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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
"Mia Madre" : Nanni Moretti est au sommet de son art !

Nanni Moretti signe ici un magnifique film de femmes !

Le réalisateur italien choisit pour la première fois de laisser le premier rôle à une femme et se met de côté (il est le fils Giovanni) - pour mieux regarder la chaîne féminine qui fait écho à sa douleur d'avoir perdu sa propre mère lorsqu'il finissait le tournage de Habemus papam !

Margherita Buy, formidable actrice venue du théâtre, incarne avec talent et sensibilité féminine l'irascible et exigeant réalisateur qu'est Nanni Moretti. dans la vie..

Margherita tourne un film qui tourne à l'épreuve de forces avec des cameramen qui filment trop près ou trop loin à son goût, un acteur principal américain (génial John Turturro dans le rôle du "surfait" Barry) qui a du mal à aligner deux répliques en italien...

Margherita découvre qu'elle n'a pas pris le temps de parler avec sa mère (érudite professeur de latin en retraite), d'écouter sa fille qui veut renoncer à l'étude de cette discipline, d'échanger avec son compagnon...

Margherita et Giovanni volent du temps pour le passer au chevet de leur mère Ada (excellemment interprétée par Giulia Lazzarini) sur son lit d'hôpital...

Le frère et la sœur vivent ce moment si particulier avec une résignation affectueuse pour l'un, un refus chargé de bouffées de tendresse pour l'autre...

Les rêves et les réminiscences surgissent fugacement aux moments les plus inattendus pour mieux les préparer à la perte maternelle...

Margherita, pour la première fois de sa vie s'interroge sur elle, regarde sa propre fille Livia (délicieuse Beatrice Mancini) avec les yeux de sa mère quand elle comprend que la grand-mère et la petite fille échangent des confidences dont elle est absente, autorise le père de Livia à reprendre une partie de sa place : merveilleuse scène où Livia apprenant à maîtriser son nouveau scooter dessine une chorégraphie en huits entre sa mère et son père......

Nanni Moretti parait comme apaisé d'avoir réussi le délicat exercice qui consiste à parler de la mort de sa mère et n'a pas hésité pour ce faire à s'entourer des objets et des livres lui appartenant...

C'est tout simplement authentique, pudique, magnifique en un mot jusqu'à la dernière scène qui ouvre la possibilité d'un lendemain !

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A
Je pense que je me suis complètement trompée de film et que j'aurais du lire Telerama avant.
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H
Chère Adeline avec laquelle j'ai partagé ce moment de cinéma, j'attends tes commentaires !
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