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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Todd Field a écrit le film spécialement pour Cate Blanchett qui, de son côté s'est investie à fond dans son interprétation de Lydia Tár, une cheffe d'orchestre avant-gardiste d’un grand orchestre symphonique allemand : l'actrice a appris l'allemand, a joué du piano (elle joue chaque note dans le film) et a entrepris un travail de recherches colossal.

Qui plus est, pour avoir été co-directrice artistique et co-présidente de la Sydney Theater Company avec son mari Andrew Upton, pendant presque 10 ans, la comédienne australienne savait ce que cela impliquait de diriger une grande institution culturelle.

Le film démarre sur les images d'un écran de téléphone portable où défilent les messages véhiculés sur les réseaux sociaux : le ton est donné !

Puis se poursuit par une longue masterclass savante durant laquelle Lydia Tár,  interviewée par un (vrai) journaliste du New Yorker déroule son CV d'exception et éblouit son auditoire par son érudition artistique !

Si tout le début du film nous montre une maestro au sommet de sa gloire, régnant sans partage sur son orchestre et son cercle personnel composé de son épouse (formidable Nina Hoss), premier violon et de son assistante Francesca (Noémie Merlant très convaincante), l'habile scénario distille les failles de la diva qui s'est construite à la force du poignet...

Accusée de harcèlement sexuel après le suicide d'une ancienne protégée, Lydia Tár voit l’establishment lui tourner le dos et la lâcher à la vitesse d'un tweet...

Tourné dans le prestigieux décor naturel de l'Orchestre Philharmonique de Dresde, habité par la musique de la 5e symphonie de Mahler, le récit nous envoûte et nous transporte dans l'univers mental de l'artiste qui se perd dans de longs couloirs, court la nuit pour fuir ses insomnies et tente de ne pas perdre l'amour de sa fille...

Un grand, foisonnant et long moment de cinéma (2h38), gâché au départ par un générique qui n'en finit plus et nous empêche d'entrer dans le film !

A voir pour son actualité, pour son audace et surtout pour les trois principales actrices - sans oublier la jeune violoncelliste prodige Olga Metkina interprétée avec maestria par Sophie Kauer dont c'est le premier rôle !

 

 

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