La Loi de Téhéran est devenu un des plus gros succès populaires en Iran. Saeed Roustayi explique ce succès de part le réalisme de son film : "Je considère que certains des films qui sont tournés avec une prétention sociale ne contiennent aucune vérité sur la société. (...) Pour ma part, je connais vraiment les groupes que je donne à voir, j'ai fait des recherches et réalisé des documentaires sur eux. Il me semble que lorsqu'un spectateur perçoit une proximité avec la réalité dans un film, il incite les autres à aller le voir. La meilleure publicité pour un film en Iran est le bouche-à-oreille. Ce n'est pas tant la télévision qui incite les gens à aller voir un film que l'avis de leur entourage. Le succès de mon film vient donc de sa véracité, et du processus d'identification qu'il suscite auprès du public."
Encouragée par le bouche à oreille de mes amis, je suis enfin allée voir ce film et je ne peux que participer au concert de louanges qui saluent cette oeuvre hors du commun !
Durant 2 heures, les yeux rivés sur l'écran pour ne pas perdre une miette des dialogues, fascinée par le réalisme des scènes, les foules des figurants plus vrais que nature, le jeu subtil et puissant des deux principaux protagonistes : Payman Maadi (le flic) et Navid Mohammadzadeh (le parrain de la drogue), les rebondissements de l'intrigue et la complexité des liens entre les différents personnages, le spectateur occidental assiste en direct à un phénomène récent en Iran : l'explosion de la consommation de crack !
Le réalisateur explique que du fait que la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros "Ces dernières années, la toxicomanie a changé de visage en Iran. Elle est sortie de la clandestinité pour se révéler au grand jour. De plus en plus de toxicomanes sont visibles dans la rue. Leur dépendance à une nouvelle substance, le crack, les a mis à la rue de façon beaucoup plus massive et plus rapide que ne le faisaient les autres drogues"
Saeed Roustayi a dû faire face à la censure iranienne. Le réalisateur a ainsi été contraint d'apporter des modifications au scénario, ce qu'il a refusé. Il a alors entamé une longue négociation de sept mois, pour ne concéder finalement que de petits changements ne nuisant pas à la véracité du récit.
Démarrant sur une course poursuite mortelle, le film nous plonge ensuite dans les improbables bidonvilles (voir l'affiche) où atterrissent les consommateurs de crack et leurs familles, puis nous enferme dans l'enfer des prisons iraniennes où les détenus sont parqués debout dans des salles insalubres... alors que les patrons de la drogue vivent à quelques pas de là dans un luxe inouï...
Un très grand film dont l'intrigue est tenue jusqu'à la fin !
A voir absolument dans les petites salles de cinéma qui continuent à le diffuser !