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En avril 1976, débute le deuxième procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes.
Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines l’icône de la gauche intellectuelle. Georges Kiejman, jeune avocat, assure sa défense. Mais très vite, leurs rapports se tendent. Goldman, insaisissable et provocateur, risque la peine capitale et rend l’issue du procès incertaine.
C'est via son livre, Souvenirs obscurs d’un Juif polonais né en France, que Cédric Kahn a découvert Pierre Goldman, une quinzaine d'années avant de lui consacrer un film.
Dans ce film, le réalisateur nous parle de la complexité de la justice en l'absence de preuves, de judéité à travers le parcours des enfants de la Shoah, de la condition noire mais aussi des petits blancs qui se sentent méprisés car ils n'ont pas les mots...
L'accusé, magnifiquement incarné par Arieh Worthalter, donne le ton des échanges : pas de témoin de moralité, pas de pathos, les faits, rien que les faits... des prises de position provocatrices et notamment à l'égard de la police qu'il accuse de racisme...
Mais les faits se dérobent à travers les témoignages contradictoires du braquage de la pharmacie du Boulevard Richard Lenoir : le spectateur, à l'instar du juré, ne sait plus qui croire...
Le scénario très habile maintient le suspens alors que le verdict est connu : "Je suis innocent parce que je suis innocent" martèle Goldman dont l'affaire n'a jamais été élucidée...
Le rôle de Georges Kiejman est superbement interprété par Arthur Harari, qui, comme Cédric Kahn, est comédien et réalisateur. Jusque-là, il avait principalement joué devant la caméra de sa compagne Justine Triet, avec laquelle il a également co-écrit "Sibyl" et "Anatomie d'une chute" (Palme d'Or 2023). En tant que cinéaste, on lui doit" Diamant noir" et "Onoda-10000 nuits dans la jungle".
Tout aussi excellents sont Nicolas Briançon dans le rôle d'avocat des victimes, Aurélien Chaussade dans celui de l'avocat général et Stéphan Guérin-Tillié dans celui du président...
Un film de son époque où la justice était masculine et blanche mais un film aux accents très contemporains dans son opposition entre l'élite et le peuple !