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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

theatre

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Auteur à succès (entre autres) de la pièce "Dernier coup de ciseaux" (à l'affiche depuis 2011), Sébastien Azzopardi nous propose un spectacle divertissant au théâtre Michel...

Quatre acteurs de talent dans une pièce à 6 personnages, dans un décor inventif, un scénario à rebondissements et une mise en scène alerte...

Valentine (excellente Miren Pradier) et Sam (Sébastien Azzopardi très investi), sont mariés depuis 20 ans et ont un fils qui se "cherche"...

Quand Valentine soupçonne Sam de s'intéresser de trop près à Jo, la compagne de leur fils, elle le somme d'entamer une thérapie de couple pour tenter de démêler le vrai du faux et surtout faire repartir sur de bonnes bases, leur couple usé par les années de mariage...

Chacun va tour à tour raconter sa version de leur histoire et des épisodes qu'ils ont traversés... et les mensonges, les regrets, les émotions, les frustrations se dévoilent peu à peu dans un jeu de répliques savoureuses...

Marqués tous les deux par une origine sociale très différente, le délicat équilibre de leur couple repose sur des compromis qui les ont enfermés dans des personnages caricaturaux : elle, la brillante diplômée d'HEC qui travaille dans de grandes structures et voyage de par le monde, lui le barman qui a créé son restaurant à succès qui lui laisse peu de temps libre...

Une version modernisée d'une "pièce de boulevard" dans laquelle la femme mène la danse !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Classique du théâtre moderne britannique, la pièce Educating Rita écrite par Willy Russel en 1980, a été adaptée au cinéma en 1983 où le film a reçu trois nominations aux Oscars (meilleurs actrice Julie Walters, acteur Michael Caine et scénariste)

Reprise dans sa traduction française au théâtre Le Funambule depuis fin février, L'Education de Rita est une comédie drôle, touchante et incisive, magnifiquement interprétée par deux talentueux acteurs : la lumineuse Maxime-Lior Windisch et en contrepoint le sombre Owen Doyle...

Elle, coiffeuse à Liverpool, pétillante et curieuse, rêve de devenir une jeune femme cultivée. Lui, professeur de littérature désabusé et poète raté se noie dans ses livres et son whisky. Quand Rita décide de s'inscrire dans un programme d'Université libre, elle débarque comme une tornade dans le bureau de Frank qui essaye de s’en débarrasser mais elle s’accroche. Elle met tous ses espoirs dans l’éducation : "elle veut tout savoir",  alors que lui n’y croit plus.

Dans un décor envahi par les livres, ces deux-là vont peu à peu s'apprivoiser, le maître perdant ses certitudes au contact de cette étudiante hors normes, l'élève gagnant en indépendance d'esprit et en affirmation personnelle...

Au travers de ce texte brillant, le dramaturge anglais adapte sa propre histoire, puisque lui-même a quitté l'école à 15 ans, a enchaîné les petits boulots, est devenu coiffeur pour dames avant de reprendre ses études à l'âge de 20 ans... et de connaître le succès comme dramaturge... et cette mise en abîme est passionnante...

A voir sans attendre (dernière représentation le 28 avril) !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

"Toute une vie sans se voir" propose une relecture moderne d'Orphée et Eurydice, ces deux amants condamnés à ne plus pouvoir se regarder...

En 1973, Véronique Sanson a quitté Michel Berger. Elle regrettera la manière dont elle l’a fait et cette culpabilité nourrira la majorité de ses compositions.

Michel et Véronique vont s’écrire tout au long de leurs vies à travers les textes de leurs chansons qui se répondent -  et c'est ce qu'on (re)découvre en écoutant Julie Rousseau et Bastien Lucas qui les interprètent avec brio sur la scène du Studio Hébertot...

Sans chercher complètement à les imiter, les deux artistes mêlent leurs voix et s'accompagnent au piano dans un jeu  enlevé et toujours empli d'émotion...

Le spectateur/auditeur retrouve avec plaisir les plus grands succès de Véronique Sanson et le talent pianistique de Michel Berger...

Seul petit bémol à ce spectacle délicieux : un petit déséquilibre entre les deux acteurs, tant l'énergie de Julie Rousseau est particulièrement séduisante !

Le spectacle, qui est une reprise, est programmé jusqu'au 7 avril !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Courez voir ce spectacle éminemment réjouissant en ces temps anxiogènes et pluvieux !

Nicolas Briançon (Jean Poiret) et François Berléand (Michel Serrault) font revivre le duo complice qui connut la gloire dès l'année 1953, en se produisant au Tabou, un célèbre club de jazz de Saint-Germain des Prés !

Comme le dit Nathalie Serrault, fille de, qui a réalisé la mise en scène : "J’ai souhaité transmettre et partager beaucoup de joie et un peu de folie, en proposant un florilège de leur univers déjanté, en évoquant leurs influences, leurs parcours, leurs débuts au cabaret, la télévision qui leur offre une notoriété grandissante, le cinéma (Sacha Guitry leur confiera les rôles principaux de son film Assassins et voleurs en 1956) la publicité, et bien sûr, le théâtre, tout en soulignant l’intemporalité des sketchs par quelques références plus actuelles" - et c'est réussi !!!

Huit sketchs menés tambour battant, des interludes clin d’œil à l'actualité, un extrait d'un spectacle des années 50... le public conquis en redemande !

J'ai particulièrement apprécié deux sketchs qui s'inscrivent dans notre contemporanéité :

- le réseau de métro parisien pour résorber les embouteillages dans Paris mais dont la ligne n°1 n'est pas complètement rectiligne et donne accès à de trop nombreux monuments qu'il conviendrait de délocaliser en régions 🤣

- la pratique de la gymnastique en chambre pour être à la hauteur des héros des Jeux Olympiques !

Une heure 1/2 pour retrouver la pêche et donner envie de se replonger dans les sketchs originels, disponibles sur le site de l'INA !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

La pièce de la dramaturge australo-britannique Suzie Miller, arrive en France au théâtre du Petit Montparnasse, après sa création remarquée et auréolée de récompenses en 2022 au Théâtre Harold Pinter à Londres.

Se reflétant dans le miroir qui occupe tout le fond de la scène, Elodie Navarre interprète dans un monologue élégant et magistral, Tessa une jeune avocate issue d’un milieu ouvrier, qui quitte Liverpool pour la faculté de droit de Cambridge et gravit tous les échelons jusqu’à devenir une brillante avocate pénaliste, spécialisée dans la défense des hommes accusés d’agressions sexuelles.

De prima facie ou à première vue, Tessa a totalement épousé les fondements du système judiciaire dans le traitement des affaires de viol, puisqu'elle n'hésite pas à utiliser toutes les formes de rhétorique pour défendre ses clients, en déstabilisant les victimes...

Travailleuse acharnée, elle gagne tous ses procès et se voit très flattée lorsqu'elle est courtisée par un pénaliste de son cabinet, pur produit de l'intelligentsia britannique...

Lorsque sa vie bascule après une soirée arrosée, elle va passer sept cent quatre-vingt-deux jours à faire valoir ses droits, à se débattre dans une procédure judiciaire qui, bien qu’elle en connaisse les moindres rouages, va mettre en doute son récit...

Le spectateur, éprouvé par cette charge implacable qui peu à peu décrédibilise la victime, se découvre dans ce même miroir dans un jeu subtil d'éclairage... confronté au questionnement si actuel mais essentiel sur la notion de consentement !

Et l'on se dit que "quelque chose doit changer" dans ce droit façonné par des générations d’hommes où la charge de la preuve revient à la femme victime !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Comment présenter l’œuvre de Freud sous un autre angle sans tomber dans la facilité ni dans la cérébralité ?

C'est ce difficile équilibre entre comédie, émotion et références biographiques que Leonardo de la Fuente a réussi à mettre en mots !

Rome 1923, dans une magnifique chambre d'hôtel à Rome, Freud tente de dormir malgré d'insupportables douleurs à la mâchoire...

Il a expressément demandé à ce qu'on ne le réveille pas, aussi est-il furieux quand Marie, une jeune et jolie femme de chambre de 23 ans ouvre brutalement les rideaux de sa chambre à 9h30 du matin pour faire entrer le soleil...

Dans une mise en scène menée tambour battant par Alain Sachs, les deux personnages que tout sépare, entament un dialogue savoureux où le grand docteur Freud n'a pas toujours l'avantage...

Car Marie (délicieuse Nassima Benchicou) n'a pas la langue dans sa poche et si elle ne comprend pas tout, elle a sa propre connaissance, transmise par sa mère, de l'analyse des rêves !

Face à cette fraicheur et à cette candeur, Freud (François Berléand très investi dans le rôle), perd tous ses repères : vite séduit, tantôt exaspéré, souvent désarmé, parfois bouleversé... et se retrouve assez rapidement dans la position de l'analysé !

Le spectateur sourit, se réjouit des changements de posture des deux protagonistes, s'amuse des quiproquos de langage et ne comprend qu'à la toute fin qu'il est au théâtre et non sur le divan d'un analyste !

Un spectacle intelligent et divertissant à voir au théâtre Montparnasse

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Séduite par Le repas des fauves dans ce même théâtre, je m'attendais à un spectacle "jeu de massacre" jubilatoire...

En réalité, le texte bavard de Jean Anouilh a pris un coup de vieux, les personnages manquent de profondeur et les femmes sont réduites à leur image de potiche ou de faire valoir !

Dans une petite ville de province, un groupe d’amis de la bonne société se donne rendez-vous pour un « dîner de têtes ». Chacun doit se faire la tête d’un grand personnage de la Révolution française. André Bitos, fils du peuple devenu magistrat incorruptible et vertueux, est l’invité d’honneur : il jouera Robespierre !

La pièce, créée en 1956 au théâtre Montparnasse et écrite pour Michel Bouquet fut un triomphe et un scandale car Anouilh osait s’attaquer, dans un parallèle avec la Terreur de 1793, à un totem : l’épuration, considérée alors comme la suite de la Libération de 1944...

Renvoyant le Vice et la Vertu à des comportements petits bourgeois, la pièce peine à séduire d'autant que les acteurs dont Maxime d'Aboville (Robespierre) semblent sortir d'un livre d'Histoire poussiéreux et manichéen...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Coup de cœur du Festival d'Avignon 2022, pour la première fois sur une scène parisienne, le Théâtre des Béliers nous propose  l'adaptation de la pièce à succès d'Aaron Posner tirée du roman éponyme de Chaïm Potok (peintre connu pour ses tableaux de crucifixion et écrivain), paru en 1972

Dans le Brooklyn d'après-guerre, Asher Lev persuadé de son talent artistique, veut devenir peintre à tout prix, contre la volonté de sa famille et surtout de son père Arveh et contre les valeurs de sa communauté hassidique. qui considère l'art profane au mieux comme une perte de temps, au pire comme un sacrilège...

Refusant de suivre son père en Europe, le jeune garçon fréquente les musées d'art et étudie la peinture avec Jacob Khan, peintre juif non pratiquant que le rabbin, convaincu du génie précoce d'Asher Lev, lui a présenté...

Ecartelé entre traditions et individualisme, entre sa religion qu'il ne renie à aucun moment et son don artistique qu'il ne peut refuser, Asher Lev va tenter de se construire avec l'aide de sa mère Rivkeh, dont il célébrera l'abnégation dans son œuvre...

Martin Karmann habite littéralement le rôle d'Asher Lev avec la sensibilité de l'artiste qu'il incarne...

Guillaume Bouchède et Stéphanie Caillol interprètent les parents d'Asher Lev et endossent tous les habits des différents protagonistes de cette histoire : le rabbin, le professeur, les oncles.. pour Guillaume Bouchède, la propriétaire de la galerie d'art et le premier modèle de nu pour Stéphanie Caillol !

Applaudis par une salle comble un mercredi de semaine, les acteurs nous font réfléchir et nous émeuvent durant toute la représentation...

A voir absolument !

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Publié le par Adeline L
Publié dans : #théâtre

Cela fait plus de cinquante ans que les Tréteaux Lyriques, plus ancienne troupe d'amateurs en activité, enchantent les spectateurs par leurs créations d’œuvres d'Offenbach

Les "Brigands" s'installent au Gymnase pour 12 représentations exceptionnelles du 12 janvier au 4 février.

Au cœur d’un paysage sauvage et montagneux règnent les terribles Brigands de la bande de Falsacappa, qui n’ont rien à craindre des carabiniers dont la principale qualité est d’arriver « toujours trop tard ». Mais les affaires vont mal et il est urgent que Falsacappa et son fidèle mentor Pietro trouvent une idée pour renflouer leurs caisses. Les "Brigands" , présenté pour la première fois en septembre 1869, est le dernier grand succès d'Offenbach avant la guerre franco-prussienne de 1870, dont le « bruit de bottes » résonne déjà dans le fameux chœur des carabiniers. C'est un véritable monde à l’envers, qui malmène autant la géographie que les convenances, où le brigandage fait loi et l’armée de la figuration, et où l’argent ne fait même plus le bonheur !

Yves Coudray, grand connaisseur d'Offenbach, met en scène le spectacle en trois actes avec une troupe composée de jeunes chanteurs amateurs passionnés, encadrés par des professionnels (chorégraphe, costumier, orchestre, chef de chœur... )

Un spectacle vif, enlevé, coloré, drôle, chatoyant qui nous emporte dans son enthousiasme contagieux !

Il faut aller applaudir ces brigands bénévoles bien sympathiques, d'autant qu'au lieu de détrousser les spectateurs, ils reversent tous leurs bénéfices à des associations caritatives (cette année Les Papillons blancs de Paris, La salle à manger et La Ressourcerie)

Prochaines représentations : les 20, 21, 26, 27, 28 janvier et les 1er, 3 et 4 février 2024 à 20h30 (sauf dimanches à 17h00)

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Conseillée par une amie, je suis allée voir ce spectacle dont le succès se construit par le bouche à oreille (la pièce serait en passe d'être nominée aux Molières 2024)...

Trois formidables comédiens occupent la scène d'un théâtre que je ne connaissais pas : "Les Enfants du Paradis* dont la programmation est foisonnante...

Une musique jazzy nous enveloppe avant même que le rideau ne se lève et dès les premières minutes, le spectateur est captivé par cette histoire improbable : 1942, Paul, un handicapé moteur,  Jean, un zazou blessé en fuite et Michèle une fermière pétainiste sont contraints de cohabiter jusqu'à la fin de la guerre dans un hospice déserté, au fin fond de la campagne picarde...

Ecrit et interprété par Franck Le Hen (qui joue le zazou), le texte est inventif, profond, habilement rythmé par quelques émissions de Radio Londres ou l'écoute de succès musicaux de l'époque...

Matthieu Nina (qui est réellement handicapé) est la clé de voûte de ce spectacle : abandonné par ses parents, il s'est forgé tout seul une conscience politique en lisant tout ce qui lui tombait sous les yeux : engagé, concerné, protecteur, c'est lui qui assure la survie matérielle du groupe et c'est grâce à lui que ses deux compagnons d'infortune vont se poser les bonnes questions et réveiller le meilleur d'eux-mêmes !

Un bijou d'humanité à voir absolument (la pièce est programmée jusqu'au 27 février)

*Deux salles, flambant neuves, au 34 rue Richer, accolées aux Folies Bergère au cœur du 9ème arrondissement et à deux pas des Grands Boulevards où bouillonnent l’esprit de comédie et l’énergie du divertissement, dans le confort de leurs fauteuils rouges de plaisir, d’où l’on voit bien de partout, et tout ce qui se passe sur leurs larges scènes, comme si l’on avait descendu le Paradis (autrefois dernier balcon des théâtres où l’on entassait les plus démunis) à hauteur d’orchestre pour partager des fêtes terrestres.

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