
Spike Lee a décroché le Grand Prix à Cannes avec cette adaptation du livre de mémoires de Ron Stallworth paru en 2006 - et c'est bien mérité !
Le scénario mêle habilement l'aspect documentaire "histoire vraie", l'humour farceur pour dénoncer le racisme anti-noir et anti-juif et la fiction, puisque le second personnage du film Patrice Dumas (Laura Harrier), égérie du Black Power dont Ron tombe amoureux, est inventé !
C'est John David Washington, le fils de Denzel Washington qui interprète avec brio le rôle principal de Ron, ce premier officier de police noir engagé dans la police de Colorado Springs au début des années 70...
Accueilli avec scepticisme par ses chefs et harcelé par les agents les moins gradés du département, Ron décide de frapper un grand coup en tentant d'infiltrer le Ku Klux Klan
Face au succès de ses premières prises de contact téléphoniques, il se voit obligé de déléguer Flip Zimmerman (Adam Driver), son collègue certes blanc mais juif pour une première rencontre physique !
Alternant les scènes dans le commissariat, les réunions du mouvement Black Power et les conciliabules haineux des membres de la cellule locale du KKK, le film recèle de très beaux moments comme l'intervention d'un vieil homme incarné par le toujours magnifique Harry Belafonte 91 ans, relatant le lynchage insoutenable de Jesse Washington qui, en 1916, fut émasculé, carbonisé et pendu à un arbre !
Quand à la fin du film le réalisateur nous montre des images des manifestations d'extrême droite de Charlottesville en 2017, on est bien obligé de regretter que la parole des noirs scandant que Black is beautiful ne semble plus guère partagée aujourd'hui aux USA, du moins par les électeurs de Trump !