelée entre leurs deux cultures : espagnole par la naissance, française par l'émigration...

Elle nous parle de ses parents, de son père gardien du théâtre de la Michodière dont elle craint les débordements avinés et de sa mère femme de ménage qui se tue au travail...

Elle nous parle d'elle également, de sa difficulté à trouver sa place dans le 2ème arrondissement de Paris quand on s'appelle Maria comme les femmes de ménage de ses condisciples, de son combat pour écrire son destin en s'engageant dans la formation élitiste de la Femis...  jusqu'au jour où elle apprend par hasard qu'elle n'est pas la fille de ses parents...

Maria retourne à Bilbao pour retrouver ses origines et se trouve confrontée à l'une des faces obscures de l'Espagne de Franco...

Le texte file à toute allure et le spectateur ne quitte pas des yeux une minute cette femme si jeune et si mûre qui occupe la scène comme elle habite Paris et Bilbao, entrecoupant les deux langues dans un savoureux mélange qui donne envie de réconcilier les deux mondes dont elle est l'histoire et l'avenir...

A voir absolument pour Bérénice Bejo mais aussi pour le thème universel de la filiation qui est ici, remarquablement développé !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Juin 1942, nous sommes dans le dépôt de Raymond Martineau, marchand de tissus dans le Marais...

Entouré de son plus vieil employé Louis, de son jeune apprenti Joseph, de sa femme et de sa fille,  le patron a décidé de faire son inventaire en bravant le couvre feu...

Pour ne pas être découverts, un rideau opacifie le soupirail qui donne sur la rue... mais des bruits d'armes à feu et des coups frappés à la porte viennent très rapidement interrompre les échanges familiers de la petite équipe...

C'est Marcel (Nicolas Martinez), le "collabo" du quartier, qui s'inquiète : un juif qu'il a blessé a réussi à s'échapper et il le cherche...

Durant une heure, la tension monte entre les différents protagonistes, dont on découvre peu à peu, au rythme des différentes incursions de Marcel, les secrets, les craintes et les combines pour échapper aux difficultés auxquelles sont exposés les habitants de la capitale et aux dangers qui menacent les juifs...

Anthony Michineau, qui a été récompensé par le Prix du meilleur auteur contemporain au festival off d'Avignon en 2023, nous offre une tranche de vie criante de vérité qui nous fait chavirer...

Les acteurs tous excellents (dont Anthony Michineau qui interprète Louis), jouent une partition à la fois drôle, dramatique et cruelle qui nous ramène aux années noires de l'occupation et nous fait réfléchir à l'actualité dans les différents thèmes abordés : l'amour d'un père pour sa fille, la trahison résultant des doubles injonctions auxquelles sont confrontés les personnages, le courage d'une femme et d'une mère qui tente de préserver sa famille, la banalité du mal...

J'avais adoré "Adieu Monsieur Haffmann"...  je crois que j'ai encore préféré "Les marchands d'étoiles" qui nous offre un véritable condensé des conditions de survie des parisiens sous le joug allemand !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Virginie Caloone nous parle de la sexualité des trentenaires à travers 3 personnages que nous découvrons sur la scène dans un décor de loge de télévision...

Caroline Montfort (Emmanuelle Le Bodin carrément survoltée), auteur à succès et marraine des mouvements  LGBTQUIA+, est invitée à faire la promotion de son dernier livre "Mon frère est homosexuel et j'en suis fière"...

Son frère Philippe (Tristan Zerbib dans un registre un peu appuyé), doit la rejoindre mais ne sait pas comment lui annoncer qu'il n'est plus gay et qu'il aime une femme...

Bientôt rejoints par Denis (Matthieu Cante dans un rôle ambigu), le mari de Caroline qui a également une révélation à lui faire, les trois personnages se lancent dans un dialogue de sourds...

Chacun veut parler mais est coupé par un autre, et chaque intervention vient brouiller le jeu des confidences qui tournent souvent à la farce...

Sur un thème très actuel et pas évident à traiter si ce n'est par l'humour, le propos sonne juste mais le langage et la gestuelle des trois comédiens, qui par ailleurs ne s'économisent pas, confèrent un côté superficiel et excessif à la problématique évoquée...

A voir pour passer un bon moment mais le spectacle aurait gagné à être plus subtil !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Pour découvrir la fascinante histoire du faussaire de génie que fut Han Van Meegeren, je vous conseille vivement d'aller entendre à la Contrescarpe la conférence théâtralisée passionnante conçue et interprétée par François Barluet qui se positionne en expert chevronné face au faussaire joué avec talent et facétie par Benoît Gourley.

Dans une mise en scène astucieuse, l'auteur nous raconte l'histoire vraie du peintre et faussaire en art, Han van Meegeren, qui a extorqué les Nazis de millions de dollars en leur vendant des contrefaçons de célèbres peintures !

1920 : Han van Meegeren est un peintre très doué… mais frustré d’être snobé par les critiques d'art, il veut prendre sa revanche !
Comme on ne connaît du grand Vermeer que quelques tableaux profanes, Han van Meegeren va prouver son talent en imaginant les tableaux religieux que le grand maître n’a pas peints. Au fil d’une vie rocambolesque, il enchaîne les faux, dupe Goering, trompe les plus grands experts et conservateurs à travers le monde, fait l’objet d’un procès retentissant…

C'est sur cette trame historique que les deux acteurs vont non seulement nous retracer les principaux épisodes de cette tromperie hors du commun mais également aborder des sujets aussi divers que les techniques de vieillissement, la spoliation des œuvres d’art et leur restitution, la fausse épidémie syndrome K., l’opération Fortitude et sa fausse armée…

Et cerise sur le gâteau, laisser du temps aux spectateurs pour poser des questions !

A voir d'urgence : dernière séance le 30 juin (vendredi à 19h et dimanche à 14h30) !

NB : Le film "Le dernier Vermeer" réalisé par Dan Friedkin en 2019 (visible actuellement sur Netflix) adapté du livre "The man who made Vermeers" par Jonathan Lopez en 2008 racontait déjà le parcours romancé de ce peintre d'exception

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Après le succès de Ivo Livi ou le destin d'Yves Montand (Molière du spectacle Musical 2017), spectacle que je n'avais pas vu,  Ali Bougheraba et Cristos Mitropoulos mettent en lumière le destin passionnant de la plus grande figure de la littérature mondiale : Agatha Christie !

Au théâtre de la Michodière, dans un décor très inventif, 6 excellents comédiens incarnent une quinzaine de personnages qui ont constitué l'entourage personnel et professionnel d'Agatha Mary Clarissa Miller, née le 15 septembre 1890 à Torquay, dans le comté de Devon, d'un père américain courtier, Frederick Alvah Miller, et d'une mère britannique Clarisse Margaret Boehmer, fille d'un capitaine de l'armée britannique.

Déjà toute petite, l'héroïne interprétée brillamment par Camille Favre-Bulle, déclarait que sa principale ambition était de devenir Lady Agatha, désir que ses proches lui prédisait impossible !

Le scénario virevoltant nous présente une Agatha douée d'une énergie inépuisable, se battant pour être une des premières femmes à monter dans un avion, perfectionnant sa formation à Paris pour devenir une parfaite épouse, se lançant avec ténacité mais sans succès dans une carrière de chanteuse lyrique, s'essayant à la poésie, puis au roman, se battant contre ses éditeurs qui l'exploitent, se mariant à Archibald Christie en pleine guerre, se faisant recruter dans les hôpitaux sans aucune connaissance médicale pour tenter de sauver les blessés de la 1ere guerre mondiale, voyageant toute seule au Moyen Orient où elle fit la connaissance d'un archéologue Max Mallowan... et surtout inventant deux héros immortalisés dans une œuvre pléthorique :  66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre...

Un spectacle à voir pour son rythme, son entrain et surtout pour Camille Favre Bulle, née au coeur des Alpes suisses, qui est une artiste complète : comédienne, danseuse, chanteuse, elle a enregistré en Afrique du Sud un album de chansons françaises qui a cartonné ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Quel bonheur d'assister à un spectacle qui réunit tous les talents :

- de l'écriture (nouvelle création du talentueux Benoit Solès auteur de la pièce "La machine de Turing" récompensée par 4 Molières en 2019),

- de l'interprétation avec un Benoit Solès magistral qui interprète Ed un mystérieux repris de justice appelé au secours par l'épouse de Jack London, une Anne Plantey audacieuse et sans filtre qui campe Charmian la partenaire de l'écrivain et le non moins charismatique Amaury de Crayencour qui incarne le célèbre auteur de "L'appel de la forêt" etc...

- de la mise en scène ingénieuse de Tristan Petitgirard qui joue à merveille des effets de lumière et des impressions aquatiques...

On suit sans en perdre une miette le combat oratoire de ces trois "fauves" qui tour à tour s'imposent et prennent le dessus dans le combat engagé par Charmian qui ne recule devant rien pour que celui qu'elle aime retrouve son inspiration et surtout son esprit de révolte !

Comme dit mon ami Philippe, un spectacle exceptionnel à voir de toute urgence puisqu'il se termine le 19 mai après une ultime prolongation !

"La maison du loup" : la magie du théâtre au Théâtre Rive Gauche !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Nicole Garcia occupe la scène du Théâtre de Paris pour 10 représentations exceptionnelles et se "confie" sur un texte incandescent écrit par Marie Ndiaye, mis en scène par Frédéric Bélier-Garcia !

Dans un décor sobre et élégant, la célèbre comédienne et réalisatrice incarne avec humilité et panache, une professeur de français qui n'a pas su ?, pas voulu ? empêcher le suicide de Daniella, une de ses élèves harcelée par ses camarades de classe...

Tétanisée à la perspective de se confronter aux parents de la jeune fille dont elle pressent la présence sur le palier de son appartement, cette femme fière et belle, emmitouflée dans son imperméable, ramasse son courrier et hésite à emprunter l'escalier...

C'est dans l'entrée déserte de cet immeuble bourgeois de Royan, qu'elle va peu à peu délivrer "sa" vérité sur le drame, "sa" vision de Daniella, "son" idée des relations entre Daniella et son environnement tant familial que scolaire - tout en se regardant dans le "miroir" que lui renvoie Daniella de sa propre enfance, de sa relation avec sa mère, de son arrivée en France après son départ d'Oran, de son parcours personnel et professionnel pour ressembler à la femme qu'elle a toujours souhaité montrer aux autres...

C'est poignant, fascinant, terriblement dérangeant... en un mot magnifique !

A voir de toute urgence jusqu'au 28 avril !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Anne Plumet interprète avec virtuosité l'enfant Nathalie Sarraute, née Natalia Tcherniak le 18 juillet 1900 près de Moscou dans une famille bourgeoise, juive assimilée, aisée et cultivée...

Dans une mise en scène minimaliste orchestrée par Tristan Le Doze avec deux simples chaises et quelques marches menant à une estrade, la comédienne raconte son enfance ballotée dès l'âge de deux ans, entre son père et sa mère, entre la France et la Russie...

Dialoguant avec Marie-Madeleine Burguet qui interprète les autres rôles féminins de sa vie dont sa mère et sa belle-mère, la petite fille se souvient, s'émeut, analyse "ses réactions physiques spontanées imperceptibles, très ténues, en réponse à une stimulation" qu'elle qualifiera dans son premier ouvrage Tropismes publié en 1939 de "mouvements indéfinissables qui glissent très rapidement aux limites de la conscience ; ils sont à l'origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver et qu'il est possible de définir ».

Le spectateur d'aujourd'hui est stupéfait de l'attitude de ses parents face à cette sensibilité enfantine : inimaginable aujourd'hui, en tout cas dans un milieu social de même nature, d'être rejetée tour à tour par une mère froide et distante qui à deux reprises, refusera de venir la voir durant trois ans et un père aimant, pudique et déchiré entre sa fille, sa seconde épouse et sa seconde fille jusqu'au point de rupture où Natalia comprend qu'elle ne sera nulle part chez elle...

J'ai pour ma part regretté la posture beaucoup trop raide de Marie-Madeleine Burguet qui aurait gagné à montrer plus de complexité dans un rôle certes ingrat et je pense que la pièce aurait gagné en puissance si le récit narratif avait pris plus de place dès les premiers instants de la représentation (un peu trop intellectuelle pour les non connaisseurs de l’œuvre de l'écrivain) 

A voir au Poche Montparnasse jusqu'au 20 avril !

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