
Emmanuel Finkiel a décidé d'adapter le roman éponyme de Marguerite Duras qui l'avait bouleversé à 19 ans, d'autant qu'il faisait écho à son histoire personnelle puisque son père a vécu "dans l'attente" de ses parents et de son frère officiellement morts à Auschwitz...
Il a confié le rôle de l'écrivain à Mélanie Thierry et a fait appel à Benjamin Biolay pour interpréter Dionys son amant et grand ami de Robert Antelme - et à Benoît Magimel pour incarner un collaborateur gestapiste dont elle se rapproche dans l'espoir de sauver son mari de la déportation...
Dès les premières images, Mélanie lit en off le texte de Duras en ménageant les silences pour mieux nous faire entrer dans la phraséologie si particulière à l'auteur...
Mélanie/Marguerite vit dans l'obscurité de son grand appartement parisien et attend son homme... Elle sort quand la ville dort et s'enferme quand la ville pavoise...
La parfaite reconstitution de la fin de la guerre, l'excellent jeu des acteurs et plus particulièrement celui de Benoît Magimel qui crève l'écran, la beauté du texte de Duras ne suffisent pas à faire décoller le film et c'est dommage car l'affiche était séduisante... mais le film est trop long (2h05), l'interprétation de Mélanie est un peu fade, les personnages masculins ne sont pas assez fouillés et l'on s'ennuie tout en le regrettant...