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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

theatre

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

La pièce nous plonge en 1993, dans un bunker isolé au cœur d’une forêt suisse, où François Genoud (interprété par un Jacques Weber magistral), surnommé le banquier des nazis, vit ses derniers instants. Toute sa vie, il a échappé à la justice et n’a jamais éprouvé de remords.

Pour son ultime coup d’éclat, il accepte de recevoir une jeune journaliste d’un quotidien israélien, incarnée par Elodie Navarre au jeu impeccable mais dont la frêle silhouette n'arrive pas toujours à faire le poids face au monstre tapi dans sa tanière...

Dès son arrivée dans cet espace sans porte ni fenêtre, la jeune femme semble s'être jetée innocemment et naïvement dans la gueule du loup comme dans le conte du Petit chaperon rouge, mais le scénario à rebondissements nous étonne jusqu'au twist final, qui arrive, de mon point de vue, un peu tard dans le scénario...

Qu'est-elle venue chercher, quel dernier message veut-il faire passer : les deux personnages, beaucoup plus complexes que leur première description ne le laisse paraître, s'affrontent dans un duel verbal qui ne les épargnent pas et détruisent également l'image de leurs proches respectifs...

La pièce écrite par 4 auteurs talentueux, sortie il y a une semaine, fait salle pleine dans un théâtre où la visibilité et l’acoustique ne sont pas toujours parfaites, en dehors du Carré d'Or, dont le prix inabordable fait hésiter !

A voir pour le thème, pour Jacques Weber mais aussi pour Elodie Navarre dont le rôle est essentiel bien que moins "flamboyant" !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Sam Karmann reprend pour 2 mois au Lucernaire, le spectacle créé en off à Avignon en juillet 2024...

Depuis plusieurs années, Sam Karmann souhaitait raconter l'histoire de sa famille et plus particulièrement le parcours romanesque de sa mère...

Sa rencontre avec Denis Lachaud, lui a permis de se confier, sans doute plus qu'il ne le prévoyait au départ... et l'acteur de 70 ans s'appuie sur le texte écrit par l'auteur pour partager ses souvenirs d'enfance et d'adolescence et démonter devant nous les ressorts qui lui ont permis de devenir Sam Karmann, l'ancien cancre qui s'était promis de devenir médecin mais qui a fini par succomber à la tentation du théâtre, profession dans laquelle il a du trouver sa place avec une tardive reconnaissance à l'âge de 30 ans...

Avec son humour si particulier, seul sur scène, il nous émeut, nous surprend, nous fait sourire, nous effraie et nous convainc : oui Samir Hafez est devenu par le biais des révélations et des transformations qui s'en sont suivies, le talentueux comédien Sam Karmann qu'il est aujourd'hui !

Le spectacle est une autobiographie sans concession ni complaisance d'un homme qui a traversé le monde de l'Egypte à la France, a été nourri de catholicisme, d'islam et de judaïsme pour se convertir à l'athéisme et a fini par trouver sa véritable identité, effaçant ainsi les traumas de sa mère et les siens pour s'ouvrir aux personnages qu'il interprète et accueille comme des modèles ou des amis...

Une magnifique rencontre que l'on peut prolonger en discutant avec lui à la fin du spectacle !

A voir absolument !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

C'est en 1965 que la carrière et le destin de Barbara, alors âgée de 35 ans, soudain bascule. Artiste de cabaret jusque-là discrète, interprétant les chansons des autres cramponnée à son piano, la jeune femme aux cheveux noirs de geai se jette à l'eau, enregistre un premier album en tant qu'auteur-compositeur-interprète et bouleverse le public de Bobino, inaugurant une histoire d'amour qui ne finira qu'à sa disparition, en novembre 1997.

Catherine Pietri a décidé d'adapter et d'interpréter l'autobiographie "Il était un piano noir..." que Barbara a écrit l'année de sa disparition...

Le résumé du livre est poignant :

"Plus jamais je ne rentrerai sur scène. Je ne chanterai jamais plus.
Un soir de 1993, au Châtelet, mon cœur, trop lourd de tant d'émotion, a brusquement battu trop vite et trop fort, et, durant l'interminable espace de quelques secondes où personne, j'en suis sûre, ne s'est aperçu de rien, mon corps a refusé d'obéir à un cerveau qui, d'ailleurs, ne commandait plus rien. J'ai gardé, rivée en moi, cette panique fulgurante pendant laquelle je suis restée figée, affolée, perdue.
J'ai dû interrompre le spectacle pendant quelque temps, puis définitivement...
Durant deux ans, j'ai fait le deuil d'une partie de ma vie qui venait brusquement de se terminer.
Ecrire, aujourd'hui, est un moyen de continuer le dialogue".

Le spectacle proposé par le studio Hébertot est malheureusement, malgré le talent de l'actrice, étrangement inhabité puisque l'on n'entend aucune chanson de Barbara et surtout vide d'émotions alors que l'enfance de l'artiste, née Monique Serf en 1930, avant qu'elle ne devienne la "longue dame brune", est un roman à part entière : habitée par son envie de devenir chanteuse et choyée par sa grand-mère émigrée russe, la petite fille vit un enfer personnel entre une mère indifférente et un père incestueux et se retrouve, du fait de son ascendance juive, contrainte de quitter Paris pour échapper à la Gestapo...

Je ne vous recommande donc pas de voir la pièce qui se termine le 20 janvier mais plutôt de lire le livre et surtout d'écouter Barbara !

Le spectacle interprété par Anna Mouglalis en 2022 à la Maison de la Poésie avec un accompagnement musical et la chanteuse Pomme devait être autrement poignant (voir lien ci-dessous) !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Première pièce de théâtre écrite par Françoise Sagan, "Château en Suède" fut créée au théâtre de L'atelier en 1960 avec une distribution prestigieuse : Claude Rich en alternance avec Jacques François dans le rôle de Sébastien et Françoise Brion ou Anouk Ferjac dans le rôle d'Eléonore !

Comme l'indique le titre, l'histoire se passe dans un château en Suède où il neige 4 mois par an : chaque année, les habitants du château Eléonore, son hobereau de mari Hugo, son frère Sébastien qui vit aux crochets du couple et sa belle sœur Agathe, accueillent pour les fêtes un lointain cousin...

Quand Frédéric, le cousin de l'année se présente, il tombe immédiatement sous le charme d'Eléonore et ne tarde pas à découvrir le secret du couple...

Tout ce petit monde papote et passe le temps en jeux de l'amour et du hasard, se croisant au gré des rencontres... fortuites ou organisées...

J'imagine que l'interprétation de l'époque était plus subtile du fait du prestigieux casting et que la pièce était plus moderne qu'aujourd'hui où certains thèmes paraissent datés...

Les six acteurs ne ménagent pas leur peine pour faire vivre le texte mais leur jeu est un peu caricatural et souvent parodique, ce qui nuit aux thèmes proposées par Françoise Sagan : la relation quasi incestueuse entre le frère et la sœur, la sexualité "masculine" d'Eléonore et le patriarcat imposé par Hugo...

La salle était comble, le public ravi mais je suis personnellement restée en dehors !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Betty Pelissou est cette mère déchirée par la douleur d'avoir perdu son enfant, l'enfant d'un homme qu'elle a follement aimé depuis l'âge de treize ans...

Dans une élégante mise en scène de William Mesguich, la comédienne nous raconte le bonheur et la tragédie de sa vie : la rencontre de cet écrivain qu'elle a imaginé, puis croisé, puis rencontré, puis revu mais qui jamais ne se souvenait d'elle...

Passionnée, prisonnière à jamais de cet homme qui lui a fait un enfant... en passant comme il traversait la vie, si élégant mais narcissique... semblant ne s'intéresser aux autres que pour peupler sa galerie de personnages de romancier célèbre...

Tour à tour, adolescente puis jeune femme puis amoureuse puis amante puis mère... jusqu'à s'oublier elle-même pour mieux s'occuper de cet enfant qui la comblait mais qui lui a été arraché par une grippe assassine...

Le magnifique texte de Stephan Zweig n'a pas pris une ride et si vous avez envie de voir cette belle interprétation, notez dans votre agenda que le spectacle, dont c'était la dernière aujourd'hui au studio Hébertot, reprend le 11 janvier à La Folie Méricourt !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Un spectacle politique satirique à voir jusqu'au 5 janvier au théâtre Le Contrescarpe !

Trois formidables comédiens interprètent avec brio une vingtaine de personnes qui ont constitué l'entourage personnel et professionnel de Jacques Chirac depuis ses premières années couvées par sa mère qui avait perdu une petite fille à l'âge de 2 ans, jusqu'à ses dernières heures où la mémoire le fuit...

Interprété par Marc Pistolesi (qui fait également la mise en scène), le personnage de Jacques Chirac est décrit comme une marionnette, obéissant aux pygmalions qui ont défini et orienté sa vie : Pierre Juillet et Marie-France Garaud, Charles Pasqua... et l'on découvre ses liens avec Marcel Dassault, collègue de son père qui, enchanté par la vivacité du petit garçon curieux qu'il était, le soutiendra politiquement et financièrement toute sa vie...

Charlotte Zotto et Régis Vlachos complètent la distribution en passant d'un personnage à l'autre avec vivacité, inventivité et un humour sans cesse renouvelé...

La seule chose que l'on peut regretter dans ce spectacle tonique mené à un train d'enfer durant 1 heure 1/2 est le dénigrement systématique de Jacques Chirac : certes il était volontiers menteur et coureur de jupons, il n'a pas brillé en stratégie politique puisqu'il changeait fréquemment d'avis sur beaucoup de sujets importants comme l'Europe notamment, il était un des principaux artisans de la nauséeuse France-Afrique, il  a fait la "connerie" de dissoudre l'Assemblée, il n'a pas su quoi faire de son second mandat... mais il était un fervent promoteur des arts premiers et un admirateur des cultures asiatiques, il a su s'opposer aux USA pour ne pas les suivre dans leur engagement dans la guerre contre l'Irak, il avait un excellent contact relationnel avec toutes les couches de la population.... mais même ces aspects-là sont moqués ou survolés comme éléments mineurs de sa personnalité complexe...

Le public composé de jeunes (qui ne l'ont pas connu en exercice) et de moins jeunes ont néanmoins longuement applaudi le spectacle qui se veut avant tout divertissant et burlesque !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Cette compagnie de cirque créée en 2013 au Québec par 6 artistes passionnés, a connu un vif succès auprès du public et de la critique.

Leur premier spectacle éponyme en 2015 a été présenté à plus de 700 reprises en Europe, en Asie et en Amérique du Nord...

Leur second spectacle qui racontait la traversée du continent américain, a permis à la troupe de visiter une trentaine de villes canadiennes d’un océan à l’autre et d’aller à la rencontre de plus de 16 000 spectateurs.

Le thème de leur dernier spectacle, présenté en ce moment au théâtre de La Scala, raconte l'histoire de 6 personnages qui se retrouvent seuls au monde. L'un d'entre eux joue sur une étrange machine (percussions et autres instruments) pour tenter de contacter d'autres rescapés ...

Dans un décor inventif, les 5 cinq autres jeunes gens se livrent à toutes sortes de pitreries acrobatiques au gré de leurs humeurs...

Reliés par une complicité contagieuse, ils nous offrent un spectacle tonique et euphorisant en maniant de main de maître les quilles, le vélo, le cerceau et même, la serviette de bain ou en pirouettant sur une planche coréenne (planche à bascule où s'installent des acrobates pour se propulser à tour de rôle et en continu tout en effectuant des saltos, des vrilles et autres sauts acrobatiques).

Téméraires, touchants et comiques, ils ont tous les talents et nous stupéfient pendant une heure et demi par leur souplesse et leur inventivité : les numéros se succèdent et suscitent les applaudissements du public qui se régale de ce spectacle alliant l'art circassien à la performance théâtrale et musicale !

Un spectacle qui donne la pêche ! A voir jusqu'au 5 janvier 2025 !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Merveilleuse de naturel, Anne Consigny a adapté, mis en scène et produit le "seul(e) en scène" éponyme du roman mythique de Marguerite Duras...

Accueillant les spectateurs un par un, elle attend les retardataires en nous racontant le début de sa carrière chez Peter Brook et à la Comédie française...

Elle interprète tous les personnages du roman : la mère, Suzanne et Joseph mais également Monsieur Jo, un riche planteur qui tourne autour de Suzanne...

Aérienne dans une robe estivale, pieds nus, Anne Consigny nous entraîne, dès les premières minutes, dans la tragédie fondatrice de l’œuvre de Marguerite Duras dont la mère, institutrice en Indochine, s'est fait berner par l'administration coloniale en investissant toutes ses économies au début des années 30, dans l'achat d'une concession complètement inexploitable puisque régulièrement inondée par les eaux salées du Pacifique (en réalité la mer de Chine)...

L'actrice réussit à faire passer, grâce à sa voix si particulière, la douleur, la violence, la toxicité de cette famille, mais également sa complicité et son audace transgressive face à l'adversité qui les a frappés !

A voir au studio Hébertot jusqu'au 12 janvier 2025 !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

J'hésitais à aller voir un spectacle dit de "boulevard" signé André Roussin mais j'avais tort !

La pièce est formidablement interprétée par Catherine Frot et Michel Fau et semble très actuelle !

Ils interprètent ici un couple bourgeois de l’après-guerre, pétri de préjugés, dont la vie bien réglée (en apparence), va être bouleversée par des évènements inattendus.

Charles Jacquet (Michel Fau plus sobre que dans certains de ses rôles outranciers), sous-secrétaire à la famille qui a obtenu la fermeture des maisons closes et l’augmentation des peines sur les délits d’avortement, mène une vie rangée avec son épouse Olympe (Catherine Frot toujours aussi formidable même si je la préfère dans des rôles où elle ne joue pas "l'idiote" de service) - et ses deux enfants. Mais lorsqu’il apprend le même jour, que sa femme attend un enfant et que son fils a mis enceinte sa secrétaire, tous les repères et les faux-semblants de la petite famille explosent…

Prisonniers des conventions et de leur position sociale, tous les membres du foyer nous révèlent (en miroir mais pour pour notre plus grand plaisir), les petitesses et les travers de ces personnages égoïstes et caricaturalement hypocrites qui n'hésitent pas à jouer un double jeu pour ne pas dévoiler leur part d'ombre et la médiocrité de leurs ambitions... conformes aux modèles de l'époque...

Menée tambour battant, la représentation nous emballe et nous fait rire jusqu'aux dernières répliques où chacun des protagonistes semble avoir trouvé la solution pour lui-même... et surtout pour la réputation de la famille !

La pièce est de retour au Théâtre Marigny pour 40 dates exceptionnelles (après 200 000 représentations) et mérite vraiment  le succès qui réunit jeunes et moins jeunes dans une ambiance joyeuse !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Michel Marc Bouchard, l'auteur de cette pièce qui se joue au théâtre Tristan Bernard est couvert de prix au Canada...

Récemment adapté en série par Xavier Dolan, le texte n'est pas sans nous rappeler la parole sans filtre du cinéaste québécois...

La fratrie torturée par un mensonge de famille se retrouve au chevet de leur mère récemment décédée, que Murielle (glaçante Gaëlle Billaut-Danno), thanatopractrice réputée, revient embaumer trente ans après son départ tumultueux de sa ville natale...

Autour d'elle, ses trois frères en échec dans leur vie personnelle (le dernier est même en institution psychiatrique), et Chantal la femme de l'aîné interprété par David Macquart, tentent de comprendre ce qui s'est passé la nuit où Laurent Gaudreault s'est réveillé...

Car cette nuit là, comme toutes les autres depuis qu'elle a 7 ans, Murielle qui est insomniaque pénètre dans les maisons de ses voisins pour les regarder dormir...

Elle a 12 ans quand Laurent Gaudreault, champion de base ball local, dont elle est secrètement amoureuse comme toutes les filles de son âge, s'est éveillé...

Le spectateur assiste avec stupeur à l'engrenage qui s'est mis en place cette fameuse nuit, détruisant à jamais la psyché de Murielle et de toute sa famille...

On peut reprocher au texte d'être trop cru, on peut regretter que les acteurs (tous français) crient au point d'être parfois inaudibles, on peut perdre le fil tant la pièce est longue : 1h45 d'échanges vindicatifs, on peut déplorer qu'il n'y ait pas de moments de tendresse (à l'exception du rôle de Chantal qui se raccroche à l'existence de son fils pour ne pas perdre pied voire plus)... mais cette violence venue d'outre Atlantique ne peut pas nous laisser indifférent...

Je ne conseille pas la découverte de cet auteur prolifique à tout le monde mais ce texte est le reflet de tous les grands thèmes qui bouleversent aujourd'hui notre société : puissance destructrice de la virilité, fragilité psychique des jeunes générations, difficulté à trouver sa place dans un monde où les valeurs traditionnelles ont explosé, rejet viscéral de l'homosexualité...

 

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