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Florian Zeller a décidé d'adapter au cinéma sa pièce à succès Le père, créée au théâtre Hébertot à Paris en 2012 avec Robert Hirsch dans le rôle titre...
La version cinématographique écrite en anglais pour Anthony Hopkins a été récompensée de deux oscars dont celui du meilleur acteur pour l'interprète de ce scénario magistral...
Le premier long métrage du dramaturge nous fait vivre l'inexorable descente dans la démence sénile d'Anthony (Anthony Hopkins bouleversant), un brillant ingénieur, père de deux filles dont Anne (formidable Olivia Colman) qui tente de l'accompagner dans ce voyage que personne ne voudrait entreprendre...
Mêlant habilement le présent et le passé récent, le scénario nous trompe en nous enfermant dans l'esprit de cet homme qui se veut toujours séduisant mais qui peu à peu oublie, mélange, confond, se défend, fait une dernière pirouette... puis s'abandonne...
Le film est une exercice sans faute sur la perte : la perte de soi que l'on veut retarder par tous les artifices, la perte d'un enfant que l'on veut oublier pour mieux la supporter, la perte d'un amour raté entre un père et sa fille...
The father est à voir absolument : pour le jeu des deux acteurs qui sont aussi fabuleux l'un que l'autre, pour la mise en scène dans l'appartement, en fait dans deux appartements qui se ressemblent dans leur style so british mais dont les légères différences nous désorientent, pour l'exercice de magie autour de la montre dont Anthony dit ne jamais se séparer mais qui disparait toujours...
Dommage que la fin ne soit pas plus resserrée pour mieux capter notre empathie face à cet homme qui se perd et se raccroche à son enfance !