
"Emmanuelle" est tiré du roman éponyme d’Emmanuelle Arsan publié en 1959 et qui a bénéficié d’une adaptation cinématographique à succès signée Just Jaeckin en 1974 avec Sylvia Kristel dans le rôle-titre.
L'ambition de la réalisatrice Audrey Diwan a été de s’éloigner de ces deux références pour se livrer et offrir aux spectateurs(trices) une réflexion sur le désir féminin...
En effet, et ce jusqu'à ces dernières années, la représentation de la sexualité féminine a été essentiellement représentée par des réalisateurs hommes...
Pour incarner son héroïne, Audrey Diwan a fait appel à Noémie Merlant, troublante dans le rôle d'une femme de pouvoir : pouvoir professionnel puisque son métier consiste à auditer des établissements d'une chaîne de luxe et pouvoir sensuel puisque son corps magnifié par des robes évanescentes fait craquer tous les hommes qu'elle rencontre...
Le film démarre dans un avion et se poursuit dans un somptueux hôtel situé dans le Hong Kong aseptisé des touristes, où elle retombe sur Kei (fascinant Will Sharpe), un homme séduisant mais étrangement solitaire et distant qu'elle avait croisé durant le vol...
Nous assistons durant près de 3 heures à un étonnant chassé croisé entre cette femme sublime qui semble avoir perdu le chemin vers son plaisir et cet homme qui ne cesse de la dérouter et de l'envoûter...
Sensuel, très sensuel, le film est susceptible de choquer certaines femmes et surtout de désarçonner la plupart des hommes qui ne sont jamais posé la question du désir féminin !
Le film sort mercredi en salles et je vous le conseille pour son originalité, son interprétation et son esthétisme !