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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Le musée de l’Orangerie présente une exposition faisant dialoguer les œuvres de Chaïm Soutine (1893–1943), peintre de l’École de Paris d’origine russe (actuelle Biélorussie) et de Willem de Kooning (1904-1997), expressionniste abstrait américain d’origine néerlandaise.

Soutine a marqué la génération des peintres d’après-guerre par la force expressive de sa peinture et sa figure d’« artiste maudit », aux prises avec les vicissitudes et les excès de la bohème parisienne. La peinture gestuelle et l’empâtement prononcé des toiles de Soutine conduisent critiques et commissaires d’exposition à le proclamer « prophète », héraut de l'expressionnisme abstrait américain.

Découvrant l’œuvre de Soutine dès les années 1930 puis au MoMa en 1950 et enfin lors de sa visite à la Fondation Barnes, en juin 1952, Willem de Kooning qui cherche à dégager sa peinture de l’antagonisme art figuratif / art abstrait, trouve dans l’art de Soutine une légitimation de sa propre pratique.

C'est précisément au tournant des années 1950 que Willem de Kooning élabore une troisième voie originale, un expressionnisme singulier, entre figuration et abstraction et entame le chantier pictural des Woman.

Les deux peintres partagent le même soin obsessionnel porté à leurs outils de peintres : leurs pinceaux, toujours nettoyés et rangés après usage, contrastent fortement avec le désordre de leurs ateliers.

Une autre caractéristique commune est leur difficulté à juger une toile terminée : de Kooning emplit sa toile de figures qu'il superpose, quant à Soutine, il refuse de montrer ses peintures nouvellement achevées et en détruit beaucoup !

-/-

Pour compléter ce premier parcours, le musée de l'Orangerie présente également la nouvelle œuvre de David Hockney : "A year in Normandy"

Installé dans le Pays d’Auge depuis début 2019, le célèbre peintre britannique David Hockney y a initié un nouveau chapitre de sa création artistique. Sa maison, son jardin et la campagne environnante deviennent ses motifs de prédilection, peints sur iPad, technique qu’il utilise depuis plus de dix ans.

Quelques mois plus tôt, au musée de Bayeux, Hockney avait été fortement marqué par la Tapisserie de la reine Mathilde. Longue de près de 70 mètres, la broderie forme une frise relatant d’un seul tenant la conquête de l’Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, au XIe siècle. Germe alors le projet de dépeindre sous la forme d’un cycle narratif l’arrivée du printemps. À peine le cycle est-il initié, qu’est décrété, en mars 2020, le confinement national.

Tandis que le monde s’immobilise, Hockney réalise sur iPad, en l’espace de quelques semaines, plus de cent images. La technique lui permet une saisie rapide et précise. À la manière des impressionnistes, il capture les effets de lumière et les changements climatiques avec dextérité selon toutefois une palette vive et lumineuse, des compositions en aplats juxtaposés aux accents pop. Les jours s’égrènent, le confinement s’achève et le printemps laisse place à l’été, à l’automne puis à l’hiver. Hockney n’a pas seulement peint le printemps, mais une année entière.

 Les deux expositions sont à voir jusqu'au 10 janvier (réservation obligatoire et patience pour entrer)

 

Soutine : Autoportraits, Céret, Communiante, Enfant de coeur, Garçon d'étage, Groom, Homme en manteau vert, Vieil homme en prière, Femme en rouge, Maison blanche, Petit pâtissier, Portrait
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de Kooning : Lumières de l'Atlantique Nord, Woman
de Kooning : Lumières de l'Atlantique Nord, Woman
de Kooning : Lumières de l'Atlantique Nord, Woman
de Kooning : Lumières de l'Atlantique Nord, Woman
de Kooning : Lumières de l'Atlantique Nord, Woman

de Kooning : Lumières de l'Atlantique Nord, Woman

David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie
David Hockney : Normandie

David Hockney : Normandie

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme son compatriote Saeed Roustayi dans La loi de Téhéran, le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof dénonce la peine de mort à travers quatre courts métrages tournés en semi-clandestinité...

Le cinéaste célèbre le courage de ceux qui osent dire non en résistant au système ; en effet l'Iran est, derrière la Chine, le pays qui détient le record d'exécutions en application de la loi sur la peine de mort, châtiment qui peut être ordonné pour divers délits qui ne sont pas des meurtres...

Le premier récit, saisissant dans sa chute, nous raconte la vie bien réglée d'Heshmat mari, père et fils modèle, qui part travailler tous les matins très tôt...

Le second chapitre nous fait partager l'acte de résistance de Pouya, un jeune conscrit contraint de retirer le tabouret d'un condamné à mort...

Les deux dernières histoires, plus complexes, se déroulent dans une nature aride et somptueuse où les populations vivent soudées mais dans une grande précarité...

Dans Jour d'anniversaire, Javad, un soldat en permission venu demander en mariage sa bien aimée, se retrouve au cœur d'un dilemme cornélien qui scellera son destin...

Dans la quatrième histoire Embrasse moi, Bharam, médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce qui vit en Allemagne, le secret de toute une vie...

Quatre contes moraux pour nous parler des conséquences de la désobéissance civile sur la vie de ses proches...

La présence de la fille du cinéaste dans Embrasse moi illustre bien le propos du cinéaste !

Le propos du film est magnifique, les héroïnes féminines qui s'affirment en second plan sont admirables mais la projection un peu longue (2h32) dilue, de mon point de vue,  la force du témoignage...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Un an après l’explosion du 4 août 2020 qui a ravagé le port de Beyrouth, l’Institut du monde arabe rend hommage à la vitalité et à la résilience de la scène artistique libanaise.

Lumières du Liban révèle les onze lauréats de l’appel à projet, lancé auprès de jeunes artistes du Liban (21-35 ans) en 2020. Invités à concevoir, dans le médium de leur choix, une œuvre évoquant Beyrouth telle qu’ils la sentent, la voient ou l’imaginent

Cet appel a été initié et financé par le Fonds Claude et France Lemand-IMA, au lendemain de l’explosion des silos portuaires beyrouthins, afin d’atténuer, autant que faire se peut, son impact sur le réseau artistique de la ville, déjà fortement touché par la crise économique et sanitaire.

L’exposition célèbre également la prodigieuse créativité des artistes modernes et contemporains du Liban et de ses diasporas, du lendemain de son indépendance en 1943 jusqu’à nos jours.

Lumières du Liban qui réunit de nombreuses œuvres : peintures, dessins, sculptures et objets, livres d’artiste, photographies et vidéos, estampes, textiles, céramiques et installations... retrace en filigrane sept décennies d’histoire de l’art que scandent l’effervescence de 1950 à nos jours,  les déchirures de la guerre civile et de l’exil, le bouillonnement artistique de la mondialisation...

À travers cette sélection, l’exposition met en avant des personnalités et des prises de positions esthétiques d’artistes, tout autant du Liban que de ses diasporas, avec une attention particulière aux trajectoires qui révèlent le dialogue ininterrompu entre Beyrouth et Paris. Elle témoigne aussi de la liberté de penser et de créer que des artistes d’autres contrées du monde arabe ont trouvé à Beyrouth. En effet, cette ville-lumière de l’Orient a été le berceau de la Nahda laïque libanaise, qui a promu une renaissance des lettres et de la pensée politique et sociale visant à inscrire le monde arabe dans la modernité.

La lecture des étiquettes de chacune des œuvres permet de mieux comprendre les émotions et les intentions des artistes : essentielles pour entrer dans les peintures "coups de poing" réalisées un an après l'explosion du port de Beyrouth, mais également pour s'imprégner des influences artistiques qui sous tendent les créations antérieures !

A voir jusqu'au 2 janvier sans oublier de monter sur la terrasse où la vue sur Paris est magnifique ni de flâner dans la librairie de l'IMA, très riche en ouvrages et en objets !

 

 

Oeuvre sur toile libre et néon, réalisée par Ayman Baalbaki (Liban, né en 1975) : immeuble Dome City Center

Oeuvre sur toile libre et néon, réalisée par Ayman Baalbaki (Liban, né en 1975) : immeuble Dome City Center

Vues sur Paris depuis la terrasse
Vues sur Paris depuis la terrasse
Vues sur Paris depuis la terrasse

Vues sur Paris depuis la terrasse

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