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Turquie, 1996. Ahmet (Doga Karakas),14 ans, ne comprend pas pourquoi son père récemment converti l'envoie dans un pensionnat religieux (Yurt)...
Dans la journée, il fréquente une école privée, laïque, mixte, élitiste et nationaliste où il excelle dans toutes les matières et plus particulièrement en anglais...
Le soir, il retrouve un dortoir surpeuplé, les longues heures d’études coraniques et les brimades subies pour des broutilles...
Accueilli et protégé par Hakan (passionnant Can Bartu Arslan), un pensionnaire de milieu très modeste, Ahmet trouve la force de résister au système violent qui ne vise qu’à embrigader la jeunesse...
Ballotté entre les deux mondes, soutenu par la tendresse impuissante de sa mère, fasciné et rebuté par son père affairiste, tout à la fois insensible et complice (magistral Tansu Bicer), dont il voudrait se faire aimer, l'adolescent découvre son désir pour une jeune fille de son collège et se nourrit de l'amitié de son ami en qui il voit un modèle et un grand-frère...
De tous les plans, le visage pur d'Ahmet nous appelle à nous interroger sur la construction d'une personnalité mâture dans un régime binaire qui annonce celui de la Turquie d'Erdogan, où le pouvoir religieux a malheureusement gagné sur l'ouverture laïque !
A voir absolument même si le film de Nehir Tuna n'est programmé que dans trois salles à Paris !