
Eric Ruf s'est visiblement emparé avec gourmandise de la mise en scène de la pièce que Brecht a écrite en 1938 puis retravaillée jusqu'en 1954...
Dans un décor inventif, les gigantesques toiles peintes de figures religieuses (réalisées dans les ateliers de la Comédie Française), nous projettent dans les différents lieux de vie de Galilée, astronome, mathématicien et physicien italien du XVIIe siècle qui a scandalisé la toute puissante Eglise de son temps en reprenant et en étayant la thèse de Copernic : la Terre tourne autour du Soleil et donc l'homme n'est plus au centre du monde...
S'identifiant à Galilée, tiraillé par le doute suscité par l'autodafé de ses œuvres en mai 1933 et effrayé par la responsabilité des scientifiques allemands dans la construction de la bombe atomique, Brecht livre une réflexion pesante sur l'attitude de Galilée face aux autorités et notamment face à l'Inquisition...
Sans doute trop fidèle au texte et malgré le talent de la troupe au grand complet vêtue de costumes somptueux réalisés par Christian Lacroix, la mise en scène ne convainc pas et nous laisse en dehors du débat pourtant passionnant et actuel contre l'obscurantisme !