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Le film de Paola Cortellesi (dont c'est le premier long métrage), a créé la surprise à sa sortie en Italie en octobre 2023, en totalisant 5 millions de spectateurs (dépassant au box-office national Oppenheimer et Barbie).
Au-delà du succès populaire, le film a suscité de vifs débats en Italie autour du patriarcat et ses racines, entrant en résonance avec le féminicide de Giulia Cecchettin : le meurtre de cette étudiante de 22 ans, perpétré par son petit ami le 11 novembre 2023, a indigné le pays.
La notoriété de sa réalisatrice et actrice principale, Paola Cortellesi, qui a commencé sa carrière comme humoriste à la télévision, a permis de renouer avec une tradition perdue du cinéma italien : celle de constituer une œuvre à la fois politique et populaire !
L'idée de départ de la réalisatrice était de dépeindre le quotidien de femmes ordinaires de l'immédiat après-guerre, en se basant sur les histoires racontées par ses grands-mères, ses tantes et ses parents... pour mieux dénoncer le patriarcat subi par ces générations de femmes jusqu'à ce qu'une d'entre elles en prenne conscience et se rebelle...
Tourné en noir et blanc, le film nous replonge immédiatement dans cette époque encore ancrée dans les cerveaux des baby boomers, lorsque les femmes étaient réduites à leur fonction reproductrice, n'avaient pas le droit de travailler sans l'accord de leur mari, n'avaient pas le droit de vote, n'avaient pas de compte bancaire...
Les années 40/50 si proches et si lointaines !
Je ne sais pas si le film aura un succès comparable en France à celui qu'il a connu en Italie, mais c'est un film nécessaire en ces temps "me-too"... même si j'ai regretté quelques scènes un peu caricaturales qui, de mon point de vue, risquent d'affaiblir la force de la dénonciation !