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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

L'auteur Didier Caron s'est inspiré des biographies écrites sur Emile Zola pour nous proposer une confrontation véridique mais peu connue entre l'auteur de Germinal et Léon Daudet, pamphlétaire nationaliste et antisémite.

Le 5 janvier 1895, Émile Zola dîne, comme à l'accoutumée, chez son ami Alphonse Daudet qui est très malade.

Léon Daudet, le fils de ce dernier, rentre de l'École Militaire où il vient d'assister à la dégradation du capitaine Dreyfus, événement qu'il couvre pour Le Figaro.

Une joute verbale s'engage entre les deux hommes que leurs opinions opposent radicalement...

Indigné par l'article de Léon Daudet, Zola réagit et proteste contre la violence des propos : lui, le fils d'immigré italien, ne peut tolérer qu'en France on puisse accuser un homme sans autre forme de procès que celui de sa religion !

De cette confrontation, Émile Zola ressort bouleversé et décide de se lancer dans ce qui devient déjà "l'Affaire Dreyfus".

Le 13 janvier 1898, quarante-huit heures après le verdict d'acquittement de Ferdinand Walsin Esterhazy,  l'écrivain publie sa synthèse sous la forme d'une lettre ouverte au président de la République, Félix Faure. Georges Clémenceau, éditorialiste de L’Aurore, trouve pour l'article un titre ramassé et percutant : « J'accuse… ! ».

Le retentissement de l'article est considérable en France comme dans le monde. En accusant nommément les protagonistes de l'Affaire, Émile Zola s'expose volontairement à des poursuites judiciaires afin que la justice civile se saisisse des débats et que « l'enquête ait lieu au grand jour ». La réaction du gouvernement ne se fait pas attendre, avec l'assignation d'Émile Zola pour diffamation !

Deux formidables interprètes : Pierre Azéma (bouleversant dans ce rôle de monstre sacré qui n'hésite pas à montrer ses failles) et Bruno Paviot (très crédible dans son personnage de romancier médiocre et de fils mal aimé),  nous font revivre cette époque troublée qui divisa profondément les français jusqu'au sein de leurs familles...

Didier Caron signe également la mise en scène dont l'élégance ajoute une dimension supplémentaire à la qualité du texte !

Un spectacle à voir jusqu'au 5 mai au théâtre de la Contrescarpe puis à Avignon dans le off puis en tournée !

 

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