Hou Hsiao-hsien s'est inspiré de la littérature populaire de la dynastie Tang (618-907) pour nous conter l'histoire de Nie Yinniang, une princesse "assassin" !
Véritable symphonie en rouge : soie des vêtements somptueux - noir qui habille la princesse interprétée par Shu Qui - blanc qui habille la nonne taoïste, maître de l'assassin - vert sombre des forêts et vert tendre et doré des herbes courbées par le vent, chaque scène évoque un tableau de la peinture chinoise classique...
Le film a demandé des années de travail de préparation : lecture d'annales et de contes anciens réédités, recherche de décors réels (à Taïwan pour la plupart des scènes d'intérieur et pour la jungle - en Mongolie intérieure et dans la province de Hubei en Chine pour les forêts, les montagnes et la brume sublime), réalisation des costumes, des voilages et des rideaux en soie artisanale approvisionnée en Corée et en Inde... et un an de tournage !
L'histoire est complexe, le scénario mêle étroitement le contexte politique : Nie Yinniang est chargée de tuer Tian Ji'an le gouverneur de la région militaire de Weibo qui essaie de se soustraire à l'autorité de l'empereur, - et la romance puisque Nie Yinniang qui a été fiancée à son cousin Tian Ji'an décide de protéger l'homme qu'elle a aimé...
Le sabre qui sort des fourreaux déchire la soie, les pulsations de la musique étirent les scènes, le spectateur occidental se perd dans la narration et ne sait plus trop qui est qui dans les personnages qui habitent l'écran... mais le film fascine par son esthétisme léché au pinceau...
A voir pour se replonger dans les contes et légendes de la Chine ancienne !