
Avec son 4ème long métrage, Justine Triet a décroché la Palme d'Or à Cannes et une fois n'est pas coutume, j'applaudis ce choix sans réserve !
Un scénario diabolique comme dit Téléréma, un casting parfait, seconds rôles inclus, des dialogues magistralement écrits...
La réalisatrice analyse avec intelligence le naufrage d'un couple et la résilience de leur enfant qu'un accident a rendu malvoyant... dans un film protéiforme : polar, procès, critique littéraire...
Dans une maison isolée par la neige, un homme chute d'un étage et meurt sur le coup : accident, meurtre, suicide... toutes les hypothèses sont sur la table...
Dès le départ Sandra, la "femme" (prodigieuse Sandra Hüller) est suspectée : elle était seule dans la maison, son fils Daniel 11 ans étant parti se promener avec son chien...
Aidée par un ancien ami et avocat (tout aussi formidable Swann Arlaud), cette femme à la fois froide et sensuelle, écrivain de talent dont l’œuvre se nourrit de sa vie, tente de faire face malgré les preuves qui s'accumulent...
Orchestrée autour de Daniel (fascinant Milo Machado Graner repéré dans "Thérapie" où il incarnait le fils de Frédéric Pierrot), véritable pivot du film, la trame judiciaire révèle peu à peu les facettes du couple que formait ses parents...
Dans le tribunal, l'avocat général survolté (impressionnant Antoine Reinartz) se confronte à la maîtrise de l'avocat de la défense, à l'impartialité de la présidente du tribunal, à l'enquêteur dépassé par les enjeux psychologiques de l'affaire, au psychiatre de la victime qui se révèle d'une parfaite mauvaise foi...
Un film moderne, passionnant, brillant, non conventionnel !
Une réussite, à voir absolument !