Todd Haynes avait réussi un sans faute dans "Loin du paradis" en 2002, film dans lequel l'héroïne interprétée par Julianne Moore s'éprenait d'un noir...
La reconstitution des années 50, le jeu des personnages.. tout était juste ! Et l'émotion était au rendez-vous ! Le spectateur impliqué dans l'histoire se retenait de souffler à l'actrice principale : n'y va pas, il est sincère, il est sensible, mais personne ne va te comprendre, tu vas souffrir...
Dans son dernier opus, le réalisateur adapte un roman de Patricia Highsmith et nous plonge à nouveau dans les années 50... mais dans les beaux quartiers de New York..
Carol, une grande bourgeoise en instance de divorce (hiératique Cate Blanchett) tombe éperdument amoureuse de Therese (délicieuse et diaphane Rooney Mara qui ressemble à Audrey Hepburn dans "Sabrina") ...
Les deux femmes résistent à leur attirance mutuelle mais ne se quittent plus, donnant au mari choqué et blessé dans sa vanité masculine, le prétexte pour demander la garde exclusive de leur petite fille...
Les actrices incarnent à merveille et chacune dans son registre les deux archétypes féminins de cette époque...
Les décors et les vêtements sont parfaits, l'image est léchée, les gestes et les sourires sont contraints.. tout est tiré à quatre épingles.. comme dans les belles images des magazines de mode sur papier glacé...
Quand la passion submerge enfin Carol et Therese, on aimerait ressentir quelque chose ???
Un montage plus rapide, un jeu moins univoque, des moments d'égarement auraient sans doute permis de donner une réelle force au film ?