
Premier long métrage sorti en France de la jeune réalisatrice russe Kira Kovalenko, disciple du cinéaste Alexandre Sokourov, le film nous fait partager le quotidien d'Ada, une jeune caucasienne de Mirouz, (une ancienne ville minière de l'Ossétie du Nord)...
L’idée initiale du film est venue à Kira Kovalenko en lisant le roman L’Intrus de William Faulkner dans lequel se trouve cette phrase : "La plupart des gens ne peuvent supporter l’esclavage, mais aucun homme ne peut manifestement assumer la liberté".
Littéralement coincée dans cette ville sans avenir du bout du monde, Ada (formidable Milana Aguzarova) attend le retour d'Akim, son frère aîné parti travailler à Rostov, pour échapper à l'"amour" de son père et de son petit frère qui la tiennent "prisonnière" pour répondre à leur besoin non exprimé d'une présence "maternante"...
On apprend en effet que la mère est décédée les "abandonnant" tous les quatre : le père et les 3 enfants, dans cette ville où les jeunes n'ont comme amusement que les rodéos de voiture dans la poussière des friches au bas des immeubles sans âme...
Happée par les tâches ménagères qu'elle doit assumer dès qu'elle quitte son travail de vendeuse, poursuivie par les avances de son petit ami, Ada, qui a été victime d'un attentat à la bombe qui lui a laissé des cicatrices et une infirmité qu'elle voudrait réparer, se cogne à tous les obstacles qu'elle rencontre sur sa route vers une (im)possible liberté...
Le scénario est fort, le propos est beau mais que le film est sombre en ces temps où la Russie fait les gros titres de l'actualité !