Ce fut un projet terrifiant, invraisemblable, inédit dans l'histoire de l'humanité.
Nom de code : Lebensborn. Entre 1935 et 1945, les nazis ont tenté de créer une "race supérieure de germains nordiques". Pour cela, la SS avait ouvert des maternités très particulières. Après avoir subi une "sélection raciale", des femmes, enceintes d'un SS ou d'un soldat allemand, y donnaient le jour à des enfants "parfaits", blonds, aux yeux bleus. Les bébés pouvaient être abandonnés au Lebensborn, pour être ensuite adoptés par des familles dites "modèles". Environ 20 000 enfants sont nés dans ces maternités SS. Certains d'entre eux ont réussi à percer le mystère de leurs origines, sans avoir été reconnus officiellement comme des victimes - vivantes - du régime nazi...
Dans le film de Georg Maas, Katrine (Juliane Köhler) est la fille d'une norvégienne Ase (Liv Ullmann) et d'un soldat allemand - qui réussit miraculeusement à échapper à son orphelinat et à sa famille d'adoption pour rejoindre sa mère en Norvège...
Elle y vit dans une belle maison au bord de la mer (magnifiques paysages aux jolies maisons de bois rouges) avec son mari Bjarte (Sven Nordin), officier de marine - sa fille et sa petite fille...
Quand après la chute du mur, elle est approchée par un avocat qui lui demande de témoigner contre l'état norvégien complice - au nom de ces "enfants de la honte", Katrine étrangement refuse... et la spirale infernale, qui va broyer la famille, se met en place sur fond d'espionnage... car la Stasi n'est jamais loin de ses victimes...
Le film est passionnant dans sa description de la chute des personnages broyés par la résurgence de la vérité... tous les faux fuyants explosent et chacun se retrouve seul face à son désarroi...
Katrine essaie de se raccrocher à l'amour des siens qui tour à tour, la questionnent, l'accusent, s'en détournent, la plaignent puis envisagent une possibilité de pardon...