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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #séries

Certes les cinémas sont enfin ouverts mais je ne résiste pas à l'envie de vous recommander quelques séries qui m'ont permis de traverser le dernier confinement

J'en ai sélectionné quatre

Ma préférée a été  "Les Shtisel", une famille à Jérusalem

Sur quatre saisons, la série nous invite à partager la vie quotidienne d'une famille ultra-orthodoxe du quartier de Geula à Jérusalem

La série créée et écrite par Ori Elon et Yehonatan Indursky qui viennent eux-mêmes de cette communauté, tend à casser l'image d'austérité qui leur est souvent associée sans pour autant en faire un portrait idéalisé. Au fil des saisons, on s'aperçoit qu'il s'agit de femmes et d'hommes animés des mêmes passions, envies, chagrins et travers que tout autre être humain.

Les Shtisel met en scène une partie restreinte de la communauté ultra-orthodoxe  : les Haredim, qui vivent entre eux dans des espaces ghettoïsés spatialement, socialement et culturellement

Les Haredim sont le sous-groupe orthodoxe le plus pauvre, qui dépend financièrement des subsides de l'Etat et d'aides de l'étranger. Tout repose sur les femmes qui, en général, ont des professions. Les hommes ne travaillent pas et passent leur vie dans des académies talmudiques !

Le mode de vie des Haredim est actuellement remis en question du fait de l'influence des ultra-orthodoxes venant de l'étranger et surtout suite au développement des réseaux sociaux...

On retrouve chaque soir avec plaisir les membres de la famille (avec une mention spéciale pour le fils), qui, au fil des saisons, deviennent des voisins proches qui nous émeuvent, nous font sourire, nous agacent et nous séduisent !

Sur le même sujet, Unorthodox (2 courtes saisons), une série allemande réalisée par Anna Winger nous raconte le parcours (inspiré d'une histoire vraie), d'une jeune femme de confession juive ultra-orthodoxe Esther Shapiro qui quitte New York pour vivre sa vie de femme libre à Berlin mais est rattrapée par son passé

Brillamment Interprétée par Shira Haas (qui joue également un rôle majeur dans Les Shtisel), la série nous parle du combat universel des femmes pour se libérer de la domination patriarcale !

 
Je me suis régalée avec la série Le jeu de la Dame, mini série US de 7 épisodes créée par Scott Frank et Alan Scott d'après le roman éponyme de Walter Tevis

La série nous fait le récit du parcours de huit à vingt-deux ans d'une jeune orpheline prodige des échecs, Beth Harmon interprétée magistralement par Anya Taylor Joy. Tout en luttant contre une addiction, elle va tout mettre en place pour devenir la plus grande joueuse d’échecs du monde.

Les personnages de Beth Harmon et du grand maître fictif russe Vasily Borgov sont le résultat de la synthèse de plusieurs joueurs historiques.

Une femme d'un niveau tel qu'elle affronte l'élite mondiale masculine évoque la joueuse hongroise Judit Polgar, et par exemple son match contre Garry Kasparov en 2002.

Enfin une personne de nationalité américaine qui défie la suprématie échiquéenne russe d'après-guerre peut évoquer Bobby Fischer affrontant Boris Spassky. Le match qui clôt la série faisant écho au "match du siècle" qui opposa les deux joueurs pour le titre de champion du monde d'échecs en 1972. De plus Bobby Fischer a lui aussi eu un père absent, et une mère qui est sortie très tôt de sa vie (à 17 ans)

Le personnage est fascinant et l'on se réjouit de voir une jeune et ravissante femme battre les austères champions d'échecs à plate couture et surtout en pleine guerre froide !

Enfin last but not least, je me suis laissée embarquée sur le conseil d'une amie, dans une série espagnole fleuve (6 saisons, 45 épisodes) : Les demoiselles du téléphone (Las Chicas del cable)

Créée par par Ramón Campos et Gema R. Neira, la série démarre dans les années 1920 à Madrid, couvre la guerre civile de 1936 à 1939 et se termine à l'arrivée au pouvoir de Franco.

L'intrigue mêle l'histoire de quatre femmes, qui se battent, chacune à leur manière pour le droit des femmes et pour leur indépendance.

Standardistes dans la compagnie de téléphone de la capitale, elles se voient confrontées à de nombreux problèmes, qu'elles gérent ensemble, en ayant toujours des choix compliqués à faire, à des moments où la vulnérabilité les affecte plus que tout.

Elle met en scène 4 actrices : Blanca Suarez (Alba Romero Méndez alias Lidia Aguilar Dàvila), Maggie Civantos (Angeles Vidal), Ana Fernadez (Carlota Rodriguez de Senillosa), et Nadia de Santiago (María « Marga » Suárez)

Lidia : fugitive depuis son enfance, Alba doit changer d'identité car elle est accusée de meurtre. Elle utilise ce pseudonyme pour obtenir un poste d’opératrice du téléphone dans la compagnie madrilène ; elle se fait donc passer pour Lidia Aguilar Dávila. C'est là qu'elle retrouve son amour de jeunesse : Francisco Gómez, désormais marié avec la fille du directeur de la compagnie de téléphone.

Angeles : mariée à un homme violent, elle représente le stéréotype de la femme soumise. Elle travaille à la compagnie du téléphone depuis des années et c'est là qu'elle va faire la rencontre des autres protagonistes qui vont changer sa vie, en l'aidant.

Marga : jeune femme très timide issue d'une famille campagnarde, elle quitte sa famille pour entrer dans la compagnie de téléphone de la capitale et change ainsi de vie, s'imposant petit à petit comme une femme de son époque, défendant ses droits, notamment dans l'ultime saison, où elle se révolte contre l'armée espagnole

Carlota : issue d'une famille aisée de Madrid, elle va se révolter contre son père. Femme indépendante et féministe, elle va se battre pour les droits des femmes et pour l'homosexualité

Les actrices sont toutes formidables et les acteurs qui jouent leurs maris, leurs amants... et interprètent les figures du pouvoir et de l'autorité (patrons et employés, forces de l'ordre, militaires...) sont très représentatifs des tempéraments masculins de l'époque mais pas que !

Vous avez le choix ! Tout comme celui d'aller au cinéma !

 

 

 
 
 
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