Film de clôture du Festival International du Film de Saint Jean de Luz, le premier long métrage de Julien Carpentier réunit deux grands acteurs : Agnès Jaoui et William Lebghil...
Dans cette fiction, le réalisateur a voulu nous parler de sa douloureuse relation avec sa mère bipolaire...
Dans le film Pierre 33 ans est fleuriste... Il n'a pas revu sa mère Judith (Agnès Jaoui impériale) depuis 2 ans, pour s'en protéger et tenter de construire sa vie d'homme...
Aussi quand sa grand-mère lui apprend que sa mère s'est échappée de l'établissement de santé auquel il l'avait confiée, il est consterné car il n'a plus la force de "gérer" les débordements permanents de cette dernière...
Le road-trip retour vers la clinique va les amener par le biais de détours inattendus, à évoquer des souvenirs, exprimer leurs sentiments, se parler et trouver peut-être une façon de réconcilier leurs vies si durement affectées par la maladie...
Le film tout à la fois drôle et poignant nous offre une belle figure d'homme dans le personnage de Pierre : William Lebghil qui nous avait séduit dans "Première année" puis dans "Un métier sérieux" trouve ici un rôle qui lui permet d'exprimer tout son talent !
A voir sur les écrans à partir du 6 mars 2024
Master class Agnès Jaoui interrogée par Patrick Fabre directeur atistique du Festival
Les pilotes de la Patrouille acrobatique de France (PAF) ont offert samedi 7 octobre dans le ciel de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure un spectacle inédit, à la lueur du coucher du soleil. La plus belle manière pour ces experts de la voltige de célébrer les 70 ans de cette patrouille d’excellence. Une autre démonstration a eu lieu dimanche 8 octobre dans le ciel bleu azur d'un après-midi ensoleillé !
Sorti il y a trois semaines en Belgique, le deuxième long métrage du couple bruxellois Ann Sirot et Raphaël Balboni nous parle de désir d'enfant...
Sandra (Lucie Debay) et Rémy (Lazare Gousseau) n'arrivent pas à avoir d'enfant car, l'apprennent-ils à leur grand étonnement, ils sont atteints du "Syndrome des amours passées"...
Pour guérir, il n'y a qu'une seule solution : ils doivent recoucher une fois avec tous/toutes leurs ex...
Sur cette idée très loufoque (très belge ?), les réalisateurs réussissent, en inversant les rôles habituellement dévolus à la femme et à l'homme, le pari de nous parler du couple moderne...
En effet après quelques hésitations "légitimes", Sandra se lance à fond dans la recherche de ses nombreux partenaires tandis que Rémy peine à joindre ses rares anciennes conquêtes...
Se conseillant mutuellement mais de moins en moins complices dans l'amour, Sandra et Rémy vont interroger leur désir amoureux et leur projet d'enfant...
Le jeu des acteurs sonne très juste et la fin très amusante justifie l'histoire un peu longuette (même si le film ne dure qu'1h29), mais pleine de rebondissements inventifs !
Présenté en avant-première au festival International du Film à Saint Jean de Luz, le premier long métrage de Ronan Tronchot, interroge sur le statut du prêtre d'aujourd'hui et sur la paternité...
Simon (magnifique Grégory Gadebois) est un prêtre dévoué à sa paroisse dans la ville d'Auxerre. Au cours d’une messe, Louise (Géraldine Nakache), qu’il n’avait pas revue depuis son séminaire, refait surface. Elle lui présente Aloé adorable Anton Alluin), enfant de 11 ans, dont il apprend qu'il est le père.
Bouleversé par cette nouvelle, Simon va tout d'abord se réfugier dans son travail de prêtre... puis peu à peu se laisser séduire par la curiosité et l'authenticité de cet enfant... jusqu'à revisiter sa pratique et notamment auprès des jeunes qu'il accompagnait de façon plus bienveillante que réellement engagée...
Confronté à cette soudaine paternité, Simon va tenter de trouver de l'aide auprès de sa hiérarchie pour convaincre les plus hautes instances de l’Église que sa vocation est compatible avec l’amour paternel...
Elevé dans la religion catholique en Bretagne, le réalisateur, jeune papa par ailleurs, a voulu nous raconter le combat sincère d'un prêtre catholique qui se heurte aux dogmes de l'Eglise...
Toujours juste (le réalisateur s'est entouré de prêtres pour le conseiller), jamais prêchi-prêcha, le film réussit à nous passionner et à nous émouvoir jusqu'aux toutes dernières images...
Porté par un Grégory Gadebois qui crève l'écran, l'histoire s'enrichit d'excellents personnages secondaires : Amine (Lyes Salem), le collègue algérien de Simon, la "bonne" du curé (Danielle Lebrun)...
A voir absolument : le film sort en salles le 27 mars 2024
Présenté en avant-première au festival International du Film à Saint Jean de Luz, le premier long métrage de Rudy Milstein, dénonce sous couvert de comédie, la difficile défense des class actions françaises face aux géants de l'industrie phytosanitaire...
Louis (Vincent Dedienne très amusant dans un rôle de vrai faux candide), junior dans un grand cabinet d'avocats, n'arrive pas à trouver sa place...
Quand un vieux médecin fatigué lui annonce qu'il souffre d'une tumeur à l'estomac, il a la surprise, en actant de sa maladie pour se défendre de ne pas avoir fini de rédiger le mémo demandé, de se voir soudainement écouté et pris en considération...
Difficile de faire marche arrière quand le même médecin lui avoue son erreur...
Bombardé assistant auprès d'Elsa (délicieuse Florence Poésy), une des principales associées du cabinet crainte par toutes les équipes, il se retrouve sur un procès majeur pour le cabinet : la défense d'un industriel face à une association de malades du cancer menée par Hélène (Géraldine Nakache), une pasionaria survoltée au langage cru...
La caméra accompagne Louis qui, malgré qu'il soit empêtré dans son mensonge, va peu à peu apprendre à s'affirmer tout en restant "gentil" auprès de sa hiérarchie, de ses parents (un couple d'avocats dysfonctionnel), de son voisin bizarre (interprété par Ruby Milstein) qui ne ressent plus aucune émotion depuis son AVC et surtout auprès d'Hélène et de Julien (un jeune cancéreux qu'il encourage dans ses projets)...
Un film gentiment cocasse qui pose de vraies questions mais n'y répond pas vraiment... à voir pour ses acteurs !
J'avais beaucoup aimé "Les cowboys", premier long métrage de Thomas Bidegain sorti en décembre 2015 (voir ma critique) et c'est donc avec intérêt que je suis allée découvrir en avant-première française son second long métrage "Soudain, seuls" (adapté du roman éponyme d'Isabelle Autissier)...
Le réalisateur nous a raconté qu'il voulait nous faire réfléchir face à l'urgence climatique et à l'équilibre du couple en nous racontant cette survival story...
En couple depuis 5 ans, Ben (Gilles Lellouche) et Laura (Mélanie Thierry) ont décidé de faire le tour du monde en bateau. Avant d'atteindre l'Amérique du Sud, ils font un détour vers une île sauvage, près des côtes antarctiques. En pleine exploration, une tempête s'abat sur eux et leur bateau disparaît...
Durant presque deux heures, nous participons au calvaire de ce couple réfugié sans vivres, dans une ancienne baleinerie désaffectée (à une certaine époque, on massacrait les baleines pour utiliser leur huile pour alimenter les lampes !)
Rien ne nous est épargné : la quête de nourriture (au bout de quelques mois ils décident de tuer des manchots ?!), l'entretien du feu (leur briquet ne marche plus)... mais également leurs disputes de couple inévitables en milieu hostile et leur réconciliation téléphonée (mais pas sur l'oreiller car ils n'en ont pas)...
Le seul moment intéressant est le mouvement de bascule dans le couple quand la timorée et angoissée Laura se transforme en femme puissante et... je ne vous en dirai pas plus pour ne pas dévoiler la fin... même si elle est totalement improbable...
Les paysages sont beaux et sauvages.. mais même cela est faux puisque le film a été tourné en Bretagne et en Islande et que pour donner de la véracité au scénario, la production a "importé" une colonie de manchots ???
Les deux acteurs "font le job" mais je ne vous recommande pas le film dont la sortie est prévue le 6 décembre 2023...
Tout le monde connait les grandes lignes de la méthode Montessori qui s'appuie essentiellement sur la liberté des élèves, mais qui connait Maria Montessori ?
La jeune réalisatrice Léa Todorov (fille de Nancy Huston), diplômée de Sciences Po et passionnée par les méthodes d'éducation alternatives, a réalisé un documentaire en 2017 sur "L'éducation nouvelle entre les deux guerres" et sort un premier long métrage pour célébrer les découvertes de Maria Montessori... projeté pour la première fois en France à Saint Jean de Luz...
Une des premières femmes diplômées de Médecine en Italie, Maria Montessori obtient également une licence en biologie, philosophie et psychologie.
Entre1894 et 1896, elle travaille comme assistante dans la clinique psychiatrique de l'Université de Rome, où elle rencontre plusieurs enfants déficients mentalement. Constatant avec effarement qu’ils sont mélangés aux adultes et qu’ils n'ont aucun jeu à leur disposition, elle obtient la création d'un service séparé qui sera considéré comme l'un des premiers services pédo-psychiatriques en Italie.
Pour proposer et opposer deux modèles de "femmes puissantes" au début du XXe siècle, la réalisatrice a inventé le personnage de Lili d'Alengy, cocotte admirée du tout Paris, incarnée avec talent par Leila Bekhti
Quand Lili d’Alengy, cocotte au faîte de sa gloire, doit fuir Paris en 1900 pour cacher sa fille Tina "déficiente mentale", elle s'installe à Rome où elle l'inscrit dans le service de Maria Montessori (magnifique Jasmine Trinca) et découvre avec stupeur les réels bénéfices de son approche pédagogique.
Passionnant et très pédagogique dans un premier temps, le film s'enrichit de la rencontre de ces deux femmes qui vont peu à peu s'apprécier puis s'épauler voire se compléter... car Lili, grâce à Maria Montessori redécouvre sa fille... car Maria, qui a eu un fils hors mariage avec le professeur de psychiatrie Montesano, va apprendre à s'affirmer dans le monde patriarcal de la médecine et dans sa vie personnelle...
Maria Montessori est certes une "nouvelle femme", une femme moderne mais elle doit composer avec tous les préjugés de son époque et de son milieu social...
Tourné avec des enfants handicapés, le film est un hymne à la gloire de l'approche attentionnée et respectueuse des enfants...
Le réalisateur suisse-égyptien Tamer Ruggli s'est inspiré de l'histoire des femmes de sa famille et plus particulièrement des relations orageuses entre sa mère et sa grand-mère pour écrire son premier long métrage (présenté pour la première fois en France à Saint Jean de Luz)...
Sue (impressionnante et ravissante Nadine Labaki), une thérapeute renommée, quitte la Suisse pour se rendre à Alexandrie au chevet de sa mère Fairouz (merveilleuse Fanny Ardant), une aristocrate scandaleuse et égocentrique qu'elle n'a pas vue depuis 20 ans...
Accueillie au Caire par son excentrique tante Indji qui lui avait promis de l'emmener au chevet de sa sœur Fairouz, Sue redécouvre en taxi puis à pieds la capitale animée où les souvenirs l'assaillent...
Prenant la route, seule au volant d'une magnifique voiture américaine rose, la jeune femme va entreprendre un voyage fantasmagorique vers son passé, accompagnée du fantôme impérieux et querelleur de sa mère et de Bobby, un mystérieux petit garçon malicieux qui s'invite à chaque étape (un double d'elle enfant ?, le petit garçon dont sa mère rêvait ? un double du réalisateur ?)...
La caméra nous invite dans de somptueuses demeures habitées par des femmes puissantes et leurs fidèles serviteurs et nous fait voyager dans les magnifiques paysages ocres du delta du Nil que traverse Sue...
Malgré quelques longueurs, un très joli film sur le travail de mémoire, magnifié par une bande son aux accents de Dalida !
Le réalisateur Thierry Klifa est venu présenter son dernier film au Festival International du Film de Saint Jean de Luz, avec Alex Beaupain qui signe la guillerette BO...
Laetitia Dosch était également présente pour nous raconter le plaisir qu'elle a pris à tourner ce film un peu foutraque qui réunit une brochette d'acteurs talentueux...
Fanny Ardant, toujours aussi belle, interprète Rachel, une Ma Dalton qui "travaille" en famille : secondée par ses deux fils Max (Mathieu Kassovitz étonnamment drôle et touchant) et Jérémie (Nicolas Duvauchelle, incroyable dans un rôle un peu casse-gueule) et de son petit fils Nathan (Ben Attal), la petite bande réalise des casses un peu minables dans des appartements dont les propriétaires s'absentent pour une soirée...
Mais rien ne va plus quand Jérémie, sur un coup de tête, décide de voler un tableau de Tamara de Lempicka dont l'arrachage déclenche l'alarme : les Pieds Nickelés s'enfuient à l'exception de Nathan que la police va arrêter puis faire emprisonner durant trois ans...
Quand Nathan sort de prison, tout s'accélère...
La famille, reconstituée tant bien que mal autour de Rachel, décide de retrouver Jérémie qu'ils soupçonnent d'avoir gardé le tableau...
L'action se déplace en Normandie dans le joli village de Saint Vaast où nos héros se retrouvent, espionnés sans qu'ils le sachent, par un policier (toujours aussi excellent Michel Vuillermoz) et par Nellie, une détective privée camouflée (Laetitia Dosch)...
Les péripéties s'enchaînent pour notre grand plus amusement, enrichissant un scénario qui nous réserve quelques jolies surprises, un twist final et des scènes familiales cocasses et attendrissantes...
Dommage que le film soit un peu trop long (1 h 56), sinon il aurait été parfait !