Hiner Saleem signe un film sur le Kurdistan d'aujourd'hui dévasté par les guerres irakiennes...
Les paysages désolés sont magnifiques : ciel, montagnes, rocailles et moutons sont les seuls horizons de ces villageois coupés de la civilisation...
Les protagonistes du scénario, tous deux insoumis crèvent l'écran !
Baran (intense Korkmaz Arslan), jeune officier de police fraîchement débarqué à la frontière du pays pour rétablir l'ordre rencontre Govend (lumineuse Golshifteh Farahani); la belle institutrice du village qui essaie de se légitimer dans sa différence en fuyant sa famille d'hommes farouches...
Tous deux progressistes dans l'âme, ils vont devoir s'opposer au caïd local Aziz Aga et sa bande de combattants à la détente sensible... qui vivent de petits trafics
Le réalisateur nous parle aussi des résistantes kurdes de Turquie qui bivouaquent dans ce "far west" pour y trouver la liberté mais aussi souvent la mort !
La vie reprend au Kurdistan, irriguée par l'arrivée des pétrodollars mais le chemin est long vers la démocratie...
Allez voir ce film oriental, dépaysant et puissant qui nous parle de légalité, d'égalité et de laïcité et nous enchante par sa musique qui mêle le blues américain au son du hang dont joue merveilleusement Govend pour éloigner la tristesse qui la saisit (instrument traditionnel qui se rapproche du piano et des percussions)...