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Le réalisateur islandais Hlynur Palmason s'est inspiré de sa propre vie (il a déménagé du Danemark vers l'Islande à l'âge de 8 ans), et de la découverte de daguerréotypes de la fin du XIXe siècle pour écrire son film...
Le film se déroule à l’époque où l’Islande était sous domination danoise.
Lucas, un jeune pasteur danois, pétri de savoir et d'idéaux, part en Islande avec pour missions de bâtir une église et de photographier les paysages et les habitants de cette terre presque inconnue à l'époque...
Débarqué sur la côte islandaise, Lucas choisit de traverser l'île pour rejoindre à pied la petite cité où il doit bâtir son édifice ; accompagné par Ragnar, un rude islandais, le missionnaire, encombré de ses appareils photographiques, parcourt, au péril de sa vie, des paysages splendides mais escarpés et dangereux...
Très assuré au départ, l'homme de Dieu perd peu à peu ses forces et ses repères d'autant que son interprète se tue en traversant à cheval une rivière tumultueuse...
Il doit sa propre survie à Ragnar et arrive épuisé physiquement et psychiquement au but de son voyage...
La seconde partie du film nous fait partager l'aventure collective de la construction de l'église où paradoxalement Ragnar s'implique non seulement physiquement mais également spirituellement...
Réalisé dans le format carré des débuts du cinéma, le film nous fait partager le vécu de ce voyage initiatique au sein de cette nature sauvage : volcan en éruption, montagnes aux arrêtes tranchantes, plaines aux herbes rases balayées par le vent, pluie battante (les islandais ont douze expressions différentes pour qualifier un temps "pluvieux")...
Dommage que Elliott Crosset Hove, l'acteur qui interprète Lucas, ne soit pas plus "charismatique" : il est évident, dès le départ, que ce jeune homme frêle et zélé n'a pas l'envergure de l'ambitieux objectif qui lui est confié...
Dommage également que la première partie consacrée au voyage soit si étirée car l'installation dans le village au sein de la communauté aurait mérité plus de développements...
Un film historiquement intéressant si l'on s'intéresse à une colonisation "Far West" à l'européenne, mais qui aurait mérité d'être moins long (2h23) et surtout plus profond et plus imprégné de "foi" !